dimanche 16 août 2009

District 9

En ce dimanche caniculaire et fièrement gaie, je me suis engouffré dans un cinéma pas si près de chez moi. Je voulais voir le film de Neill Blomkamp, District 9 ; la campagne virale et les trailers sur le web m'avaient titillé.



Inspiré de Alive in Joburg, un court métrage réalisé par Blomkamp et trois acolytes, Sharlto Copley, Simon Hansen et Shanon Worley, District 9 raconte en fait l'histoire d'un employé de la MNU - Multi National United, Wikus Van De Merwe (brillamment joué par Sharlto Copley, qui n'a aucune expérience en jeu - surprenant), bon mari, sympa, travaillant. Il est choisi pour mener à bien une tâche particulière : faire signer les avis d'expulsion à des résidents vivant dans un bidonville au milieu de Johannesbourg. Le problème, c'est que ces "habitants" ne sont pas des humains, mais des extraterrestres. Cela fait 20 ans que leur vaisseau s'est stationné au-dessus de la ville de l'Afrique du Sud. Les non-humains, ou Prawns (crevettes) comme ils les appellent, ne sont pas à priori envahissants, intelligents. Ils sont barbares, un peu simple d'esprit certes, mais sans plus. Bref, on est pris avec eux. On décide de les amener dans un endroit loin de la population, pour qu'ils ne dérangent plus. Mais lors de perquisitions, ça se passe plutôt mal pour Van de Merwe, qui se retrouve à être recherché autant par sa propre compagnie (qui fait des expériences sur les Prawns) que par les habitants humains du ghetto extraterrestre. C'est que le monsieur voit son ADN se modifier, et est le premier humain qui peut utiliser réellement les armes des extraterrestres, synchronisés avec la biochimie des visiteurs...

Le film nous est proposé de deux manières : la fiction d'un film du genre se mélange à plusieurs clips style documentaire : on interview les spécialistes, les amis, la famille, etc. Le ton est d'un réalisme saisissant. Le visuel est impeccable : ancien finissant du Vancouver Film School, Blomkamp a su comment raconter son histoire, insuffler la dose parfaite d'âme dans le récit fantastique pour que la balance fragile reste en place et nous frappe de plein fouet. De plus, la trame narrative est inspiré de la jeunesse de Blomkamp. On sent l'écho de l'apartheid, les ghettos, la violence, l'armée blanche contre les pauvres, la puissance caucasienne, les trafics d'armes, les magouilles politiques, les expériences scientifiques, tout y passe. Et on se dit, à mi-course : merde, était-ce vraiment comme ça durant les années de ségrégation?

Tout est intéressant dans ce film : l'homme fragile et quelconque qui se bat pour sa vie, la multi-nationale cachotière et diabolique, la crise de santé du protagoniste, le partenariat difficile entre l'homme et l'extraterrestre, la fuite difficile sinon impossible... District 9 est un film de science fiction à la hauteur des attentes, intelligent, bien construit, divertissant et dérangeant, en quelque part. Ça fait du bien de voir ça, après les Transformers 2 et les GO Joe de cet été, ou encore pire, Wolv"yeurk"rine - désolé, mais c'était du pourri sur du vert de gris...

Me reste à voir l'autre film du même type que j'ai raté cet été, Moon, de Duncan Jones avec Sam Rockwell...



_______________________

Tiens, je viens de tomber sur ce film UK qui s'en vient, de Scott Mann, appelé The Tournament. Tous les 7 ans, les meilleurs assassins du monde se regroupent pour un tournoi : un bain de sang, et un seul survivant. Mais un prêtre est mêlé à tout ça... Reste à voir ce que ça peut donner... Pourquoi ai-je des images de Ballistic: Ecks vs. Sever?!

Sur Twitch

5 commentaires:

  1. Moi aussi j'veux le voir, moi aussi j'veux le voir! Pour plein de raisons! Ca a l'air terrible!

    Juste un peu d'info: oui oui c'etait bien comme cela durant l'apartheid, meme que ca s'est fini il y a pas si longtemps... 1994

    Et le nom du film fait reference au quartier District 6 de Cape Town: http://en.wikipedia.org/wiki/District_Six

    RépondreEffacer
  2. hmmmm pas sure a propos du tournament... looks a bit cheap...

    RépondreEffacer
  3. Double merci!

    Merci de me lire Coco :)

    et merci pour la référence de Cape Town, elle me manquait :)

    RépondreEffacer
  4. Bon alors maintenant que je l'ai vu je peux donner mon avis. Je me suis sentie extrêmement mal à l'aise tant le film est réaliste. Il faut savoir que les townships actuellement ressemblent EXACTEMENT à ce qui est montré dans le film, que ceux de Johanesburg sont sans conteste les pire et que (je pense que la situation s'est un peu calmée depuis) quand des milliers de Nigérians traversaient la frontière l'an dernier la vie dans les townships étaient bien pire avec des gens brulés vifs etc car les Sud Africains ayant du mal à survivre eux-même n'ont pas supportés de voir arriver plus de pauvres gens.
    Je pense d'ailleurs que les témoignages du début ont été en partie tournés lors de l'"invasion" (c'en était une) nigériane.
    On n'expérimente plus sur les gens, ouf, mais tout le reste est vraiment très réaliste.

    Le problème est qu'on a loupé le tout début du film, explique-t-on pourquoi les prawns sont arrivés sur terre, pourquoi ils n'ont pas pu repartir, etc?

    Ah mais moi je lis tout monsieur :) Surtout ce qui viens de toi, c'est toujours intéressant :)

    RépondreEffacer
  5. non, on n'explique pas exactement comment, mais (je pense que tu as vu cette partie), on montre dans quel misère ils ont voyagé, comme des réfugiés dans un container...

    RépondreEffacer