mercredi 26 août 2009

Orange...

Je fais, ici, une entorse mineure à mon code d'éthique. Car parler de musique est pour moi difficile, professionnellement parlant, car par mon statut d'employé, je me dois d'être neutre musicalement parlant. Du moins devant public.

Mais.

Je ne peux passer sous silence ce groupe très intéressant qu'est Orange Orange.

Le lancement de son disque éponyme a eu lieu hier, sur la terrasse d'un hôtel du centre-ville. Le duo (car c'est un duo) est formé de Dom Hamel, ex-Gatineau, et Sabrina Sabotage. Leurs voix se marient à merveille et ils semblent s'entendre comme deux poissons oranges dans un gros, gros, gros bocal.



Le groupe se concentre sur une musique électro-pop 80, à saveur beatbox. Comme le décrit si bien le site de Bande à part, on pourrait presque comparer à Camille, mais le tout est plus sophistiqué qu'il n'y paraît et fort entrainant. Il suffit d'entendre Et je pleure pour qu'elle reste scotchée sur les bords de notre boîte crânienne et nous nargue toute la journée. Avec un batteur et un bassiste, juste pour rendre la musique synthé et pré-enregistrée un peu plus organique, mettez ça dans une petite salle et elle surchauffe, c'est assuré par Ouinouincéça.



Donc c'est accrocheur, tendance, et tout à fait rafraîchissant. Ce n'est pas la bombe du siècle, mais c'est (et elle, surtout...) tout à fait charmant(e).

La beauté des lancements, c'est qu'on peut s'approprier le stock et faire nos découvertes avec intérêt et snobisme. C'est-à-dire : fêter, boire, avoir du plaisir, assister à une mini prestation et avoir le cd du band, gratis.

À ma grande surprise, c'est une énorme pochette qui m'attendait, comme vous avez pu le constater sur les deux photos précédentes. Mais !! Ce matin, en ouvrant la dite pochette, j'ai pu m'apercevoir, à ma grande satisfaction, que celle-ci contenait réellement un vinyle (je disais Pop 80 tout à l'heure?) et il est...

ORANGE !!!

Bon vous allez me dire que c'est pas super original, que même Prince en avait fait un mauve et que celui d'André Guitare (La p'tite grenouille) était bleu flash (oui je sais, je suis vieux)... mais tout de même.

C'EST TROP COOL !!

(bravo aux concepteurs de la pochette et du disque.)

lundi 17 août 2009

AdEaters

Les Publivores, "conçus" par Jean Marie Boursicot, proposent leur version des Nuits de la pub un peu partout dans le monde (sauf, bien sûr, au Canada). Selon le site www.nuitdespublivores.com,

La Nuit des Publivores, c’est un spectacle présent dans plus de 40 pays, et représentant la production publicitaire d’une soixantaine de nationalités. C’est l’occasion d’ouvrir une fenêtre sur le monde et de goûter pendant 6 heures aux ambiances russes, asiatiques, africaines, sud-américaines, de découvrir des spots Mongols, Irakiens, ou même en Indien Guarani !


Bon. Pourquoi on a pas ça à Montréal? hein???

La représentation la plus près d'ici est à New York, le 25 septembre. Le coût : 99$. Ouf. Cher un peu pour regarder de la pub pendant une nuit.

Je regrette quand même de ne pas pouvoir y assister.

Voici leur "bande annonce"...



À quand les tournées internationales de Total Crap?

dimanche 16 août 2009

District 9

En ce dimanche caniculaire et fièrement gaie, je me suis engouffré dans un cinéma pas si près de chez moi. Je voulais voir le film de Neill Blomkamp, District 9 ; la campagne virale et les trailers sur le web m'avaient titillé.



Inspiré de Alive in Joburg, un court métrage réalisé par Blomkamp et trois acolytes, Sharlto Copley, Simon Hansen et Shanon Worley, District 9 raconte en fait l'histoire d'un employé de la MNU - Multi National United, Wikus Van De Merwe (brillamment joué par Sharlto Copley, qui n'a aucune expérience en jeu - surprenant), bon mari, sympa, travaillant. Il est choisi pour mener à bien une tâche particulière : faire signer les avis d'expulsion à des résidents vivant dans un bidonville au milieu de Johannesbourg. Le problème, c'est que ces "habitants" ne sont pas des humains, mais des extraterrestres. Cela fait 20 ans que leur vaisseau s'est stationné au-dessus de la ville de l'Afrique du Sud. Les non-humains, ou Prawns (crevettes) comme ils les appellent, ne sont pas à priori envahissants, intelligents. Ils sont barbares, un peu simple d'esprit certes, mais sans plus. Bref, on est pris avec eux. On décide de les amener dans un endroit loin de la population, pour qu'ils ne dérangent plus. Mais lors de perquisitions, ça se passe plutôt mal pour Van de Merwe, qui se retrouve à être recherché autant par sa propre compagnie (qui fait des expériences sur les Prawns) que par les habitants humains du ghetto extraterrestre. C'est que le monsieur voit son ADN se modifier, et est le premier humain qui peut utiliser réellement les armes des extraterrestres, synchronisés avec la biochimie des visiteurs...

Le film nous est proposé de deux manières : la fiction d'un film du genre se mélange à plusieurs clips style documentaire : on interview les spécialistes, les amis, la famille, etc. Le ton est d'un réalisme saisissant. Le visuel est impeccable : ancien finissant du Vancouver Film School, Blomkamp a su comment raconter son histoire, insuffler la dose parfaite d'âme dans le récit fantastique pour que la balance fragile reste en place et nous frappe de plein fouet. De plus, la trame narrative est inspiré de la jeunesse de Blomkamp. On sent l'écho de l'apartheid, les ghettos, la violence, l'armée blanche contre les pauvres, la puissance caucasienne, les trafics d'armes, les magouilles politiques, les expériences scientifiques, tout y passe. Et on se dit, à mi-course : merde, était-ce vraiment comme ça durant les années de ségrégation?

Tout est intéressant dans ce film : l'homme fragile et quelconque qui se bat pour sa vie, la multi-nationale cachotière et diabolique, la crise de santé du protagoniste, le partenariat difficile entre l'homme et l'extraterrestre, la fuite difficile sinon impossible... District 9 est un film de science fiction à la hauteur des attentes, intelligent, bien construit, divertissant et dérangeant, en quelque part. Ça fait du bien de voir ça, après les Transformers 2 et les GO Joe de cet été, ou encore pire, Wolv"yeurk"rine - désolé, mais c'était du pourri sur du vert de gris...

Me reste à voir l'autre film du même type que j'ai raté cet été, Moon, de Duncan Jones avec Sam Rockwell...



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Tiens, je viens de tomber sur ce film UK qui s'en vient, de Scott Mann, appelé The Tournament. Tous les 7 ans, les meilleurs assassins du monde se regroupent pour un tournoi : un bain de sang, et un seul survivant. Mais un prêtre est mêlé à tout ça... Reste à voir ce que ça peut donner... Pourquoi ai-je des images de Ballistic: Ecks vs. Sever?!

Sur Twitch

samedi 1 août 2009

FanTasia cinquième partie

29 juillet

Left Bank

Une jeune athlète de course à pied, Marie, est insatisfaite de sa vie, de ses performances. Alors qu'elle se qualifie pour une course importante pour le Portugal, elle tombe amoureuse d'un bel archer. La pauvre est pourtant au bout du rouleau. Trois périodes menstruelles en un an, la jeune femme manque de fer, et son corps s'affaiblit. Repos forcé! Elle s'installe chez le bel étalon, sur la rive gauche de cette ville morne. Mais cet appartement recèle des secrets : la précédente locataire a disparu inexplicablement il y a plusieurs mois sans laisser de trace. Marie enquête et tombe sur d'ancestrales pratiques de sorcellerie. Réalité ou fiction? Et pourquoi se sent-elle mêlée à tout ça?

Film belge à la caméra glauque, Left Bank nous paraissait comme un Polanski : torturé, étrange. Mais sincèrement, ce film ne mène absolument nulle part, et la fin laisse pantois tant elle peut sembler ridicule. On s'écrit facilement : tout ça pour çaaaa? Contemplatif certes, on ne sent que très peu la tension monter, et on s'attache difficilement aux personnages, mis à part Marie, non sans un certain effort. L'image reste crue, autant dans les scènes érotiques que sportives - purement belge. La trame surnaturelle promettait beaucoup, dommage.



Private Eye

J'ai conclu mon festival avec un film sud-coréen. Nous sommes en 1910, et Jin-ho, ancien policier devenu détective, se fait les poches avec les femmes infidèles. Une fois les maris au courant, il vend les photos à un journal à potins. Payant, l'homme économise pour partir aux États-Unis. Mais sa bulle est crevée alors qu'un jeune médecin, Kwang-su, vient le supplier de l'aider. Il a disséqué un cadavre... qu'il croit être celui du fils d'un haut placé du gouvernement. Il veut alors démasquer le meurtrier avant que les soupçons ne pèsent sur lui. Mais cette enquête ne sera pas une partie de plaisir, et le danger plane...

Un détective privé, un médecin, une enquête mystérieuse... ça ne vous dit rien? Le fantôme de Sir Arthur Conan Doyle rôde autour de ce film, qui est plutôt bien réussi. Sherlock Holmes coréen? Et pourquoi pas? On y rit, et la dose d'action et d'histoire est plutôt intéressante. La reconstitution de la Corée du début du dernier siècle vaut le coup d'oeil. Un pur divertissement qui ravit le spectateur. Une belle finale !



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BONUS

J'ai pu mettre la main sur certains films que je n'ai pu voir lors de ce présent festival. Au cours des prochaines semaines, je reviendrai sur ces film... voici le premier :

Dead Snow

Des jeunes en vacances dans un espace désert et enneigé de la Scandinavie se retrouve dans un chalet. Il y a le geek fana de films d’horreur, la fille facile, le copain un peu crétin, le couple d’amoureux... Un soir de Twister, ils reçoivent la visite d'un homme âgé des parages, qui leur raconte qu'un trésor nazi gît en quelque part dans ces montagnes, et qu'il ne faut pas y toucher.

Vous devinez la suite hein? Bien sûr, l'or est entre deux caisses de bière sous le plancher du chalet, et dès que la boîte est ouverte, des centaines de zombies nazis sortent de la neige pour récupérer leur magot.

Ce film de Tommy Wirkola, qui s'était fait remarquer par sa parodie grotesque de Kill Bill (Kill Buljo), est à catégoriser dans "étrange". Sérieusement, l'image fait souvent défaut, ou est de calibre académique, même amateure. L'humour est absurde, voire carrément débile. Le gore est présent à souhait, et on en éclate de rire tellement c'est débile. On doit donner un plus aux décors et aux maquillages, mais sans plus. Dead Snow est le genre de film à voir entre amis, pour rigoler.

FanTasia quatrième partie

19 juillet

Neon Genesis Evangelion 1.0 : You Are (Not) Alone

S'il y a bien une série animée qui a dérangé au Japon, c'est bien Neon Genesis Evangelion. Des pertes de financement, des épisodes bâclés et incompréhensibles jusqu'aux menaces de mort envoyées au responsable de la série, Hideaki Anno, Evangelion s'est tout de même taillé une place imbattable dans le coeur des admirateurs du genre. Maintenant culte, Evangelion méritait, de l'avis de "tous", quelques ajustements et modifications. Plus de dix ans après sa présentation sur les ondes des télés nippones, Anno s'attaque finalement à l'adaptation spectaculaire de la série (qui comptait 24 épisodes) en quatre films. Out les plans statiques de 45 secondes, on fait place à des scènes de combat en CGI (mais très bien intégrées, et, ma foi, époustouflantes) et plusieurs resserrements au niveau du récit. On doit admettre que l'histoire est plus facile à suivre si on a déjà visionné la série originale (ou lu les manga), puisque le début du film part sur les chapeaux de roue, mais le plaisir qui en découle est substantiel. On veut la suite !! (Evangelion 2.0: You Can (Not) Advance sera lancé d'ici 2010... )



À quelle heure le train pour nulle part?

Deuxième film du Québécois Robin Aubert (Saint-Martyr-des-Damnés), À quelle heure... est le premier de cinq films (du moins, on suppose) qui se passera sur cinq continents. Premier arrêt : l'Inde. Aubert expliquait que l'Inde est comme son deuxième pays, lui qui l'a visité déjà à quelques reprises. En compagnie du comédien Luis Bertrand, d'un caméraman et d'une fille au son, ils ont passé cinq semaines à tourner le maximum d'images. L'histoire d'Aubert est insaisissable : un homme est en Inde à la recherche de son frère jumeau. Existe-t-il vraiment? Que cherche-t-il vraiment? Peut-être sa propre rédemption. Peut-être son salut. Peut-être son frère. Il fera la rencontre de mille personnes, donc une Japonaise, qui changera le cours de ses jours. Inégal mais inspiré, poétique par moment, philosophique autrement, À quelle heure vaut le coup d'oeil pour le dépaysement. Tout ce qu'il manque, c'est l'odeur de Mumbai qui prend à la gorge pour se sentir réellement ailleurs. On attend la "suite" : À l'origine d'un cri.



28 juillet

Eureka Seven: Good Night, Sleep Tight, Young Lovers


Deux jeunes enfants, un garçon et une fille, sont sur une base militaire. Leur maître leur fait découvrir une fleur qui bourgeonne sous la neige. Tout autour d'eux, il y a pourtant un danger imminent : une force organique tente de s'emparer du monde. Les humains essaient de combattre, et créent une arme solaire ultime qui détruira le monde. La terre est aux humains ou à personne! La jeune fille se fait enlever, le garçon grandit avec la culpabilité au ventre. Il devient pilote d'un costume de combat et retrouve la jeune femme. S'aimant d'une passion qui outrepasse tout entendement, sont-ils le miracle de l'humanité? C'est ce que pensent certains rebelles, selon un livre qui ressemble étrangement à Peter Pan... Tiré de la série culte Eureka SeveN, ce film réécrit en fait la genèse de cette histoire apocalyptique. Attrayant, imparfait, le film se laisse très bien regarder. Entre les créatures bizarroïdes de Miyazaki (faut voir le Nirvash), l'action et le mysticisme d'Evangelion, Eureka Seven est maîtrisé et donne le goût de regarder la série ou le manga. Kawaii, comme diraient les Japonais.

FanTasia troisième partie

16 juillet

Terribly Happy

Amateurs des frères Coen, beware! Voici un réalisateur qui pourrait s'avérer prometteur. Le Danois Henrik Ruben Genz propose un film dense, qu'on pourrait même qualifier, comme l'indique Fantasia, de néo noir. On se laisse manipuler et happer par l'histoire joliment tordue et tortueuse de Terribly Happy, tout en restant sur notre faim.

Terribly Happy raconte l'histoire d'un policier rétrogradé après une... bévue. C'est-à-dire qu'il a surpris sa femme au lit avec un autre homme et il aurait menacé les amants avec son arme de service. Les forces de l'ordre le réassignent temporairement au poste de Marshall dans une petite ville tranquille, où il ne se passe rien. Vraiment? De plus, on semble se moquer de la loi à South Jutland, les villageois préférant s'occuper eux-mêmes des problèmes. Lors d'une première ronde sur sa bécane, on lui dit que le réparateur de vélo a disparu. Puis une femme vient le voir et clame que son mari la violente sans cesse, mais ne veut pas porter plainte. Est-elle une victime sans défense, ou folle à lier? Ingelise est ravissante, et s'installe, entre le policier et la femme, une connivence, une intimité qui ne peut mener qu'aux problèmes. Le mari n'est pas content que le policier se mêle de leurs affaires, et toute l'histoire prend une tournure désastreuse et dangereuse...

Esprits obscurs, passivité active, concessions machiavéliques, moralité douteuse, Terribly Happy est certes intelligent, jouant avec les clichés du genre, tout en se gardant de tout dévoiler. Mystérieux.



17-18 juillet

20th Century Boys et 20th Century Boys Last Chapter

Le festival nous présentait cette année les deux longs métrages (long dans le sens de 2h30 et plus; quoi qu'on a vu pire cette année, avec les 4h30 de Love Exposure...) tirés du manga et de l'anime qui fait sensation au Japon, 20th Century Boys, de Naoki Urasawa. Les films couvrent trois époques distinctes :

1969 : quelques amis se regroupent et forment un club secret. Pour s'amuser, ils écrivent dans un cahier Le Livre des prophéties - comment le monde sera dominé et anéanti par un virus mortel au début des années 2000...

1997 : Kenji s'occupe du dépanneur familial, de sa mère et de la fille de sa soeur, disparue. Il retrouve lors d'un conventum ses amis du primaire, qui formaient le club secret. Une secte devient de plus en plus puissante dans la région, et des morts s'accumulent dans les grandes villes du monde. Kenji reconnait tout à coup le symbole de la secte : c'était leur symbole à eux, en 1969! Est-ce que le chef spirituel, masqué, serait l'un de ses camarades au primaire? Est-ce que Kenji, se remémorant des images de sa jeunesse et de son cahier, peut sauver le monde?

2015 : la fin est proche, on enferme les mangakas qui semblent prédire l'avenir. Une jeune rebelle fait la vie dure aux autorités. La secte est près de son but ultime. Est-ce la fin de la civilisation?

20th Century Boys respecte beaucoup le manga, par sa facture très bédé (il faut voir les expressions de l'acteur Toshiaki Karasawa, que j'avais beaucoup aimé dans une autre adaptation d'un manga, Casshern). Les films abordent les fantasmes des jeunes garçons, le pouvoir que les laissés pour contre peuvent acquérir pour se venger (style Syndrome des Incroyables (Pixar), la puissance des fausses prophéties, de la propagande et du terrorisme. Bien ficelés, on gueule notre mécontentement à la toute fin, quand on s'aperçoit qu'il y a un troisième film en route... Coït interrompu. Mais fallait pas s'en étonner quand on sait que 20th Century Boys compte... 22 tomes. Oh, et on aime beaucoup le casting parfait (voir http://20th.centuryboys.free.fr/casting-films.php) et la découverte des comédiennes Teruyuki Kagawa et Hitomi Kuroki.

FanTasia deuxième partie

12 juillet

Thirst

Un curé pose sa candidature pour la recherche d'un remède à une maladie qui s'attaque aux Caucasiens et aux Asiatiques mâles. Alors qu'il est en train de mourir de la maladie, on tente de le sauver : une transfusion plus tard, on le croit perdu. Mais l'homme de Dieu ouvre les yeux et sa peau, pustulée, redevient aussi belle qu'elle l'était. Le prêtre revient à la maison, et la nation le déclare miraculé. Il visite un vieil ami et revoit la soeur adoptive de celui-ci, qui est maintenant sa femme. Le curé a tous les sens dans le tapis, et ne peut lui résister... de corps comme de sang. Elle se laisse emporter dans cette ivresse, se sent tout à coup vivante, mais elle perd la tête et veut aussi la puissance et l'immortalité du curé...

Après sa trilogie sur la vengeance, Park Chan-wook dépeint la passion, l'amour interdit et l'appel de la chair par le vampirisme. Inspiré d'un roman de Zola, les intrigues secondaires amenées par le réalisateur nourrissent abondamment le film. La direction photo propose parfois des moments jouissifs (comme les sauts d'un toit à l'autre de la jeune femme dans les bras du prêtre : la caméra, au lieu de montrer la prouesse des sauts, se concentre exclusivement sur le visage de la femme en extase). On va jusqu'à se moquer de la religion, en montrant le prêtre nu à quelques reprises. Les scènes explicites (deux en particulier) sont chaudes, mais crues : on ne donne pas dans le pinku, mais dans un réel surexcité, en ébullition. Le film sort bientôt en salle. À voir.



Kaifeck Murder

Marc est un photographe en quête d'un nouveau sujet. Sur la route avec son jeune fils, aux alentours de Noël, ils débarquent à Kaifeck, petite bourgade perdue où les habitants célèbrent encore une très vieille tradition, celle de se déguiser en monstres pour chasser les mauvais esprits. Fêtée tout de suite après Noël, elle inspire Marc, qui profite de l'occasion pour s'installer dans un gîte et prendre quelques clichés de l'événement à venir. De plus, l'aubergiste est assez jolie, et elle répond assez bien... Un matin, Marc se réveille d'un rêve étrange, où il assiste à une boucherie humaine, dans une ferme, duquel seul un bébé survit. Plus étrange encore, il est tout habillé et voit au pied du lit ses bottes couvertes de boue. Où est-il allé? Qui est cette famille? Alors qu'il tente d'investiguer, les villageois semblent de plus en plus hostiles. Qu'est-il vraiment arrivé à Kaifeck, pourquoi ne veut-on lui répondre? Pourquoi rêve-t-il nuit après nuit à cette ferme, et pourquoi il sent que tout ceci est relié à lui?

Suspense surnaturel, Kaifeck Murder, de la réalisatrice allemande Esther Gronenborn, se savoure tout en lenteur au départ, ce qui permet au spectateur de bien sentir la détresse psychologique du personnage principal. Les pistes sont données au compte-goutte, et l'on apprécie la cadence et paranoïa qui s'y dégage, même si la fin reste un brin décevante.



15 juillet

Mutants

Issu de la nouvelle vague de films d'horreur français, Mutants est le premier long métrage de David Morley (l'homme a définitivement le nom pour les films de zombies - Morley, Mord-les - pardonnez cette blague à un festivalier aguerri et fanatique). Il avait offert au Festival le court Morsure, qui avait plu à beaucoup de spectateurs. Mutants se passe dans un futur rapproché. Un virus se propage, transformant les êtres humains en mangeurs de chair fraîche. Sonia et Marco sont sur la route, dans leur ambulance, pour trouver une base militaire devenue mythique, appelée Noé. Suite à une rencontre fortuite, ils se réfugient dans un grand édifice vacant, en pleine forêt. Mais Marco est atteint de la maladie. Il lui reste trois jours avant que le virus prenne entièrement le contrôle de son corps. Sonia, immunisée, tente de le garder en santé, jusqu'à ce que les secours parviennent à les localiser et à venir les chercher. Des renégats entrent dans la bâtisse, et terrorisent Sonia. Les morts-vivants entourent l’immeuble, cachés dans les bois. Va-t-elle réussir à s'en sortir indemne?
Variante digne d'intérêt, Mutants propose une incursion dans la psychologie de la peur lors d'une situation extraordinaire. Progéniture lointaine d'un 28 Days Later (ou sa suite), il n'a malheureusement la force de ses inspirations, mais procure quelques bons moments. Les maquillages sont foutument bien réalisés, et on souhaite de tout coeur que Sonia (excellente Hélène de Fougerolles) quitte ces lieux rapidement, avant que son copain (intrigant et violent Francis Renaud) ne parte avec un morceau d'elle...

FanTasia 2009 première partie

Le festival sévissait dans la métropole pendant presque tout le mois de juillet. Les organisateurs ont proposé quelques films très attendus, comme Love Exposure, Thirst ou encore, finale, Inglorious Basterds. Le festival a comblé la plupart des attentes que j'avais, sans pourtant les dépasser. Un festival, donc, qui s'est plutôt bien déroulé. Selon Showbizz.net "Le festival montréalais a attiré plus de 90 000 spectateurs dans ses deux salles tandis que 40% des 195 projections ont été présentées à guichets fermés."

Voyons maintenant ma programmation personnelle.

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Quatorze billets m'attendaient à la billetterie. À chaque jour, je publierai mes mini critiques de trois films. On commence!

10 juillet

Dream

Un homme (Jin) poursuit en voiture son ex-petite-amie. Il happe une autre automobile avant d'éviter un piéton... et se réveille. Intrigué, il monte dans sa bagnole et conduit jusqu'au lieu de l'accident, qui est, ô surprise, bien réel. Il suit la police : ceux-ci arrêtent une jeune femme (Ran), voiture abîmée, qui clame qu'elle dormait et qui ne comprend pas ce qui se passe. C'est alors que l'homme se rend compte que ce dont il rêve se concrétise par cette femme qui est somnambule. Rencontrant tous les deux une voyante-psychologue, ils se rendent compte qu'ils sont aux extrémités du spectre humain. Alors que lui, de noir vêtu, cherche à retrouver sa bien-aimée, elle, en revanche, ne veut plus rien savoir de son ex. Mais dès que lui rêve de son amour perdu, c'est elle qui, endormie, se dirige chez son ex-copain pour faire ce dont l'homme rêve... La sortie? Tomber amoureux l'un de l'autre. Ou alors, "l'autre sortie", plus drastique.

Plutôt étrange comme description, n'est-ce pas? Tout en contraste, les merveilleuses images de Dreams (simples, mais d'une force métaphorique hors-norme - faut voir comment Ran, la sleepwalker, passe du blanc total au noir pour se fondre aux habitudes vestimentaires de Jin, ou alors, les matériaux qu'ils travaillent - Jin sculpte le bois pour créer des estampes (dureté), elle est couturière (souplesse). Quinzième long métrage de Kim Ki-duk, premier dans le domaine du fantastique, Dreams nous plonge "en plein délire freudien, marqué par l'univers bouddhiste". Douceur, douleur, métaphores, on en sort un peu ébloui et intrigué.



11 juillet

Queens of Langkasuka

Prenez un grand bol, plongez-y une goutte de Waterworld, les costumes elfiques du Seigneurs des anneaux, la notion du bien et du mal et les Padawan de Star Wars, les kamikazes de Pearl Harbor, Sauvez Willy sur l'acide, quelques flèches d'Hero et de Willow, les idées heureuses de Peter Pan et beaucoup, beaucoup de Pirates des Caraïbes et vous aurez une idée de ce qu'avait l'air Queens of Langkasuka. Film thaïlandais à gros budget, Queens ratisse si large que les deux heures que dure le long métrage en paraissent le double. Mais attention : ce n'est pas un (si) mauvais film : épique, il propose beaucoup d'action, grâce au héros qui apprend l'art de la sorcellerie sous-marine, des pirates et de la vie tumultueuse d'un garde du corps des reines de Langkasuka. Pulp, on plonge dans une aventure fantastique aux multiples (parfois trop nombreux) rebondissements.



Ip Man

Ne faites pas l'erreur que je fais à chaque fois que je lis le titre de ce film de Wilson Yip, ne prononcez pas "aïe pi" (comme une adresse IP, sur Internet), mais bien "yip monne". Ip Man est un maître incontesté du Wing Chun, art martial chinois. Plusieurs viennent voir le maître bien nanti, dans sa propre maison, pour l'affronter, et du même coup apprendre. Mais Ip Man ne désire pas ouvrir d'école. Il ne pense qu'à améliorer sa technique, pendant que sa femme s'offusque et lui demande de passer plus de temps avec son fils. 1937, les Japonais envahissent la Chine et profitent de leur stationnement à Fo Shan pour s'exercer et combattre. Le général Miura tire avantage des Chinois qui meurent de faim en leur proposant un sac de riz par combat. Ip Man ne se prête pas au jeu, malgré sa nouvelle pauvreté, son travail harassant dans le charbon et sa femme qui se meurt de faim. Mais en voyant un autre maître et ami tomber sous une balle dans la tête après un combat, il se met dans une fureur incroyable et affronte 10 adversaires en même temps. Le général Miura, hébété, veut s'approprier ce savoir, mais Ip Man ne baisse pas les bras et le défit en combat singulier.

Pour faire une histoire courte, le Wing Chun est principalement, à cette époque, pratiqué par les femmes. Mais sous Ip Man, il devient extrêmement populaire, localement pour se défendre contre les Japonais, plus tard (surtout) grâce à l'un de ses plus grands élèves, Bruce Lee. Histoire biographique, IP Man reste sobre dans son traitement, mais en met plein la vue aux bons moments, avec des prouesses martiales exemplaires et une vitesse d'exécution qui me laisse encore pantois. Donnie Yen s'y trouve criant de vérité, et est dans une forme resplendissante. J'ai beaucoup apprécié le visionnement, qui fut très satisfaisant. À voir, si vous aimez les biopic martiaux sans trop de flafla.