samedi 1 août 2009

FanTasia troisième partie

16 juillet

Terribly Happy

Amateurs des frères Coen, beware! Voici un réalisateur qui pourrait s'avérer prometteur. Le Danois Henrik Ruben Genz propose un film dense, qu'on pourrait même qualifier, comme l'indique Fantasia, de néo noir. On se laisse manipuler et happer par l'histoire joliment tordue et tortueuse de Terribly Happy, tout en restant sur notre faim.

Terribly Happy raconte l'histoire d'un policier rétrogradé après une... bévue. C'est-à-dire qu'il a surpris sa femme au lit avec un autre homme et il aurait menacé les amants avec son arme de service. Les forces de l'ordre le réassignent temporairement au poste de Marshall dans une petite ville tranquille, où il ne se passe rien. Vraiment? De plus, on semble se moquer de la loi à South Jutland, les villageois préférant s'occuper eux-mêmes des problèmes. Lors d'une première ronde sur sa bécane, on lui dit que le réparateur de vélo a disparu. Puis une femme vient le voir et clame que son mari la violente sans cesse, mais ne veut pas porter plainte. Est-elle une victime sans défense, ou folle à lier? Ingelise est ravissante, et s'installe, entre le policier et la femme, une connivence, une intimité qui ne peut mener qu'aux problèmes. Le mari n'est pas content que le policier se mêle de leurs affaires, et toute l'histoire prend une tournure désastreuse et dangereuse...

Esprits obscurs, passivité active, concessions machiavéliques, moralité douteuse, Terribly Happy est certes intelligent, jouant avec les clichés du genre, tout en se gardant de tout dévoiler. Mystérieux.



17-18 juillet

20th Century Boys et 20th Century Boys Last Chapter

Le festival nous présentait cette année les deux longs métrages (long dans le sens de 2h30 et plus; quoi qu'on a vu pire cette année, avec les 4h30 de Love Exposure...) tirés du manga et de l'anime qui fait sensation au Japon, 20th Century Boys, de Naoki Urasawa. Les films couvrent trois époques distinctes :

1969 : quelques amis se regroupent et forment un club secret. Pour s'amuser, ils écrivent dans un cahier Le Livre des prophéties - comment le monde sera dominé et anéanti par un virus mortel au début des années 2000...

1997 : Kenji s'occupe du dépanneur familial, de sa mère et de la fille de sa soeur, disparue. Il retrouve lors d'un conventum ses amis du primaire, qui formaient le club secret. Une secte devient de plus en plus puissante dans la région, et des morts s'accumulent dans les grandes villes du monde. Kenji reconnait tout à coup le symbole de la secte : c'était leur symbole à eux, en 1969! Est-ce que le chef spirituel, masqué, serait l'un de ses camarades au primaire? Est-ce que Kenji, se remémorant des images de sa jeunesse et de son cahier, peut sauver le monde?

2015 : la fin est proche, on enferme les mangakas qui semblent prédire l'avenir. Une jeune rebelle fait la vie dure aux autorités. La secte est près de son but ultime. Est-ce la fin de la civilisation?

20th Century Boys respecte beaucoup le manga, par sa facture très bédé (il faut voir les expressions de l'acteur Toshiaki Karasawa, que j'avais beaucoup aimé dans une autre adaptation d'un manga, Casshern). Les films abordent les fantasmes des jeunes garçons, le pouvoir que les laissés pour contre peuvent acquérir pour se venger (style Syndrome des Incroyables (Pixar), la puissance des fausses prophéties, de la propagande et du terrorisme. Bien ficelés, on gueule notre mécontentement à la toute fin, quand on s'aperçoit qu'il y a un troisième film en route... Coït interrompu. Mais fallait pas s'en étonner quand on sait que 20th Century Boys compte... 22 tomes. Oh, et on aime beaucoup le casting parfait (voir http://20th.centuryboys.free.fr/casting-films.php) et la découverte des comédiennes Teruyuki Kagawa et Hitomi Kuroki.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire