dimanche 13 juillet 2008

FanTasia 2008, jour 5

L : Change the World

SI VOUS N'AVEZ PAS VU LES DEUX PREMIERS FILMS DE LA SÉRIE, INTITULÉES DEATH NOTE ET DEATH NOTE : THE LAST NAME, JE VOUS PRIE DE NE PAS LIRE CE BILLET.

L: Change the World n'est pas une suite à proprement parler des films à succès Death Note et Death Note: The Last Name, mais plutôt ce qu'on appelle dans le jargon cinéatographique, un spin off, c'est-à-dire, un film basé sur un des personnages de la série. Ceux et celles qui ont vu les Death Note, spécialement la suite, savent (si vous ne savez pas, arrêtez la lecture! vous ne lises pas les titres en majuscule de ce blog ou quoi??) que le personnage de L (il est toujours temps d'arrêter la lecture... toujours là? bon d'accord...) décède d'une manière paisible, qu'il a lui-même écrit dans le fameux Cahier de la mort. Mais ça ne s'était pas fait automatiquement, rappelez-vous qu'il s'était donné 23 jours de sursis. Il résoudra alors, durant ce lapse de temps, une enquête mettant en scène des bioterroristes qui ont réussi à fusionner le virus d'Ebola et celui de la grippe, pour décimer la race humaine et redonner la terre à Mère Nature. Initialement, le film devait se passer avant la rencontre avec Light (Kira), quand L travaille avec Naomi Misora, brillant agent du FBI. Nous avons tout de même ce clin d'oeil, puisque le film débute de cette manière. Par la suite, certains flash nous ramène dans les Death Note, tout en continuant sur l'histoire principale de Change the World. Le rôle de Watari est beaucoup plus important dans ce spin off, étant un peu le père de tous ces agents spéciaux que l'on nomme par une lettre de l'alphabet. Le but du film, selon le réalisateur Hideo Nakata (Ringu, The Ring, Dark Waters...) voulait révéler le côté plus humain de L, qui n'avait pas été proprement exploré dans les deux films précédents.

Je dois avouer que les fans de Death Note seront âprement déçus de ce troisième volet. Malgré un budget plus important, des images souvent impeccables, plusieurs problèmes au niveau du rythme, un suspense absent, beaucoup de trous dans le scénario et l'absence totale du jeu d'esprit qui avait pourtant fait la renommée du personnage, déciment le plaisir que l'on a à retrouver L avant qu'il ne nous quitte pour de bon. Ken'ichi Matsuyama reprend le rôle de L avec méthode et plaisir, jouant un peu sur le grand guignol quand il tente de relever le dos pour marcher droit. Avec le choix d'explorer l'humanité de L, on tombe dans une comédie qui fait parfois rire, mais Light, Ryuk et Rem nous manquent beaucoup. Pour le peu de temps qu'ils sont à l'écran, il fait plaisir de revoir Tatsuya Fujiwara (Light) (mais surtout, surtout!!! aah qu'elle est belle...) Erika Toda (Misa Misa) pour de brèves apparitions.



Accuracy of Death

Vous aurez remarqué, chers lecteurs et lectrices, que jusqu'ici, je n'ai pas choisi les films les plus gore du répertoire FanTasia. En fait, je laisse ce créneau à mon cher frère. Accuracy of Death (de son titre Suwîto Rein: Shinigami No Seido, qui est traduit par les producteurs comme "Sweet Rain") ne fait pas exception. Je ne sais pas si j'étais dans un "mood" particulier en visionnant ce film, mais j'ai vraiment beaucoup apprécié la séance. Chiba est ce qu'on appelle un Grim Reaper, ou un Ange de la mort. Il vient sur terre, on lui donne des gens à observer et il décide s'il suspend ou prolonge la vie de ces personnes. Tout simple. Chiba fait d'ailleurs ce travail avec beaucoup de professionnalisme. Et il suspend la vie beaucoup plus souvent qu'il ne la prolonge, répondant un posé mais très comique "probable", quand on lui demande si, à son habitude, il choisira la mort plutôt que la vie. Mais ce qui est différent avec Chiba, c'est qu'il ne prend aucun plaisir à décider de la mort de quelqu'un. Au contraire, il est fasciné par les humains, il s'attache à eux. Il voue une fascination à la musique, la plus belle invention de l'homme, il passe donc ses temps libres dans les magasins de disques, à dodeliner de la tête sur tous les airs, de la pop mièvre à la musique classique. Son messager (que l'on pourrait un peu qualifier de Daemon, pour ceux et celles d'entre vous qui connaissent The Dark Materials) est un chien noir qui le suit partout, et avec qui il peut converser. Mais chaque fois que Chiba travaille, il pleut. Il n'a jamais vu de ciel bleu de son existence. Dans les années 80, il doit juger une jeune femme pour qui rien ne va. Pour ainsi dire, il serait peut-être mieux pour elle qu'elle soit au ciel que sur terre. Pourtant, Chiba en décide autrement, et chamboule l'existence de plusieurs personnes, dont la sienne, quand il revient en 2007, puis en 2028.

Basé sur le roman de Kotaro Isaka, Accuracy of Death est un film substentiel, simple et complexe à la fois, d'une étrange mais charmante beauté. L'oeuvre se questionne indirectement sur le point de vue "moral" du sort des mortels face à ceux qui peuvent les éliminer. Mais aussi sur la mort elle-même, sur la normalité des choses versus leur importance. Un peu comme le soleil dans le ciel ; sa présence est normale, banale, mais importante. La vie, la mort, banales mais importantes. C'est ce que Chiba finira par comprendre. La photographie et la réalisation de Masaya Kakei est pratiquement sans faille. Il reproduit trois époques distinctes, sans pourtant grands effets tape à l'oeil, et réussit avec brio à introduire des éléments surnaturels à une histoire romantico-ésotérico-dramati-comique.

Si vous m'aviez posé la question, il y a quelques jours, "David, quel est ton acteur préféré?", je vous aurais probablement répondu une dizaine de noms. Mais voilà, je crois que j'ai trouvé : Takeshi Kaneshiro. On avait pu admirer cet acteur à la gueule d'ange dans House of the Flying Daggers et dans Returner. Il fait, avec Accuracy of Death, un retour au cinéma après 6 ans d'absence. Et quel retour! Cet acteur est tout simplement magnifique dans son rôle hyper sympathique de l'Ange de la mort, dans son costard noir et sa cravate déserrée, ses gants blanc et son parapluie. Son visage est expressif, il semble prendre plaisir à tous les jeux de mots qu'il n'arrive pas à comprendre... il est presque candide et naïf, ce qui fait, avouons-le, changement devant les Reapers que l'on a pu voir au cinéma.

1 commentaire:

  1. J'ajoute Accuracy of Death à ma liste mentale de films à voir dans un futur quelconque, d'après ta description ça me semble excellent !

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