mardi 27 octobre 2009

L'Icône

Il y a de ces gens, dans le grand monde du showbusiness ou ailleurs, qu'on croit immortels. Certains restent gravés dans nos mémoires, d'autres trébuchent et disparaissent doucement.

Au Québec, peu, je crois, méritent ce statut. Pourtant, l'homme d'une soixantaine d'années qui performait devant nous, sur une scène montréalaise, comme si le public était encore et toujours à reconquérir, se trouve dans cette toute petite liste d'Éternels.

Le Garou original, tignasse frisée indéfectible, gabarit imposant, forme exemplaire, n'en est pas à son premier spectacle. Il n'a plus rien à prouver. Pourtant, planche par planche, il mange la scène sur laquelle il joue et y laisse les traces de sa sueur.

Robert Charlebois.

Ce soir était la première de son nouveau show, Avec tambour ni trompette, à La Tulipe. Un spectacle passablement acoustique, aux arrangements sublimes. Seul au piano, il nous fait doucement décoller avec un Lindberg qui a rarement été aussi simple et inspirant. Puis, comme un hymne national, il entonne Je reviendrai à Montréal - dans un Boeing bleu de mer... On plonge avec lui dans son répertoire grandiose, et on savoure plusieurs pièces connues, mais surtout moins connues de Réjean Ducharme et de Pierre Calvé (Vivre en ce pays).

Vous voulez que je sois un Dieu
Si vous saviez comme j'me sens vieux


Vieux est l'antonyme de Charlebois. Il est surprenant, intemporel. D'une énergie aussi douce qu'effervescente. Il est solidement épaulé par trois musiciens hors pair, Dominic Lanoie, Daniel Lacoste et Steve Gagné. Même si le piano est présent, la guitare sous toutes ses formes (acoustique, électrique, ukulélé, banjo, sexto...) est à l'honneur. Des rythmes latins, blues, country, rock, pop, folk, doux, fort, on en redemande.

C'est un touchant rappel que la belle bande nous offre, trois fois plutôt qu'une. L'homme et ses paroles souvent d'une simplicité volontaire, mais qui nous font toujours chanter comme des bougalous, nous font passer une excellente soirée.

La musique de Charlebois ne mourra jamais, le Québec s'en est imprégné jusqu'à la moelle. Essayez de ne pas terminer cette phrase dans votre tête :

1, 2, 3, 4, 5, 6, 7...

Je le savais, je vous ai entendu jusqu'ici. Et j'espère que Charlebois aussi.

1 commentaire:

  1. Belle critique inspirée :) Et j'adore toutes les références à l'oeuvre de Charlebois que tu as glissées dans ton texte !

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