jeudi 4 août 2011

Fantasia part 6

1er août

Bonus #4 - Haunters


Le Coréen Kim Min-suk nous arrive avec un film atypique de superhéros, très semblable à ce que Shyamalan avait proposé il y a plusieurs années avec son Unbreakable, comme le souligne bien la fiche de présentation de Fantasia. À la différence près que le méchant n'est pas là pour faire éclore le bon, mais les pouvoirs du bon se révèlent pour arrêter le vilain.

Cho-in, jeune garçon rachitique à la jambe artificielle, découvre rapidement qu'il peut contrôler n'importe qui dès qu'il pose le regard sur lui. Sa mère tente de lui camoufler le visage, mais quand son père les retrouve, et qu'il bat sa mère, il retire le masque et force son père à se tuer en pleine rue. Maintenant adulte, Cho-in ne manque de rien (ce genre de pouvoir peut être utile). Mais lors d'un vol qui devait bien se passer, le nouvel employé du bureau de prêt sur gage, Kyu-nam, un jeune homme qui semble sortir pratiquement indemne d'accidents qui enlèveraient la vie à d'autres, résiste au regard de Cho-in. Dès lors, c'est la guerre entre les deux, alors que Kyu-nam veut faire régner la justice et arrêter Cho-in, ce dernier veut comprendre, par tous les moyens, pourquoi Kyu-nam n'est pas sous son emprise.

Glauque, noir, frôlant aussi parfois la farce, Haunters est présenté comme un film d'horreur ou de suspense, façon coréenne - humour en sus, et non comme un insipide film d'héros américain (pardon, mais j'ai détesté Thor. Fallait que je le dise). C'est un mélange des genres qui sied très bien au propos, et qui accentue l'intensité entre les deux protagonistes. Le personnage de Cho-in fait indubitablement penser à L, de Death Note : cheveux en bataille, regard intense. Fait d'ailleurs intéressant, c'est la première fois que je remarque des étrangers dans un film coréen : les deux meilleurs amis de Kyu-nam sont Turc et Ghanéen. Une ouverture au «multiculturalisme»?



2 août

Kidnapped

Si ce film espagnol devrait être traduit en français, le titre devrait plutôt être Séquestrés, une traduction directe du titre original espagnol (Secuestrados). Une petite famille termine de s'installer dans une belle maison cossue. Mais dès leur première soirée, des étrangers cagoulés font irruption. C'est une invasion de domicile. Alors que la famille semble vouloir coopérer, on prend le père à part et on l'amène faire le tour des guichets automatiques. Pendant ce temps, la mère et la fille sont séquestrées, violentées, et essaient de se sortir de ce pétrin. Mais les hommes ne semblent pas vouloir partir de sitôt. Et l'un d'eux voudrait bien se farcir la petite de 18 ans.

Réel coup de pied dans les couilles, comme le dit l'un des journalistes de Arrow in the head, Kidnapped n'est pas un happy movie. Les Espagnols excellent de plus en plus dans le domaine des films hyper violents et des scènes quasi insoutenables - pensons à la série des [Rec]. Grâce à de longs plans séquences, longs travellings, un jeu frénétique, des écrans divisés pour suivre les actions en simultané, le film de Miguel Angel Vivas nous pousse à s'assoir sur le bout de notre siège et à subir toute la terreur de la famille ; l'impuissance que nous ressentons en étant voyeurs est insoutenable. Nous sommes au-delà du spectacle sensationnel, nous sommes dans une contrée qui dépasse l'entendement. Et la finale fait un mal de chien. Coeurs sensibles s'abstenir. Le genre de film qui fait verrouiller les portes quand on est à la maison, et qui nous fait sentir en sécurité nulle part.


3 août

Bonus #5 - Detective Dee and the Mystery of the Phantom Flame

Avec un titre semblable, j'aurais presque préféré qu'ils utilisent le titre original, Di Renjie. Et avec un titre pareil, attendez-vous à tout un film!

Detective Dee est exactement le type de long métrage (un superbe deux heures) qui me tient accroché au festival Fantasia. Jouissif! Sélection officielle de plusieurs festivals internationaux, remportant certains grands prix dans sa ville de création (Hong Kong), le plus récent film du Vietnamien Tsui Hark (Once Upon A Time in China, avec Jet Li, Zu Warriors, Shanghai Blues) est du bonbon. Mélangeant une multitude de genres, Tsui Hark propose une histoire d'enquête impériale sur fond de fantastique (wuxia) et de romance. 

L'un des plus grands détectives de ce temps (environ 690 ans après Jésus-Christ, en Chine), Dee est emprisonné après avoir pris part à une rébellion contre la future impératrice contestée Wu Zetian (véritable femme politique, fondatrice de la dynastie des Zhou) qui veut prendre le pouvoir. Alors qu'on est tout près d'inaugurer une immense statue de Bouddha pour le couronnement de l'impératrice, deux membres de la cour s'embrasent de l'intérieur. L'impératrice, assurée qu'on veut s'en prendre à elle, sous les suggestions du chapelain - qui prend la forme d'un daim (oui oui), fait appel à Dee pour enquêter, et lui colle un excellent détective albinos et une guerrière redoutable. 

D'abord, les décors sont absolument fantastiques. L'action ne manque pas, grâce aux chorégraphies de combat de Sammo Hung (Ip Man 1 et 2), et le mystère entourant toute l'intrigue de l'histoire est fascinant. Andy Lau (House of Flying Daggers) fait un excellent Dee (on aimerait vraiment le revoir dans une suite!), et la magnifique Li Bingbing (Forbidden Kingdom, Snow Flower and the Secret Fan) est un ravissement.


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