mercredi 15 juillet 2009

Festival International de Jazz de Montréal, bilan

Le Festival International de Jazz de Montréal a débuté le 30 juin dernier. Je ne sais pour quelle raison, je le préfère aux FrancoFolies. Pourtant, je suis un amant aguerri de la musique francophone, et les Francos m'ont fait découvrir par le passé d'excellents artistes (dont Alexis HK, il y a si longtemps). Je ne fréquente pas le FIJM autant que j'aimerais le faire, hélas, surtout à cause du temps qui manque, qui fuit et qui s'échappe comme ombre au soleil. Parlant de soleil, c'est ce qui a cruellement fait défaut durant les deux premières semaines du festival. Le FIJM aurait presque pu être rebaptisé le Festival des parapluies de Montréal!

30 juin, Stevie Wonder

Un incontournable. Je travaillais ce soir-là, je n'ai donc pas pu m'y rendre trois heures d'avance. Me voilà donc devant la sortie du métro Place des Arts, sur Sainte-Catherine, regardant deux écrans géants qui diffusent les images du spectacle qui se passe sur... Jeanne-Mance. Je ne sais combien nous étions, mais on était "une maudite bonne gang" (ndr, près de 200 000 personnes selon Canoe). Spectacle rendant hommage à Michael Jackson (c'était la première fois depuis la mort du roi de la Pop que Wonder en parlait), le chanteur aux lunettes noires a diffusé quelques chansons de Jackson. Ce fut sans contredit le point faible du spectacle, brisant le rythme que Wonder et son band (incluant sa magnifique fille claviériste - est-ce que je me fourvoie ou si elle a tenté de se suicider quelques jours après le spectacle?) imposaient depuis le départ. On aurait vraiment aimé qu'il les interprète lui-même, ces grands succès qu'on nous a fait jouer en entier. Peut-être que Wonder était encore trop ému par cette nouvelle pour chanter ces pièces musicales maintenant mythiques. Wonder condensera dans les 45 dernières minutes du spectacle ses plus grands succès, dont Superstition et I Just Call... juste après que votre serviteur avait quitté le site, pour cause de manque de connaissance du catalogue musical que Stevie nous offrait depuis le départ. Dommage.

2 juillet Federico Aubele

Décrit comme du trip hop argentin, la musique de Aubele est tout de même difficile à décrire. L'homme a une excellente technique flamenco et est d'une grande générosité avec le public montréalais, parlant beaucoup et expliquant les chansons qu'il interprète. Out Thievery Corporation, qui avait fait de l'album Gran Hotel Buenos Aeres un petit bijou électro-latin, bienvenido au style Gotan Project acoustique. Un tantinet homogène, le spectacle de 55 minutes s'écoute avec beaucoup de plaisir (tant qu'un voisin de rue ne se prend pas pour un musicien débile en imitant des maracas avec ses clés...).

3 juillet Room Eleven

Mon coup de coeur du Festival. Le groupe néerlandais en a surpris plusieurs, moi le premier, avec son swing pop groovy enlevant. La chanteuse était mignonissime avec sa robe bleue, ses collants vert pomme et sa fleur rouge dans ses cheveux blonds. Parlez-moi de couleurs! Généreux, ils ont fait de ce petit 50 minutes de prestation un petit moment de bonheur condensé. Excellents musiciens (fallait voir le pianiste, aux sonorités classico-swing), les membres de Room Eleven nous ont transportés dans un joli univers, dont celui du feu Café Sarajevo, avec leur dernière pièce, dont il me reste la dernière phrase "I'm getting stronger everyday"...

4 juillet Gadji-Gadjo

Band originaire d'ici, Gadji-Gadjo donne dans la musique tzigane originale, inspirée de la musicalité des pays de l'Est, tout en saupoudrant d'une épice tout à fait locale. C'était sur l'esplanade, sous un petit pavillon, que le groupe s'est produit (à plusieurs reprises lors du Festival). La prestation fut de plus en plus entrainante, à mesure que le temps passait. La pluie et le soleil se battaient pour avoir le dessus, mais ce sont les spectateurs qui en sont sortis gagnants.

9 juillet Jesse Cook

Ah, ce guitariste, idole de votre humble serviteur! Je l'attendais de pied ferme, lui que j'avais découvert lors de ce même festival en 1994, dans la lilliputienne salle Spectrum en haut. J'avais assisté à son spectacle deux fois plutôt qu'une, éberlué par son talent et le son de son instrument. Le spectacle du 9 juillet fut à la hauteur du talent de Cook : en deux parties (21h et 23h), la prestation a été capté numériquement pour une sortie prochaine en DVD. Il est certain que je me procurerai ce petit bijou. Jesse Cook avait plusieurs invités sud-américains qui sont venus ajouter leur saveur aux pièces musicales (la plupart du temps instrumentales, mais ô combien riches) du guitariste. Le chanteur canadien Jeremy Fisher est venu faire plaisir à la foule en interprétant une entraînante version de Cecilia (Simon & Garfunkel) avec le Salsa Squad. Enlevante.

10 juillet Bet.E

Première réelle déception du Festival cette année. J'étais un admirateur de son ancien groupe (qu'elle ne nomme jamais), Bet.E and Stef, qui avait un démo absolument fantastique et un premier CD international respectable (Day By Day). Je me rappelle de ce spectacle au Théâtre Outremont, avec les Angelo Finaldi et cie, où la première partie (Coco Finaldi) avait éclipsé Bet.E qui avait donné une performance presque amatrice. On sentait que la qualité et le talent du band accompagnateur derrière le duo lui poussait littéralement dans le dos. J'attendais donc avec impatience les premiers pas de la chanteuse en solo. En février dernier, elle se décide à sortir son album B.Coming, qui se vend probablement beaucoup moins qu'on l'aurait espéré. Néanmoins, elle est invitée au FIJM cette année, sur la grande scène du Festival. C'est un honneur, et après tout, elle est connue mondialement, se produisant sur les scènes nord et sud-américaines et dans les clubs Blue Note au Japon.
Musicalement parlant, rien à dire. Smooth, à la bossa-nova, le spectacle nous a donné ce dont on s'attendait. Sans être enivrant, certains bougeaient un peu des hanches et d'autres, dont moi, écoutions avec attention. Là où le bât blesse, c'est dans les interventions de la chanteuse. En plus d'être anticharismatique, il était clair qu'elle n'avait rien à dire. Elle nous a entretenus de ses croyances sur la chance, de sa rencontre avec Joyce, une artiste brésilienne, qui aurait facilement pu se résumer en 10 secondes (quand l'intervention a pris plusieurs minutes)... Non pertinent, frôlant presque la condescendance (disant que les gens qui viennent au Festival sont intelligents et qu'elle ne chante pas pour n'importe qui... etc.)... Bref, quand la meilleure partie du spectacle est la présentation des musiciens combinée à un petit solo de chacun lors de Feeling Good, y'a de quoi se poser des questions. Une rencontre à moitié réussie, pour ma part. Dommage.

11 juillet - Nikki Yanofsky

La fille est devenue une jeune femme... Je n'ai pu entendre que quelques notes, mais cette jeune jazzwoman qu'est Nikki Yanofsky promet, beaucoup. Son registre est large, elle maîtrise de plus en plus son instrument organique et, grâce à la maturité de celui-ci, se permet d'interpréter un répertoire encore plus large. On lui souhaite une brillante et très longue carrière...

'est ce qui conclut mon festival. Je voulais aller voir Ben Harper, mais l'épuisement a pris le dessus. Le festival de cinéma FanTasia est commencé depuis quelques jours, j'y ai vu déjà quelques films, et mes critiques s'en viennent sous peu. C'est un exercice que j'aime faire, chaque année, qui me permet de garder mon cerveau en mode "critique" durant l'été.

Pour des images du Festival International de Jazz de Montréal, je vous suggère très fortement (pour ne pas dire allez !! je vous oblige à y aller) de visiter le site de la blogueuse et bonne amie à moi Bloui
http://sugarplum-art.com/aether/
http://www.flickr.com/photos/bloui/

1 commentaire:

  1. Merci pour la double pub ! Je te rendrai la pareille pour FantAsia ;)

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