mardi 29 juillet 2008

Mes vacances

Alors que je me préparais doucement à soigner une coléolite à Montréal lors de mes deux semaines vacancières sacrées, voilà qu'une décision de dernière minute me propulse vers le nord. Ma petite chérie partait pour son coin natal, Alma. Et finalement, j'avais sa bénédiction pour la suivre. Elle appelle le service Allo-Stop et on se programme un départ le mercredi matin, 6h, vers le calme et la tranquillité. Le matin venu, on se pointe au rendez-vous. Une voiture bleue et ses occupants, deux frères, nous cueillent. C'est le départ. Personnellement, les transports, ça m'endort, pratiquement sans exception. Je sombre dans les bras de Morphée pendant, ce qui me semble, quelques minutes, et j'ouvre les yeux : on est déjà à Québec! Je regarde ma douce, un peu sous le choc. Elle me glisse à l'oreille que nous avons atteint à quelques reprises, les 170 km/h. Surpris, je me promets de ne plus de rendormir. Juste avant d'entrer dans le fameux parc des Laurentides, on s'arrête chez McDo. Je choisis plutôt le petit dépanneur juste à côté. Muffins, jus, chocolat au lait. Le classique, quoi. On repart, on évite les travaux, et...

En grimpant une côte, à environ 20 minutes de Chicoutimi/Laterrière, le moteur fait des siennes. Vrombissement, coups, lumière de l'huile qui allume et décision du chauffeur de se garer sur le bas côté. Il ouvre le capot, petite inspection : plus une goutte d'huile dans le moteur. Ce qui est surprenant, selon lui, puisqu'il en avait ajouté l'avant-veille. On en déduit qu'une fuite majeure est arrivée. L'un des deux frères part vers l'avant, à pied, pour trouver un chantier ou un garage. Donc, vous imaginez, l'avance que nous avions prise s'est volatilisée comme beurre d'érable dans mon garde-manger (croyez-moi, c'est un excellent exemple). Un camion de dépannage finit par rappliquer. On hisse la voiture qui ne répond plus sur la plateforme, et le garagiste nous fait signe, à ma jolie et à moi, de le suivre, loin du camion. Avec un "venez, je veux vous parler", je croyais dur comme fer qu'il allait nous dire qu'il avait peur des deux garçons, qu'on était en danger de mort. Je lui pose donc la question : pour reculer si loin? Il nous répond bête comme ses deux pieds que c'est pour notre sécurité. Sécurité... que je dis... Il nous lance : ben oui, sûrement pas les orignaux des arbres, c'est les chars qui sont dangereux! Même si je suis d'accord, ça fait quand même une heure que nous sommes là, bien vivants! Jusqu'à ce que je comprenne qu'il ne fera pas venir une voiture du garage pour nous y amener, mais bien nous "flyer" une automobile qui passe. On est chanceux, une Vibe s'arrête. La dépanneuse est déjà partie, on embarque. Deux joyeux lurons nous souhaitent bonjour. On entame la conversation, ce fut extrêmement plaisant. Ce qui m'embêtait par contre, c'était de ne plus voir le camion, est par conséquent, ne plus voir nos bagages, encore dans le coffre de la voiture. On cherche un peu les environs, mais on ne trouve pas de garage. En faisant demi-tour, pensant être passé devant sans l'avoir vu, j'appelle une amie du coin, qui m'indique finalement le bon endroit (merci Marie-Hélène!!). On s'y rend, on retrouve les frérots et nos bagages, puis la maman et la grand-maman arrivent pour nous cueillir.

C'est la première fois que je rencontrais la mère de ma copine. Ce ne fut pas un aussi grand choc que je ne l'aurais cru. J'imagine qu'avec le temps et l'expérience, on devient plus confiant. Petit dîner chez Tim Horton, et on dirige vers Alma. En compagnie de la maman et du chum de celle-ci, j'y ai passé de très agréables moments. Une bonne table, une tranquillité, un saut au Crapaud et au mini centre d'achats du "centre-ville" ; puis quelques jours au chalet, en face d'un magnifique petit lac calme et limpide. Pédalo, VTT, marches, cueillette de bleuets et fraises sauvages, voilà ce qui a comblé mes trois derniers jours avec ma jolie.

Dimanche matin, on se lève de bonne heure. La maman et l’ami de coeur me font une fleur et m'amènent avec eux à Québec, eux qui partaient justement pour la Gaspésie. Dans la vieille Capitale, m'attendait mon meilleur ami Michel. Direction l'Île d'Orléans, on rejoint ses parents, sa copine Marie-Claude, la mère de Marie et sa tante. La dernière fois que j'avais mis les pieds sur cette magnifique île, c'était en cinquième année du primaire. J'étais content d'y retourner en si bonne compagnie. Quelques arrêts se sont imposés : chocolaterie, vignobles, cidrerie... Je me suis procuré un cidre de glace pomme-framboise et de la crème de cassis, un liquide qui me fait penser à de la grenadine. On s'arrête au Manoir Mauvide-Genest pour y déguster une table splendide. Au menu pour moi, terrine de gibier, petite salade avec quelques légumineuses et pousses fraîches (il y avait aussi un potage deux couleurs, c'était intrigant) et de l'oie. Michel, mon voisin de table, avait choisi du cerf rouge, qu'il a partagé avec moi. C'était tellement délicieux, j'en rêve encore. Quand le dessert est arrivé, un excellent petit morceau de gâteau, on apprend que le repas est une gracieuseté de la mère de Marie, pour festoyer les fiançailles des deux tourtereaux. Touchés, émus, on la remercie. Puis c'est le temps de partir. Direction maison de Michel et Marie, à Rivière-du-Loup!


Île d'Orléans




Vue de la maison de Michel, sur le fleuve...



Tout comme mon meilleur ami, je suis natif de Louiseville, qui s'est autrefois appelé Rivière-du-Loup d'en haut. Il aura donc habité les deux villes. Destin? Qui sait. On arrive tard, on discute, et on se couche. Durant les deux nuits que j'y ai passées, j'ai été réveillé une dizaine de fois par une sensation étrange que quelqu'un me jetait hors du lit. Mais j'ai pourtant bien dormi. Lundi, journée libre, j'enfourche le vélo de Marie pour me diriger vers l'Île Verte. C'est un petit village à 29 km à l'est de Rivière-du-Loup. Je m'y rends assez facilement, mais je m'aperçois que si je veux dîner avec Mitch, je dois repartir assez rapidement. Ce qui m'a pris 25 minutes pour me rendre me prend 1h20 pour revenir. Je n'avais jamais affronté un vent de face aussi puissant. Si j'arrêtais de pédaler, le vélo s'immobilisait complètement dans les cinq secondes. Debout sur les pédales, j'arrive tout de même à me rendre à destination, 30 minutes de retard. On dîne au Snack bar d'amours. Je reprends la route, visite la pointe de Rivière-du-Loup (là où on retrouve le traversier vers St-Siméon), et j'entre dans la ville. En tous les cas, Rivière-du-Loup, c'est côteux. Je stoppe le temps de prendre mes emails au café l'Innoncent, que j'ai beaucoup apprécié (même si c'était fermé, le proprio m'a donné le mot de passe pour que je puisse me connecter assis à l'une des tables à l'extérieur du café). J'arrive à me diriger grâce à une carte routière fournie par la charmante copine Marie-Claude, et je vais visiter les chutes. C'est un endroit extrêmement joli, paisible. J'y lis quelques minutes et je repars pour rejoindre Michel à son travail. On embarque le vélo dans la boîte du Ranger, et il décide de me faire visiter le coin. Notre-Dame-du-Portage, Kamouraska... c'est au-delà de toute description. La vue sur le fleuve est à couper le souffle. On voit les îles, le coucher de soleil malgré les nuages, l'eau qui scintille et qui rit. On arrête à la micro-brasserie Breughel pour quelques bières (malheureusement décevantes), chez Niemand pour un pain intégral fort intéressant (une boulangerie renommée, semble-t-il), puis môsieur me fait l'honneur et le plaisir de me laisser conduire son gros camion rouge jusqu'à chez lui. Excellent professeur, ça se passe comme un charme. Petite soirée à la maison, poulet-légumes-pommes de terre à la bière (pour passer ce qui reste de la bière brune de Michel qui n'est pas très bonne) au menu, on discute et discute encore. Retour au lit, et mardi matin se pointe.





Au moment d'écrire ses lignes, je suis dans l'autobus qui me ramène à la maison. Je suis à un kilomètre et demi de Cap St-Ignace, les nuages se tassent doucement. Mes vacances ne s'annonçaient pas du tout comme ça, et je suis heureux. D'avoir pu visiter Alma et voir la ville avec les yeux de ma copine, d'avoir revu mon si cher ami et sa trop charmante fiancée, d'être sorti de Montréal, ma belle, et de m'en ennuyer, un peu.

Oui, Bébé, oui Bonhomme, votre papa s'en vient. Et il s'ennuie.

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