vendredi 18 juillet 2008

Fantasia 2008, jour 8

Our Town

Un tueur en série sévit dans une petite ville de la Corée du Sud. Le sadique n'agresse que des femmes, qu'il attache ensuite en forme de croix. Kyeong-joo, écrivain sans contrat, rédige des romans policiers hyper violents pour exorciser ses pulsions et frustrations. À cause d'un autre retard dans le paiement de son loyer, Kyeong-joo est sous la menace de l'expulsion. Quand il s'aperçoit qu'on est entré dans son appartement (sûrement le serrurier qui a changé la serrure de sa porte, demande express de la propriétaire) et que quelqu'un a cassé le cadre de la photo de sa mère, il explose, et tue la proprio. Mais comme un tueur en série se promène en ville, pourquoi ne pas en profiter pour le copier et se débarrasser du cadavre? Le seul hic, c'est que le meilleur ami de l'écrivain, Jae-sin, est le détective qui s'occupe de l'enquête, et ça attire aussi l'attention du meurtrier...

Thriller sombre, voire parfois glauque dans son traitement de la psychologie du tueur, Our Town est un séjour efficace dans l'esprit d'un psychopathe. Les quelques flash d'imagination (Kyeong-joo imagine parfois comment il tuerait certaines personnes) et flashback sont habilement réalisés par un petit nouveau, Jung Gil-young, qui signe aussi l'histoire. Relativement fluide, le film réunit le meilleur du cinéma coréen moderne : drame policier, meurtres sadiques, traumatismes d'enfance, vengeance, critique sociale, étude psychologique... il ne manque que l'humour mordant et noir, typique de la Corée, pour compléter le portrait. Joute triangulaire mortelle, Our Town est à voir, pour ceux et celles qui, comme moi, apprécient le cinéma coréen.




Going By the Book

Certaines personnes sont de nature consciencieuses, perfectionnistes. J'en suis, du moins, un peu. Mais pour d'autres, c'est un mode de vie, voir un trait de personnalité indéniable, maladif, obsessif. C'est le cas du policier Jung Do-man. Ancien détective de la police de Sampo, petite ville de Corée bien aisée, il a été rétrogradé à la circulation après une enquête scandaleuse sur le gouverneur, qui n'a pas abouti. Un jour, Do-man intercepte une voiture qui a fait un virage à gauche interdit. C'est son nouveau supérieur, son chef de police, qui conduit. Ça ne change rien pour Do-man, qui lui colle tout de même une contravention. Quelques jours plus tard, le nouveau chef, devant le nombre effarant de vols de banque dans la ville, qui en regorge, décide de créer une simulation de vol, médiatisée, pour prouver à la population qu'elle est en sécurité et que la police fait très bien son travail. Le chef donne alors le rôle du voleur à Do-man, un peu pour l'humilier. Il lui dit de faire de son mieux, que ce soit le plus réaliste possible... de toute façon il se fera arrêter. Il est méticuleux, se dit-il? Alors voyons ce qu'il peut faire. Bien mal lui en prit. Comme il n'a pas spécifié où et quand Do-man se fera prendre, le policier ne se laissera pas faire si facilement. Étudiant la psychologie du voleur, les cartes des lieux, l'aménagement de la succursale, les caméras, Jung se prépare d'une façon extraordinaire, ce qui transforme cette petite simulation qui devait être pénarde en véritable "dog day afternoon".

Comédie policière enlevante, souvent hilarante, Going by the book est une très belle surprise de cette année. Comme le disait mon voisin de siège, le meilleur 8$ qu'il ait dépensé au festival. Tout y est pour se moquer du genre : policier un peu niais, homme sans faille, SWAT ridiculisée, et même un petit syndrome de Stockholm. Plus l'exercice avance, plus la situation dégénère. Dès le départ il y a un mort (simulé, bien sûr). La SWAT se coince dans le coffre-fort, sept autres victimes. On tente de tuer le voleur à l'aide de tireurs d'élite : on se trompe de cible. Même sa mère s'en mêle, sans véritable conséquence. Mis à part quelques invraisemblances (dont la scène où les otages prennent un autobus vers le port pour que le voleur puisse s'enfuir par bateau), on se délecte de ce film au rythme soutenu, cocasse, critique, sympathique. Un autre coup de coeur pour ma part.

1 commentaire:

  1. Les images des films semblent magnifiques, surtout Our Town, il va falloir que je commence à regarder du cinéma coréen :P

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