jeudi 28 juillet 2011

Fantasia, part 4

24 juillet

Urban Explorer

L'exploration urbaine est un phénomène mondial, habituellement circonscrite ou carrément interdite, puisqu'il s'agit de visiter des lieux à l'accès restreint ou non autorisé, souvent dangereux. Des souterrains par exemple, des tunnels, des toits, des catacombes, des égouts. Le film d'Andy Fetscher utilise cette activité comme prétexte à un slasher contemporain, à ne pas prendre au sérieux.

Un groupe de jeunes aventuriers, qui ne se connaissent que par surnoms (comme ça, si l'un d'eux se fait arrêter, il ne peut "vendre" les autres) déniche un guide qui le mènera au coeur des dédales souterrains de Berlin. Mais un accident fait tomber le guide au fond d'un trou. Un homme vient pourtant rapidement à la rescousse des jeunes, un ancien garde frontalier du temps du Mur, vivant dans ces tunnels. Mais est-il vraiment là pour les aider?

Les principales bonnes surprises de Urban Explorer se trouvent dans le casting : c'est avec étonnement que l'on voit apparaître à l'écran Catherine de Léan, jouant une Française amoureuse de la photo. Puis, dans la présentation de réels endroits interdits au public. Selon le réalisateur, plusieurs membres de l'équipe ont été en danger réel lors du tournage.

Pourtant, ce film ne satisfait aucunement le spectateur ouvert que je suis. La caméra est frénétique au point de nuire à l'histoire. Celle-ci, d'ailleurs, ne se concentre que sur des effets tape à l'oeil, des moments d'intensité qui viennent ennuyer le public. Après la moitié du film, on n'a qu'une seule envie, qu'ils se fassent tous découper en morceaux qu'on en finisse. Mais suis-je trop sévère? Possible. Reste que ce n'est finalement pas du tout mon genre de film, qui manque énormément de subtilité.



25 juillet

The Silence

Au titre original Das Letzte Schweigen, qui signifie "Le dernier silence", le plus récent travail du réalisateur suisse Baran bo Odar, une adaptation du best-seller de Jan Costin Wagner, explore un thème difficile, soit celui de la pédophilie. En 1986, deux hommes se lient d'amitié sur une base plutôt sordide : le désir qu'ils entretiennent envers de très jeunes filles. Lors d'une balade, ils aperçoivent la jeune Sinikka, à vélo, prenant un chemin de terre. Ils la suivent, l'approchent. L'un d'eux, Peer Sommer, finit par la violer et la tuer pour qu'elle se taise. Ils se débarrassent du corps en le lançant dans un lac. Timo, l'autre homme, n'arrive pas à vivre avec ce fardeau ; il quitte rapidement, laissant tout derrière lui, et se rebatit une nouvelle vie. Une femme, des enfants, une carrière. Vingt trois ans plus tard, une autre jeune fille disparait : on trouve son vélo au même endroit où la jeune Sinikka avait été assassiné. Une copie, une coïncidence, ou le meurtrier est encore à l'oeuvre? Timo retrouve son vieil ami, pour lui demander s'il est bien l'auteur de cet autre monstruosité. Mais les indices de la police semblent de plus en plus peser contre Timo.

Si le film, brillant, entre film noir et drame, nous fait plonger au coeur de cette abomination, il le fait d'une façon sévèrement sobre, voire étrangement lumineuse. Le soleil irradie, le jaune est souvent à l'honneur. Nous venons même qu'à sympathiser avec ces hommes, dont la solitude leur bouffe littéralement l'âme. La pédophilie n'est pas une maladie que l'on soigne facilement : elle est une perversion, une déviance, un trouble mental. Elle est tordue, insidieuse. Là où le film de Odar réussit de manière incontestable est dans sa façon de ne jamais juger, d'aborder le sujet pour en faire ressortir toute l'humanité possible. Les flashbacks sont superbement utilisés, créant une histoire à étapes, ou chorale, qui nous permet de comprendre au fur et à mesure les motivations de certains, les agissements d'autres. Odar y sonde la culpabilité, le deuil, les blessures, avec beaucoup de retenu. Les acteurs Ulrich Thomsen (Sommer), Wotan Wilke Möhring (Timo) sont tout aussi touchants que sourdement terrifiants, voire terrifiés. Burghart Klaußner joue douloureusement ce policier à la retraite qui a laissé l'affaire de la petite Sinikka détruire sa vie, alors que Sebastian Blomberg interprète un policier qui semble coincé, dont la nouvelle affaire le hantera jour et nuit.

Le genre de films qui laissent définitivement une trace.

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