lundi 21 juillet 2008

FanTasia 2008, dernière journée

"Enfin, on va pouvoir passer à autre chose", vous vous dites sûrement. Oui, je l'avoue, mais en attendant, voici les quatre derniers films que j'ai vus à FanTasia cette année.

Seven Days

Une brillante avocate, qui ne perd jamais, représente la plupart du temps des gangsters et des bandits. Elle est admirée. Elle est reconnue. Ce qui ne lui laisse que peu de temps à consacrer à sa fille, qu'elle adore pourtant. Elle a la chance de passer finalement une journée complète avec son enfant! Mais la petite disparaît. Le téléphone sonne chez l'avocate, on lui dit que si elle veut revoir sa fille vivante, elle doit faire libérer dans les 7 prochains jours un meurtrier supposément faussement accusé.

Seven Days n'est pas un film banal. En fait c'est un rollercoaster, un manège vertigineux. Grâce au montage et à la réalisation, on comprend maintenant ce que veux réellement dire "plonger dans l'action". En moins de cinq minutes, et je ne mens pas, on rencontre l'avocate, on assiste à la libération d'un mafieux, on fait la connaissance de la petite, il y a le kidnapping, l'appel, et la femme qui tente de semer la police... Bref, ça roule à vitesse TGV. Et ça ne s'arrête pas. Ce qui cause plusieurs problèmes à la compréhension du récit, plus complexe qu'il n'y paraît. Il y a quelques couleurs prédominantes, comme le vert et le jaune. La texture du film est un mélange de Seven (David Fincher) - surtout le générique, qui est fascinant - et de Domino (Tony Scott). Le rôle principal est confié à l'excellente Yunjin Kim, qui joue le rôle de Sun dans la télésérie Lost. Et encore une fois, les Américais préparent un remake... Je ne le répèterai jamais assez, voyez toujours les originaux avant...




4bia

-Une jeune femme clouée chez elle à cause d'un accident de voiture reçoit un message texte sur son cellulaire, de la part d'un inconnu. Elle entâme une conversation sur plusieurs jours avec l'homme, une relation qui dégénère.
-Un gang d'étudiants tabasse un garçon, car il est la cause de leur renvoi du lycée. Mais le jeune décide d'appeler à la magie noire pour se venger.
-Quatre garçons partent en rafting en pleine jungle, et se racontent des histoires de fantômes, le soir, pour se faire peur. Mais l'un d'eux se noit, et revient bizarrement au camp...
-Une hôtesse de l'air est dépêchée pour un vol spécial qui accomode une princesse. Tout de suite, les deux ne s'entendent pas du tout. Le lendemain, l'hôtesse apprend la mort de la princesse, et doit embarquer dans l'avion qui ramène le corps. Mais ce corps est hantée, et veut à l'hôtesse de l'air beaucoup, beaucoup de mal...

Quatre réalisateurs, quatre histoires d'horreur, quatre approches très différentes. Alors que le premier est sans dialogue (on ne lit que les texto), le second est très stylisé et gore à certains moments ; le troisième réalisateur arrive à s'amuser de ses propres films précédents et des clichés du cinéma d'horreur dans son court, et le dernier est typique, mais efficace. Bref, je crois que c'est le meilleur du cinéma thaïlandais que j'ai vu jusqu'ici. Ils sont assurément meilleurs dans les courts que dans les long métrages, qui parfois s'éternisent pour rien. 4bia, pour Phobia, contient multitudes de croisements entre chaque récit. Malgré leurs différences, il y a quelque chose d'homogène, de fluide, ce qui rend le visionnement très intéressant.




Sasori

Sasori est au départ une héroïne de manga, de Tôru Shinohara. Six films se sont inspirés de cette bande dessinée, dont plusieurs ont eu un succès incroyable au Japon. On suit dans les films les péripéties de Nami Matsushima, ou Matsu. Trahie par son amant, un policier corrompu, elle est enfermée à tort en prison et doit purger une peine. Dans l’enfer carcéral, la jeune femme blessée devient rebelle, au point qu’on la surnomme Sasori, le Scorpion... Dans les versions les plus mémorables, Meiko Kaji, l’actrice du mythique Lady Snowblood et icône du cinéma des années 70, incarnait ce personnage. Pour ce présent opus, on a modifié un peu le récit. Le policier est honnête. C'est Matsu qui est prise au piège par une bande de déglingués : soit qu'elle tue le père et la soeur de son amant, soit qu'elle voit son copain se faire tuer sous ses yeux. Alors qu'elle purge sa peine, elle apprend à se battre et devient une combattante féroce. Par une ruse sordide, elle réussit à sortir de prison, tombe sur un maître en arts martiaux, termine son apprentissage et part à la recherche du gang pour les exterminer. Elle apprend du même coup que son copain a perdu la mémoire. Est-ce une deuxième chance pour eux?

Ce film aurait pu être une réussite. Je dis bien "aurait pu". Mais c'est tellement grossier, voire même parfois ridicule, qu'on perd rapidement plaisir à regarder les péripéties de Matsu. Parfois, on se demande même si le film n'est pas pour ados libidineux : les prisonnières sont toujours en soutien gorge, et pas les plus chiches, on dirait une pub pour Lejaby. Les seins roulent, rebondissent, et les vêtements se font de plus en plus transparents. Bref dans la salle, on en riait plus qu'on en était excité. Les scènes de combat offrent quelques bons moments, mais absolument rien pour sauver le film, qui sombre dans une catastrophe décevante.

*Merci à www.cinempire.com




Hunting Grounds

Réalisé par le Québécois Éric Bilodeau, Hunting Grounds offre une histoire qui peut sembler bizarre, mais qui est finalement très intéressante. Dans un futur rapproché, les humains sont confinés dans des villes hermétiquement fermées pour aider la nature à reprendre sa place. On a conçu un monde de réalité virtuelle pour les gens qui voudraient s'évader dans la cambrousse. C'est un jeu mondial, un RPG plus vrai que nature. Mais quelques-uns d'entre eux voudraient bien sortir et chasser pour vrai, dans la forêt. Une occassion se présente... Pas très loin, au Saguenay, une expérience militaire tourne au cauchemar. Alors qu'un produit expérimental, qui aide à la regénérescence des tissus, se déverse dans un cimetière, les morts qui s'y reposaient s'éveillent.

Réflexion sur l'instinct du chasseur, sur les problématiques de l'environnement et les conneries humaines, le film de science-fiction et d'horreur Hunting Grounds a beaucoup de défauts - une réalisation et une direction d'acteurs un peu molles pour un film de ce genre, plans souvent mal cadrés (on perd la moitié de la tête des acteurs), une image toujours trop sombre, le choix de l'anglais comme langue principale, même si ce n'est définitivement pas la langue maternelle de certains acteurs - mais aussi des qualités : effets spéciaux numériques impressionnants pour un si petit budget, des idées constructives, intéressantes. C'est un projet ambitieux, qui a beaucoup de potentiel. Bravo tout de même à l'équipe de création et de production. Il paraît que ce n'est que la première partie d'une tétralogie, c'est à suivre...



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En bref

Un festival très intéressant, que j'ai beaucoup apprécié. J'ai malheureusement manqué plusieurs bons films, mais il faut faire des choix...

COUPS DE COEUR

[REC]
Going by the book
Accuracy of death

COUPS DE GUEULE

Be A Man! Samurai School
Epitaph
Sasori

3 commentaires:

  1. Concernant Hunting Grounds, je l'ai vu à Québec et le cadre était correct. J'ai mentionné la chose au réalisateur et il a affirmé que le film a été mal projeté, il y avait une partie du haut qui était coupée...

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  2. Commentaire très intéressant... alors nous devons assumer qu'il a été mal projeté... c'est dommage.

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  3. J'ai travaillé sur le film et je l'ai vu dans plusieurs conditions et c'est définitivement une erreur, la projection était également vraiment sombre, tu as raison sur ce point, encore là, bien que le film soit par moment sombre, c'était un mauvais ajustement. En passant, je crois que la projection a été "framée" sur 2027 qui est légèrement plus "wide". Faut dire que le projectionniste a du laisser l'espace au bas pour les sous-titres et trop couper en haut. Je crois qu'il faut également mentionner que Eric aime cadrer très serré. Sur 2027 aussi c'est lui qui était DOP. En passant, merci pour avoir pris le temps de faire un petit review, on a beaucoup apprécié la réaction du public :-)

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