dimanche 18 juillet 2010

Fantasia, part 2

J'aurai une semaine absolument chargée. Je ferai donc des mises à jour assez fréquentes, disons au jour, sinon aux deux jours. Tout d'abord, je vous invite à lire ma critique de Nevermore, sur www.montheatre.qc.ca. C'est fait? Excellent. Allons-y maintenant avec les visionnements de dimanche.

Black Lightning

Un industriel sans scrupule tente de creuser le sous-sol de Moscou (au risque bien sûr de faire s'écrouler un pan de la ville) pour atteindre des diamants. Mais il n'arrive pas à percer une partie de la croûte terrestre. La seule chose qui peut l'aider s'appelle « nanocatalyseur », un cristal qui multiplie l'énergie fossile ou électrique. Mais le projet scientifique a été abandonné dans un laboratoire perdu. Après des recherches, ils retrouvent le labo, et deux contracteurs tombent sur une vieille voiture de marque Volga, qu'ils décident de revendre pour se faire un peu d'argent.

Un jeune moscovite peu fortuné, fils d'un conducteur de tram, se voit offrir comme cadeau d'anniversaire une Volga. Mais il rêve d'une Mercedes, pour impressionner Nastya, une nouvelle venue à l'université. Il s'apercevra vite que l'argent n'est peut-être pas la meilleure chose pour impressionner une fille, surtout quand on se retrouve avec une voiture... volante. Équipée du nanocatalyseur, la vieille Volga peut s'envoler et naviguer dans le ciel de Moscou. Black Lightning naît, ainsi qu'un nouvel héros. Mais l'industriel l'a dans sa mire, et veut à tout prix le nanocatalyseur.

Voici l'une des réponses russes aux nombreux films de superhéros des dernières années. Black Lightning a tout de Spider-Man : jeune homme sans le sou qui a le béguin pour une superbe fille, qui elle est draguée par un jeune riche, une figure paternelle qui meurt à cause d'un choix égoïste du protagoniste (soit celui de ne pas intervenir à un moment propice de l'histoire), la volonté de se racheter en sauvant des vies, la même demoiselle qui se retrouve en détresse, détenue par le vilain, etc. Mais c'est aussi un film sur le pouvoir du peuple : la Volga n'est pas une voiture ordinaire, elle représente le peuple russe, dans toute sa pauvreté et aussi sa force. Elle (re)devient un symbole de fierté et de lutte. Les réalisateurs Dmitriy Kiselev et Aleksandr Voytinskiy (deux assistants du réalisateur et producteur Timur Bekmambetov - Night Watch, Wanted) arrivent avec doigté, sinon beaucoup humour, à bien mélanger les forces dramatiques et romantiques du récit même si certains éléments du scénario sont carrément improbables. Malgré tout, Black Lighning est un film grand public tout à fait réussi et divertissant. Et il est plaisant de voir Moscou de manière différente...



The Accident

Une équipe d'assassins méticuleux créent des accidents d'une alarmante crédibilité pour éliminer ses cibles. Tout va, jusqu'au jour où, après une opération qui vire presqu'au vinaigre, un autobus perd le contrôle et happe l'un des membres de l'équipe. Réel accident ou meurtre d'un tiers qui se joue d'eux? Brain, le cerveau de l'affaire, est un homme paranoïaque, depuis la mort de sa femme, un assassinat qu'il croit déguisé en accident de voiture. Il positionne tous les miroirs de son appartement pour être sûr d'avoir une vue d'ensemble de toutes les pièces, où qu'il soit. Il ne touche pas la monnaie qu'il utilise dans les bus. Il écoute son équipe avant d'entrer dans le repère. Bref, l'homme croît s'être sauvé d'une tentative de meurtre contre lui, et soupçonne tout le monde. Enquêtant, ses actions l'entraînent dans une spirale de plus en plus profonde, n'épargnant personne, persuadé que rien n'était un accident.

The Accident est un film noir qui capte notre attention du début à la fin. Produit par Johnnie To, le suspense construit habilement par Soi Cheang Pou-Soi est subtil, mais omniprésent. On s'enfonce avec le personnage principal au plus profond de sa solitude et de sa paranoïa, suivant chaque pas, chaque indice, soupçonnant chaque personnage. Beaucoup de silence, beaucoup d'ombres, beaucoup de scène latente que plusieurs prendront pour des longueurs, mais qui dénotent de cette mince ligne sur laquelle marche Brain, qui le sépare de la folie. Bref, c'est précis, intelligent, sans merci. Au-delà du film d'assassin, The Accident nous plonge dans un drame psychologique où l'obsession maladive est au coeur du suspense. Fascinant.

2 commentaires:

  1. J'ai également vu Accident et j'ai trouvé ça très... mauvais. Une belle grosse tache sur la filmographie de Johnnie To.

    Premièrement, je ne me suis aucunement attaché au personnage. Il aurait pu lui arriver n'importe quoi, et je m'en serais balancé. En lisant le synopsis, je croyais assister à un film typiquement hongkongais avec des triades sans scrupule, de la nuance et de la profondeur dans les personnages et une intrigue soignée mais, hélas, il n'en fut rien. Tout tombait à plat: le personnage principal était inintéressant, l'intrigue était sans intérêt, aucun indice ne nous était dévoilé alors il était impossible de se situer dans l'histoire, etc.

    Et que dire de la scène de l'éclipse!!! Une vraie farce! Et cette scène où nous apprenons que ce sont de simples ballons qui sont à l'origine de l'accident d'autobus... Et d'ailleurs, que lui est-il arrivé au vieux pour que, subitement, il ne se souvienne plus de rien? Rien n'est expliqué dans ce film.

    Bref, un gros coup de gueule. Avoir su, je serais aller voir A Fish Story qui jouait en même temps dans une autre salle. Tant pis. Au moins, la bande annonce de A Bloody Parrot présentée avant le film était drôle.

    RépondreEffacer
  2. MatPoi, je peux absolument comprendre ton point de vue sur ce film, qui a séparé, j'imagine, la salle en deux clans. J'ai répondu à certaines questions par moi-même (le vieux, par exemple, a abusé des pilules... une fois à l'hôpital il finit par se souvenir de tout, ou presque) mais il est vrai que certaines choses sont absolument exagérées. Il faut peut-être les voir dans un contexte plus large. L'éclipse par exemple, après réflexion, est une image métaphorique de la révélation de l'état de Brain à lui-même. Que tout est dans sa tête. Il ne s'appelle pas Brain pour rien, c'est vraiment à double sens...

    RépondreEffacer