jeudi 21 juillet 2011

Fantasia 2011, part 2

18 juillet

Die

En anglais, le mot "die" signifie autant le verbe mourir que le jeu de dé. "Roll the die", comme ils disent.

En 1974, Jacob visite son père, ivre, à la cuisine. Il demande au garçon de faire rouler un dé. Le nombre: 3. Le fils est renvoyé dans sa chambre. Le paternel place trois balles dans le revolver, fait tourner le barillet et s'en tire une en pleine tête. Plusieurs années passent. Six individus se réveillent dans une prison de verre, au milieu d'une salle sombre. Chacun souffre de ce désespoir de mourir, de ne voir aucune issue, de porter un fardeau énorme, une erreur grave qu'on n'arrive pas à se pardonner. Jacob leur offrira une chance de salue: il prend deux personnes, et pousse l'un d'eux à jeter un dé, selon un jeu préétabli de roulette russe diverse. Le hasard, ou la destinée, choisira si la personne meurt ou vit. Si elle en réchappe, c'est une résurrection. Si Jacob semble fou, il entraîne avec lui de plus en plus de disciples imprégnés de ce pouvoir de résurrection.

Du jeune réalisateur montréalais Dominic Laurence James nous provient ce film tourné ici, dans les rues de Montréal. Dès l'ouverture, le ton est donné. L'histoire peut rappeler les séries tels que Saw, sans toutefois plonger dans un gore inutile. La photographie reste très sombre. mariant beaucoup le vert et le noir, laissant parfois une lumière blanche et éclatante apparaître ici et là. Plusieurs visages nous sont connus, comme Elias Koteas, ou Frank Schorpion. Le suspense, sans être haletant, nous tient accroché tout au long du récit. En fait, Dominic Laurence James ne s'est absolument pas embourbé dans des trucs inutiles. Les choses vont droit au but, peut-être même un peu trop. La policière que joue Caterina Murino manque d'étoffe, même si elle excelle à deux reprises lors de scènes particulières. La trame musicale est superbe, mais beaucoup trop présente ; elle est parfois si forte qu'elle fait perdre de précieux moments de dialogue. Die s'avère au final un excellent film, aux qualités visuelles et scénaristiques indéniables.


20 juillet

Victims

En 1990, Neil Adams, 11 ans, entraîne la jeune Tracy dans un lieu reculé. Il la maltraite, la torture et la tue. Vingt ans plus tard, des citoyens écoeurés par la justice qui ne fait pas son travail kidnappe le jour de son mariage Chris, un trentenaire, qu'ils accusent d'être le jeune Adams. Il nie catégoriquement. Mais on le force à avouer, ayant les preuves que c'est bien lui. 

Si ce film de David Bryant manque cruellement d'imagination dans son scénario, c'est au profit d'un réalisme pur. Oubliez les retournements de situation, les surprises, c'est un film qui va droit au but et qui, bizarrement, déçoit par ce côté "trop simple". Comme si notre anticipation de cinéphiles avertis tuait notre "plaisir" cinématographique. Mais Victims n'est pas dénué de qualité, surtout au plan technique. Le film est un long plan séquence sans musique et sans montage apparent. Dès le début, sans préambule, la caméra s'allume sur une femme qui revêt une cagoule, et ne s'arrête de filmer qu'à la toute fin. Le jeu des comédiens, principalement celui de John Bocelli et de Sarah Coyle est très théâtral (on pourrait très bien adapter le film pour les planches). Si la première partie se passe à l'arrière d'un camion, où l'homme se défend et où les citoyens expliquent pourquoi ils accomplissent cet enlèvement, la deuxième nous situe dans une usine désaffectée, lieu des confrontations, avec la dulcinée et les parents de la petite assassinée. On se questionne rapidement sur les raisons qui poussent Bryant à impliquer les parents, puisque aucune rédemption ne semble possible pour eux, surtout en les remettant dans le bain de ce tragique moment. Finalement c'est possiblement pour ça, pour démontrer la tristesse infinie d'une disparition.

Victims est un film qui interroge sur la possibilité de la réinsertion, de la réhabilitation, et du pouvoir d'un individu de changer, profondément. Bien entendu, changer ne sert à rien si personne n'y croit, si personne ne l'aide, si tout le monde pense aux mensonges, à la traitrise et à l'égoïsme d'un tel système psychologique. C'est alors qu'on se demande qui sont les vraies victimes.


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