lundi 18 juillet 2011

Fantasia 2011, part 1

14 juillet

King of Devil's Island

Sur l'île de Bastøy, à 75 km au sud d'Oslo en Norvège, dans un fjord magnifique, se trouve une école catholique qui réforme les jeunes délinquants, loin de la civilisation. Pour leur permettre de regagner un jour la société, on leur inculque beaucoup de discipline : peu de devoir, beaucoup de travaux manuels. Ce n'est plus une institution d'apprentissage, mais un Alcatraz scandinave, où les adolescents de 10 à 17 ans doivent respecter des règles stricts. Erling, un jeune matelot, est amené sur cet île. Dès son arrivée, la seule idée qui lui gruge l'esprit est la liberté, l'évasion. Après une première tentative réussie, il est ramené rapidement, et solidement puni. Bråthen, l'un des gardiens, abuse d'un des garçons, le frêle Ivar, qui préférera la mer, des roches plein les poches, au lavoir. Olav, qui séjourne sur l'île depuis 6 ans, sabote le jour de son départ en s'en prenant à Bråthen. Ce geste met le feu aux poudres, et les garçons se révoltent, prenant l'île, chassant le gouverneur, qui reviendra avec l'armée norvégienne. Lors de leur fuite, Erling et Olav aperçoivent un orignal: le fjord est gelé! Pourront-ils traverser à pied, sans difficulté?

Film triste et froid, King of Devil's Island (Kongen av Bastøy) est inspiré de faits vécus. Pourtant, nous n'avons que très peu d'informations sur cette école devenu maintenant une véritable prison, mis à part quelques vidéos d'archives durant le générique de fin. Les images, teintées de bleu et de blanc, de ce long métrage de Marius Holst, fait bien sentir la morsure du froid et la solitude des protagonistes. Nous ressentons très peu de sympathie pour la plupart des personnages, mis à part possiblement Erling (Benjamin Helstad) et Olav (Trond Nilssen). La performance authentique des jeunes comédiens est souvent impressionnante, voire soufflante. Stellan Skarsgård, qui interprète magnifiquement le gouverneur, est austère, antipathique, sans qu'il n'aie grand mot à dire. Les sous-trames (sa jeune épouse qui n'arrive plus à vivre sur l'île, les jeux de pouvoir, les manigances d'argent) sont très subtils, et amenés souvent par la bande, en un clin d'oeil.


15 juillet

Attack the Block

Alors qu’une jeune femme se fait voler par une petite bande de truands, un extra-terrestre crash tout près d’eux. Le chef s’occupe de lui faire la peau et le promène en trophée jusqu’à son immense bloc appartement où il le laisse en consigne à un dealer. South London se voit alors envahi par des créatures de l’espace, un mélange de gorilles, des loups et de Critters, à la gueule phosphorescente.  Le bloc de plusieurs logements se voit pris en otage par ces créatures, et les cinq amis, des jeunes cons il y a encore quelques heures, s’improvisent sauveurs du quartier.

Si le film de Joe Cornish, un touche-à-tout du monde du cinéma (il est d’ailleurs au générique du prochain Tintin de Spielberg en tant que scénariste), ne révolutionne pas du tout le genre, il a l’admirable qualité de prendre une idée archi usée et d’en proposer un tout autre point de vue. Cornish s’est inspiré d’une expérience personnelle, un taxage en pleine rue, semblable à la scène d’ouverture du film.

Attack the Block est une comédie d’horreur terriblement efficace, à la distribution convaincante. Elle nous fait connaître avec plaisir la jeune Jodie Whittaker (la femme cambriolée qui se joindra au groupe pour défendre le bloc) et John Boyega, en chef de bande / héros du jour. Les dialogues atteignent toujours leur cible (et ne se gênent pas en matière de langage et de drogue) et l’action ne manque pas. Un film qui en a ravi plusieurs.



Juste avant, on a eu droit à un court de Jerome Sable & Eli Batalion, intitulé The Legend of Beaver Dam. Une troupe de pseudo-scouts va camper dans les bois. Son guide chante quelques airs de feu de camp, dont celle sur le meurtrier de Beaver Dam. Si on répète son nom trois fois, il apparaît pour tuer tout le monde. Mais à leur malheur, la chanson se réalise, et Danny, jeune garçon dont tout le monde se moque, devient le héros et tue le monstre sanguinaire. Mais, comme les Anglais disent… does he? Jeunes, sang qui gicle, gore, comédie musicale, yeux arrachés, inutile de vous dire que le film de Sable et Batalion a été accueilli et applaudi par toute l’assistance. Inventif et jouissif, dans le genre.


16 juillet

Bonus #1 : Ninja Kids !!!

Premier film qui n’était pas sur ma liste de départ, c’est grâce à l’invitation de mon frère que j’ai pu assister à la représentation de samedi de l’adaptation du manga populaire Rakudai Ninja Rantaro, par le maître japonais Takeshi Miike. L’homme de cinéma nous avait déjà proposé une multitude de films plus bizarres les uns que les autres. Ninja Kids se démarque encore une fois, par plusieurs points.

L’histoire : le jeune Rantaro. 8 ans, entre à l’académie de ninja. Il s’y fait des amis, suit des cours, apprend le maniement des armes. Durant les vacances d’été, devancées d’un mois, l’école se voit lancer un défi de taille. Le maître un peu barjo demande à Rantaro, le plus rapide des jeunes élèves, de réussir le défi de sonner une cloche avant un concurrent adverse, un ninja adulte. Toute l’école se mobilise pour permettre à Rantaro de gagner et de se rendre jusqu’au bout. Au final, une petite morale proclamant qu’on ne peut réussir vraiment sans l’aide de nos amis.

Je m’attendais à peu de choses, j’avoue, de Ninja Kids. Je fus fort agréablement surpris par la candeur et l’humour, et l’imaginaire du manga dans un monde réel. Les personnages manquent étonnamment de substance, sans qu’on les développe vraiment. Les méchants ne sont vraiment pas si vilains : on patauge dans le monde violent mais toujours candide des enfants. Délirant, proposant une palette riche de gags visuels et physiques, ainsi que de superbes décors, Ninja Kids semble fidèle à ses origines, et ne manque absolument pas de charme.



Avant la représentation, le court métrage Friend of Flies de la Suède en a étonné plusieurs. Traits simple, monochrome (avec des teintes de rouge), nous rencontrons un jeune garçon qui se lie d’amitié avec des mouches, ce qui lui permet de conquérir le monde. Mais n’ayant jamais appris à communiquer avec les autres, il finit par lui-même devenir un hybride homme/mouche et à exterminer la race humaine, avec une finale très à propos en clin d’œil à Citizen Kane. Une fable cruelle, près du nazisme, sur le rejet et la solitude.

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