dimanche 6 juillet 2008

Fantasia 2008, jour 1

Deux films pour commencer mon Festival

Genius Party

Le Studio 4ºC, fondé au Japon en 1986 par trois animateurs de renom (Koji Moritomo, Elko Tanaka et Yoshiharu Sato) nous offre un collectif hors pair, inspiré et hallucinant. Sept courts par sept des plus originaux et inventifs créateurs dans le domaine de l’animation que le Japon a enfanté, Genius Party porte sûrement bien son nom. Terriblement diversifiés, les sept courts métrages nous proposent un voyage tout aussi hyperréaliste que psychédélique. La présentation nous propose en ouverture un drôle d’oiseau difforme qui se nourrit de coeurs créés par des têtes rocailleuses vivantes, qui poussent de la terre. Une fois gobé, le coeur donne l’énergie nécessaire à l'oiseau pour s'envoler. Puis les têtes un peu bizarres forment un tout pour créer une chaîne hétéroclite. On plonge ensuite dans l'univers de gentils zombies, dont l'un d'eux découvre une grenouille vivante, et avec l'aide d'amis, réussit à pousser le batracien dans un cyclone pour qu'il retourne chez lui. S'ensuit un bébé des plus ordinaires qui tombe de sa chambre vers un monde totalement surréaliste ; on émerge dans une réalité virtuelle intense et une réflexion ésotérico-existentialiste qui donne le vertige (ou la somnolence, dans mon cas) ; un jeune homme découvre qu'il arrive toujours après lui-même, comme s'il était en retard sur sa propre vie, et course contre ses doubles ; un jeune homme déménage et fuit, une journée et une nuit, avec sa plus vieille amie d'enfance pour retrouver en eux la folie d'autrefois (un anime très touchant, où qualité graphique et émotion font excellent ménage). Finalement, le dernier, intitulé Shanghai Dragon, nous présente un jeune garçon à la morve au nez qui, par un hasard étrange, découvre après qu'une météorite soit tombée dans la cour d'école, une espèce de coutelas qui lui permet de rendre réel ce qu'il dessine. Des aventuriers du futur débarquent alors pour recouvrir la chose et découvrent ce gamin qui pourrait être leur sauveur. Mais la simplicité de son esprit fait douter les soldats. Pastiche des films d'animation d'action et de style robotech, ce fut quand même une finale fort amusante. Merci à Éliane et Étienne qui m'ont accompagné.




[REC]

Coup de tête au départ, puis devenu coup de cœur, le film espagnol [REC] de Jaume Balagueró et Paco Plaza, est un petit bijou. Je ne suis pas fan des films d'horreur, mais celui-ci, je l'avoue, a été jouissif. Une jeune et jolie reporter, animatrice de While you are asleep (émission de télé qui présente ce qui se passe la nuit), fait un reportage sur les pompiers. On découvre la caserne, leurs occupations pendant qu’ils attendent (le souper, le dodo, le basket) puis la sirène retentit. On a entendu les cris d'une vieille dame seule, dans un appartement. On accourt, la jeune reporter et son cameraman Paco sur leurs talons. La vieille est au 2e. On défonce, on entre. Elle est debout, titubant, au milieu du salon. Puis sans crier gare, elle fonce sur un policier, lui arrache une partie du cou. Avec l'énergie du désespoir, on sépare la femme et l'homme, et on amène le blessé au rez-de-chaussée. C'est alors qu'on découvre que le building est scellé de l'extérieur. Mais qu'est-ce qui se passe? Et pourquoi ceux qui sont mordus se relèvent et deviennent férocement agressifs? On court partout, on tente de les abattre, de se réfugier. La panique est totale, autant sur l'écran que dans la salle - des filles criaient lors de scènes pourtant banales, pour évacuer la pression. On s'assoit sur le bout de notre siège pour tout de suite se recroqueviller à la limite de ce que notre dossier permet. C'est intense, on voit beaucoup mais on suggère tout autant, la caméra coupe, la lumière s'éteint, ça bouge, on veut voir mais en même temps on ne veut pas savoir. C'est vicieux, c'est terriblement angoissant, mais on ne peut s'en empêcher, il faut regarder - comme le dit la reporter : tourne tout, Paco, n'arrête jamais de tourner... Et quelle finale, aux images "vision de nuit", qui nous pousse dans une terreur déchirante et foutrement réaliste. Gagnant de deux prix Goya (les Oscar espagnols) et de beaucoup d'autres, tentez de le voir avant le remake américain (déjà tourné). J'ai adoré. Bravo à la comédienne Manuela Velasco et au directeur photo/comédien Paco Plaza.

Et merci à Étienne pour la passe VIP et le bon moment!

2 commentaires:

  1. "Bon moment", je veux bien... Mais j'aurais plutôt qualifié ça de "moment intense"!

    J'en suis encore tout retourné!!

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  2. héhéhé tu as raison là dessus... :P

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