samedi 30 juillet 2011

Fantasia, part 5 - bonus

30 juillet

Bonus 2 et 3

Ip Man - The Legend Is Born

J'avais eu la chance de voir au moins le premier de la série des Ip Man au Fantasia il y a 2 ans - voir ici. Mettant en vedette Donnie Yen, ces films proposaient l'histoire d'un grand maître du Wing Chun, un art martial qui se base sur la vitesse et la flexibilité. Bruce Lee fut d'ailleurs le disciple le plus acclamé de Ip Man (prononcer Yip Monn). Le premier film se concentrait sur sa vie juste avant la guerre, alors que le deuxième nous montre comment il bâtit son plus grand rêve, celui d'enseigner et de perpétrer les valeurs du Wing Chun.

Ces deux longs métrages, de Wilson Yip, ont connu un succès énorme. Qui plus est, la suite, celle qui pourrait montrer l'enseignement de Li Xiaolong - Bruce Lee (on parle de Zhou Jielun, celui qui fait Kato dans Green Hornet de Michel Gondry, pour l'interpréter, même s'il ne fait pas l'unanimité).

Alors, mais qu'est-ce que Ip Man - The Legend Is Born? Il s'agit d'un préquelle (prequel - il semble que ce soit le mot approprié en français, étrange non?) qui nous présente Ip Man de son enfance jusqu'à l'ultime vérité sur son frère adoptif, jusqu'au démantèlement d'un réseau de jeunes espions japonais en terre chinoise et jusqu'à son mariage (qui ne sera pas montré lors du film). Nous suivons donc son éducation, sous la direction de Chan Wa Chun, puis de son meilleur disciple Ng Chun Sui après la mort du grand maître. Après quelques années, pour parfaire son éducation intellectuelle, il quitte Foshan vers Hong Kong pour étudier au collège St. Stephen. Par hasard, il tombe sur Leung Bik (le frère de Chan Wa Chun, joué par nul autre que Ip Chun, le réel fils de Ip Man) qui deviendra son troisième maître et lui enseignera des mouvements différents, innovateurs. De retour à Foshan, Ip Man il retrouve une jeune femme qui était tombée amoureuse de lui, Wing Shing, et tentera de convaincre son père de continuer de la voir, malgré le rang social qui les sépare. De plus, Ng Chun Sui n'apprécie pas du tout les nouvelles variantes d'Ip Man, clamant qu'ils ne font pas partie du Wing Chun authentique. Ip Man devra se battre pour faire accepter ses nouvelles idées, et découvrira qui est réellement son frère adopté.

Herman Yau a fait un excellent travail, d'abord sur le plan esthétique, respectant à la lettre les efforts de Wilson Yip. Nous sommes en terrain connu. Il s'amuse avec les teintes de couleurs pour changer d'époque et incorpore à certains moments de petits éléments du Wuxia (type de cinéma asiatique, caractérisé par des envolées impossibles et des combats d'épées). Les combats sont parfois impressionnants, très stylisés. Dennis To (champion des Jeux d'Asie de l'Est de 2005) offre une très belle performance, en l'absence de Donnie Yen. Bref, ce film n'est pas un ajout majeur à la série, mais donne une belle perspective sur la vie de cet homme solide qui ne montrait que peu d'émotion.

Une seule chose, je me demande encore pourquoi le Wing Chun est tombé d'art martial étudié et honoré (présenté comme tel ici) à un art pour femme, presque oublié, en quelques années (voir le premier Ip Man)...


Kill Me Please


Dès le départ, on ne peut chasser de notre esprit les images de C'est arrivé près de chez vous. Kill Me Please rappelle un peu le film de Remy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde : la présence, forte, de ce dernier, puis les images sans contraste, noir et blanc.

Kill Me Please est l'histoire d'une clinique imaginée et mise sur pied par le docteur Kruger, qui accueille ceux et celles qui veulent en finir avec leurs jours. Que vous soyez malades, que vous viviez vos derniers jours, que vous soyez riches, que vous ne voyez aucune autre solution alternative, le docteur vous accueille pour vous guider vers une mort douce et paisible, même si ce que le docteur recherche par-dessus tout, est le refus de mourir et de voir enfin la vie comme un cadeau. La clinique ne fait absolument pas l'unanimité. Même si le gouvernement a octroyé des fonds au docteur pour limiter le coût social sur la société, il fait pourtant l'objet d'une enquête de la brigade financière par une jeune femme qui ne comprend pas qu'un tel établissement puisse exister. Elle n'est pas seule, toute la région est honteuse de cet endroit. Voilà que la clinique est attaquée, un feu, des tireurs, le carnage. Comment les patients vont-ils réagir?

Grâce à un scénario corrosif, à l'humour noir sur noir et à une belle maîtrise de la caméra, le film de Olias Barco est atypique, et pourtant tout à fait belge. Les patients, venant de France (Virgile Bramly) ou même du Canada (Saul Rubinek), sont marginaux et un peu fêlés. Pourtant, on s'attache, on arrive presque à les comprendre. Inspiré de Jack «Dr. Death» Kevorkian, cet Américain activiste, pro-euthanasie, le personnage du docteur Kruger, interprété avec brio par Aurélien Recoing, est un mélange d'optimisme et de philosophie qui voit la mort comme un droit fondamental des vivants. Critique cynique mais sans jugement, Kill Me Please pourrait presque être une étude grand-guignolesque sur le suicide assisté, voire sur les douleurs de certaines personnes qui sont passablement médiocres en comparaison avec d'autres, dont la vie est un véritable calvaire, mais qui pourtant continue de vivre. Si ce n'était en fait de cette mort qui frappe brutalement, lors de la deuxième partie, salissant cette pratique clinique si propre et décente qu'on nous présentait depuis le début du film.

2 commentaires:

  1. Moi qui voulait dire à la blague que je n'allais pas à Fantasia cette année parce qu'il n'y avait plus de Ip Man, c'est raté...

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