mardi 29 juillet 2008

Mes vacances

Alors que je me préparais doucement à soigner une coléolite à Montréal lors de mes deux semaines vacancières sacrées, voilà qu'une décision de dernière minute me propulse vers le nord. Ma petite chérie partait pour son coin natal, Alma. Et finalement, j'avais sa bénédiction pour la suivre. Elle appelle le service Allo-Stop et on se programme un départ le mercredi matin, 6h, vers le calme et la tranquillité. Le matin venu, on se pointe au rendez-vous. Une voiture bleue et ses occupants, deux frères, nous cueillent. C'est le départ. Personnellement, les transports, ça m'endort, pratiquement sans exception. Je sombre dans les bras de Morphée pendant, ce qui me semble, quelques minutes, et j'ouvre les yeux : on est déjà à Québec! Je regarde ma douce, un peu sous le choc. Elle me glisse à l'oreille que nous avons atteint à quelques reprises, les 170 km/h. Surpris, je me promets de ne plus de rendormir. Juste avant d'entrer dans le fameux parc des Laurentides, on s'arrête chez McDo. Je choisis plutôt le petit dépanneur juste à côté. Muffins, jus, chocolat au lait. Le classique, quoi. On repart, on évite les travaux, et...

En grimpant une côte, à environ 20 minutes de Chicoutimi/Laterrière, le moteur fait des siennes. Vrombissement, coups, lumière de l'huile qui allume et décision du chauffeur de se garer sur le bas côté. Il ouvre le capot, petite inspection : plus une goutte d'huile dans le moteur. Ce qui est surprenant, selon lui, puisqu'il en avait ajouté l'avant-veille. On en déduit qu'une fuite majeure est arrivée. L'un des deux frères part vers l'avant, à pied, pour trouver un chantier ou un garage. Donc, vous imaginez, l'avance que nous avions prise s'est volatilisée comme beurre d'érable dans mon garde-manger (croyez-moi, c'est un excellent exemple). Un camion de dépannage finit par rappliquer. On hisse la voiture qui ne répond plus sur la plateforme, et le garagiste nous fait signe, à ma jolie et à moi, de le suivre, loin du camion. Avec un "venez, je veux vous parler", je croyais dur comme fer qu'il allait nous dire qu'il avait peur des deux garçons, qu'on était en danger de mort. Je lui pose donc la question : pour reculer si loin? Il nous répond bête comme ses deux pieds que c'est pour notre sécurité. Sécurité... que je dis... Il nous lance : ben oui, sûrement pas les orignaux des arbres, c'est les chars qui sont dangereux! Même si je suis d'accord, ça fait quand même une heure que nous sommes là, bien vivants! Jusqu'à ce que je comprenne qu'il ne fera pas venir une voiture du garage pour nous y amener, mais bien nous "flyer" une automobile qui passe. On est chanceux, une Vibe s'arrête. La dépanneuse est déjà partie, on embarque. Deux joyeux lurons nous souhaitent bonjour. On entame la conversation, ce fut extrêmement plaisant. Ce qui m'embêtait par contre, c'était de ne plus voir le camion, est par conséquent, ne plus voir nos bagages, encore dans le coffre de la voiture. On cherche un peu les environs, mais on ne trouve pas de garage. En faisant demi-tour, pensant être passé devant sans l'avoir vu, j'appelle une amie du coin, qui m'indique finalement le bon endroit (merci Marie-Hélène!!). On s'y rend, on retrouve les frérots et nos bagages, puis la maman et la grand-maman arrivent pour nous cueillir.

C'est la première fois que je rencontrais la mère de ma copine. Ce ne fut pas un aussi grand choc que je ne l'aurais cru. J'imagine qu'avec le temps et l'expérience, on devient plus confiant. Petit dîner chez Tim Horton, et on dirige vers Alma. En compagnie de la maman et du chum de celle-ci, j'y ai passé de très agréables moments. Une bonne table, une tranquillité, un saut au Crapaud et au mini centre d'achats du "centre-ville" ; puis quelques jours au chalet, en face d'un magnifique petit lac calme et limpide. Pédalo, VTT, marches, cueillette de bleuets et fraises sauvages, voilà ce qui a comblé mes trois derniers jours avec ma jolie.

Dimanche matin, on se lève de bonne heure. La maman et l’ami de coeur me font une fleur et m'amènent avec eux à Québec, eux qui partaient justement pour la Gaspésie. Dans la vieille Capitale, m'attendait mon meilleur ami Michel. Direction l'Île d'Orléans, on rejoint ses parents, sa copine Marie-Claude, la mère de Marie et sa tante. La dernière fois que j'avais mis les pieds sur cette magnifique île, c'était en cinquième année du primaire. J'étais content d'y retourner en si bonne compagnie. Quelques arrêts se sont imposés : chocolaterie, vignobles, cidrerie... Je me suis procuré un cidre de glace pomme-framboise et de la crème de cassis, un liquide qui me fait penser à de la grenadine. On s'arrête au Manoir Mauvide-Genest pour y déguster une table splendide. Au menu pour moi, terrine de gibier, petite salade avec quelques légumineuses et pousses fraîches (il y avait aussi un potage deux couleurs, c'était intrigant) et de l'oie. Michel, mon voisin de table, avait choisi du cerf rouge, qu'il a partagé avec moi. C'était tellement délicieux, j'en rêve encore. Quand le dessert est arrivé, un excellent petit morceau de gâteau, on apprend que le repas est une gracieuseté de la mère de Marie, pour festoyer les fiançailles des deux tourtereaux. Touchés, émus, on la remercie. Puis c'est le temps de partir. Direction maison de Michel et Marie, à Rivière-du-Loup!


Île d'Orléans




Vue de la maison de Michel, sur le fleuve...



Tout comme mon meilleur ami, je suis natif de Louiseville, qui s'est autrefois appelé Rivière-du-Loup d'en haut. Il aura donc habité les deux villes. Destin? Qui sait. On arrive tard, on discute, et on se couche. Durant les deux nuits que j'y ai passées, j'ai été réveillé une dizaine de fois par une sensation étrange que quelqu'un me jetait hors du lit. Mais j'ai pourtant bien dormi. Lundi, journée libre, j'enfourche le vélo de Marie pour me diriger vers l'Île Verte. C'est un petit village à 29 km à l'est de Rivière-du-Loup. Je m'y rends assez facilement, mais je m'aperçois que si je veux dîner avec Mitch, je dois repartir assez rapidement. Ce qui m'a pris 25 minutes pour me rendre me prend 1h20 pour revenir. Je n'avais jamais affronté un vent de face aussi puissant. Si j'arrêtais de pédaler, le vélo s'immobilisait complètement dans les cinq secondes. Debout sur les pédales, j'arrive tout de même à me rendre à destination, 30 minutes de retard. On dîne au Snack bar d'amours. Je reprends la route, visite la pointe de Rivière-du-Loup (là où on retrouve le traversier vers St-Siméon), et j'entre dans la ville. En tous les cas, Rivière-du-Loup, c'est côteux. Je stoppe le temps de prendre mes emails au café l'Innoncent, que j'ai beaucoup apprécié (même si c'était fermé, le proprio m'a donné le mot de passe pour que je puisse me connecter assis à l'une des tables à l'extérieur du café). J'arrive à me diriger grâce à une carte routière fournie par la charmante copine Marie-Claude, et je vais visiter les chutes. C'est un endroit extrêmement joli, paisible. J'y lis quelques minutes et je repars pour rejoindre Michel à son travail. On embarque le vélo dans la boîte du Ranger, et il décide de me faire visiter le coin. Notre-Dame-du-Portage, Kamouraska... c'est au-delà de toute description. La vue sur le fleuve est à couper le souffle. On voit les îles, le coucher de soleil malgré les nuages, l'eau qui scintille et qui rit. On arrête à la micro-brasserie Breughel pour quelques bières (malheureusement décevantes), chez Niemand pour un pain intégral fort intéressant (une boulangerie renommée, semble-t-il), puis môsieur me fait l'honneur et le plaisir de me laisser conduire son gros camion rouge jusqu'à chez lui. Excellent professeur, ça se passe comme un charme. Petite soirée à la maison, poulet-légumes-pommes de terre à la bière (pour passer ce qui reste de la bière brune de Michel qui n'est pas très bonne) au menu, on discute et discute encore. Retour au lit, et mardi matin se pointe.





Au moment d'écrire ses lignes, je suis dans l'autobus qui me ramène à la maison. Je suis à un kilomètre et demi de Cap St-Ignace, les nuages se tassent doucement. Mes vacances ne s'annonçaient pas du tout comme ça, et je suis heureux. D'avoir pu visiter Alma et voir la ville avec les yeux de ma copine, d'avoir revu mon si cher ami et sa trop charmante fiancée, d'être sorti de Montréal, ma belle, et de m'en ennuyer, un peu.

Oui, Bébé, oui Bonhomme, votre papa s'en vient. Et il s'ennuie.

lundi 21 juillet 2008

FanTasia 2008, dernière journée

"Enfin, on va pouvoir passer à autre chose", vous vous dites sûrement. Oui, je l'avoue, mais en attendant, voici les quatre derniers films que j'ai vus à FanTasia cette année.

Seven Days

Une brillante avocate, qui ne perd jamais, représente la plupart du temps des gangsters et des bandits. Elle est admirée. Elle est reconnue. Ce qui ne lui laisse que peu de temps à consacrer à sa fille, qu'elle adore pourtant. Elle a la chance de passer finalement une journée complète avec son enfant! Mais la petite disparaît. Le téléphone sonne chez l'avocate, on lui dit que si elle veut revoir sa fille vivante, elle doit faire libérer dans les 7 prochains jours un meurtrier supposément faussement accusé.

Seven Days n'est pas un film banal. En fait c'est un rollercoaster, un manège vertigineux. Grâce au montage et à la réalisation, on comprend maintenant ce que veux réellement dire "plonger dans l'action". En moins de cinq minutes, et je ne mens pas, on rencontre l'avocate, on assiste à la libération d'un mafieux, on fait la connaissance de la petite, il y a le kidnapping, l'appel, et la femme qui tente de semer la police... Bref, ça roule à vitesse TGV. Et ça ne s'arrête pas. Ce qui cause plusieurs problèmes à la compréhension du récit, plus complexe qu'il n'y paraît. Il y a quelques couleurs prédominantes, comme le vert et le jaune. La texture du film est un mélange de Seven (David Fincher) - surtout le générique, qui est fascinant - et de Domino (Tony Scott). Le rôle principal est confié à l'excellente Yunjin Kim, qui joue le rôle de Sun dans la télésérie Lost. Et encore une fois, les Américais préparent un remake... Je ne le répèterai jamais assez, voyez toujours les originaux avant...




4bia

-Une jeune femme clouée chez elle à cause d'un accident de voiture reçoit un message texte sur son cellulaire, de la part d'un inconnu. Elle entâme une conversation sur plusieurs jours avec l'homme, une relation qui dégénère.
-Un gang d'étudiants tabasse un garçon, car il est la cause de leur renvoi du lycée. Mais le jeune décide d'appeler à la magie noire pour se venger.
-Quatre garçons partent en rafting en pleine jungle, et se racontent des histoires de fantômes, le soir, pour se faire peur. Mais l'un d'eux se noit, et revient bizarrement au camp...
-Une hôtesse de l'air est dépêchée pour un vol spécial qui accomode une princesse. Tout de suite, les deux ne s'entendent pas du tout. Le lendemain, l'hôtesse apprend la mort de la princesse, et doit embarquer dans l'avion qui ramène le corps. Mais ce corps est hantée, et veut à l'hôtesse de l'air beaucoup, beaucoup de mal...

Quatre réalisateurs, quatre histoires d'horreur, quatre approches très différentes. Alors que le premier est sans dialogue (on ne lit que les texto), le second est très stylisé et gore à certains moments ; le troisième réalisateur arrive à s'amuser de ses propres films précédents et des clichés du cinéma d'horreur dans son court, et le dernier est typique, mais efficace. Bref, je crois que c'est le meilleur du cinéma thaïlandais que j'ai vu jusqu'ici. Ils sont assurément meilleurs dans les courts que dans les long métrages, qui parfois s'éternisent pour rien. 4bia, pour Phobia, contient multitudes de croisements entre chaque récit. Malgré leurs différences, il y a quelque chose d'homogène, de fluide, ce qui rend le visionnement très intéressant.




Sasori

Sasori est au départ une héroïne de manga, de Tôru Shinohara. Six films se sont inspirés de cette bande dessinée, dont plusieurs ont eu un succès incroyable au Japon. On suit dans les films les péripéties de Nami Matsushima, ou Matsu. Trahie par son amant, un policier corrompu, elle est enfermée à tort en prison et doit purger une peine. Dans l’enfer carcéral, la jeune femme blessée devient rebelle, au point qu’on la surnomme Sasori, le Scorpion... Dans les versions les plus mémorables, Meiko Kaji, l’actrice du mythique Lady Snowblood et icône du cinéma des années 70, incarnait ce personnage. Pour ce présent opus, on a modifié un peu le récit. Le policier est honnête. C'est Matsu qui est prise au piège par une bande de déglingués : soit qu'elle tue le père et la soeur de son amant, soit qu'elle voit son copain se faire tuer sous ses yeux. Alors qu'elle purge sa peine, elle apprend à se battre et devient une combattante féroce. Par une ruse sordide, elle réussit à sortir de prison, tombe sur un maître en arts martiaux, termine son apprentissage et part à la recherche du gang pour les exterminer. Elle apprend du même coup que son copain a perdu la mémoire. Est-ce une deuxième chance pour eux?

Ce film aurait pu être une réussite. Je dis bien "aurait pu". Mais c'est tellement grossier, voire même parfois ridicule, qu'on perd rapidement plaisir à regarder les péripéties de Matsu. Parfois, on se demande même si le film n'est pas pour ados libidineux : les prisonnières sont toujours en soutien gorge, et pas les plus chiches, on dirait une pub pour Lejaby. Les seins roulent, rebondissent, et les vêtements se font de plus en plus transparents. Bref dans la salle, on en riait plus qu'on en était excité. Les scènes de combat offrent quelques bons moments, mais absolument rien pour sauver le film, qui sombre dans une catastrophe décevante.

*Merci à www.cinempire.com




Hunting Grounds

Réalisé par le Québécois Éric Bilodeau, Hunting Grounds offre une histoire qui peut sembler bizarre, mais qui est finalement très intéressante. Dans un futur rapproché, les humains sont confinés dans des villes hermétiquement fermées pour aider la nature à reprendre sa place. On a conçu un monde de réalité virtuelle pour les gens qui voudraient s'évader dans la cambrousse. C'est un jeu mondial, un RPG plus vrai que nature. Mais quelques-uns d'entre eux voudraient bien sortir et chasser pour vrai, dans la forêt. Une occassion se présente... Pas très loin, au Saguenay, une expérience militaire tourne au cauchemar. Alors qu'un produit expérimental, qui aide à la regénérescence des tissus, se déverse dans un cimetière, les morts qui s'y reposaient s'éveillent.

Réflexion sur l'instinct du chasseur, sur les problématiques de l'environnement et les conneries humaines, le film de science-fiction et d'horreur Hunting Grounds a beaucoup de défauts - une réalisation et une direction d'acteurs un peu molles pour un film de ce genre, plans souvent mal cadrés (on perd la moitié de la tête des acteurs), une image toujours trop sombre, le choix de l'anglais comme langue principale, même si ce n'est définitivement pas la langue maternelle de certains acteurs - mais aussi des qualités : effets spéciaux numériques impressionnants pour un si petit budget, des idées constructives, intéressantes. C'est un projet ambitieux, qui a beaucoup de potentiel. Bravo tout de même à l'équipe de création et de production. Il paraît que ce n'est que la première partie d'une tétralogie, c'est à suivre...



_______________________________



En bref

Un festival très intéressant, que j'ai beaucoup apprécié. J'ai malheureusement manqué plusieurs bons films, mais il faut faire des choix...

COUPS DE COEUR

[REC]
Going by the book
Accuracy of death

COUPS DE GUEULE

Be A Man! Samurai School
Epitaph
Sasori

vendredi 18 juillet 2008

Fantasia 2008, jour 8

Our Town

Un tueur en série sévit dans une petite ville de la Corée du Sud. Le sadique n'agresse que des femmes, qu'il attache ensuite en forme de croix. Kyeong-joo, écrivain sans contrat, rédige des romans policiers hyper violents pour exorciser ses pulsions et frustrations. À cause d'un autre retard dans le paiement de son loyer, Kyeong-joo est sous la menace de l'expulsion. Quand il s'aperçoit qu'on est entré dans son appartement (sûrement le serrurier qui a changé la serrure de sa porte, demande express de la propriétaire) et que quelqu'un a cassé le cadre de la photo de sa mère, il explose, et tue la proprio. Mais comme un tueur en série se promène en ville, pourquoi ne pas en profiter pour le copier et se débarrasser du cadavre? Le seul hic, c'est que le meilleur ami de l'écrivain, Jae-sin, est le détective qui s'occupe de l'enquête, et ça attire aussi l'attention du meurtrier...

Thriller sombre, voire parfois glauque dans son traitement de la psychologie du tueur, Our Town est un séjour efficace dans l'esprit d'un psychopathe. Les quelques flash d'imagination (Kyeong-joo imagine parfois comment il tuerait certaines personnes) et flashback sont habilement réalisés par un petit nouveau, Jung Gil-young, qui signe aussi l'histoire. Relativement fluide, le film réunit le meilleur du cinéma coréen moderne : drame policier, meurtres sadiques, traumatismes d'enfance, vengeance, critique sociale, étude psychologique... il ne manque que l'humour mordant et noir, typique de la Corée, pour compléter le portrait. Joute triangulaire mortelle, Our Town est à voir, pour ceux et celles qui, comme moi, apprécient le cinéma coréen.




Going By the Book

Certaines personnes sont de nature consciencieuses, perfectionnistes. J'en suis, du moins, un peu. Mais pour d'autres, c'est un mode de vie, voir un trait de personnalité indéniable, maladif, obsessif. C'est le cas du policier Jung Do-man. Ancien détective de la police de Sampo, petite ville de Corée bien aisée, il a été rétrogradé à la circulation après une enquête scandaleuse sur le gouverneur, qui n'a pas abouti. Un jour, Do-man intercepte une voiture qui a fait un virage à gauche interdit. C'est son nouveau supérieur, son chef de police, qui conduit. Ça ne change rien pour Do-man, qui lui colle tout de même une contravention. Quelques jours plus tard, le nouveau chef, devant le nombre effarant de vols de banque dans la ville, qui en regorge, décide de créer une simulation de vol, médiatisée, pour prouver à la population qu'elle est en sécurité et que la police fait très bien son travail. Le chef donne alors le rôle du voleur à Do-man, un peu pour l'humilier. Il lui dit de faire de son mieux, que ce soit le plus réaliste possible... de toute façon il se fera arrêter. Il est méticuleux, se dit-il? Alors voyons ce qu'il peut faire. Bien mal lui en prit. Comme il n'a pas spécifié où et quand Do-man se fera prendre, le policier ne se laissera pas faire si facilement. Étudiant la psychologie du voleur, les cartes des lieux, l'aménagement de la succursale, les caméras, Jung se prépare d'une façon extraordinaire, ce qui transforme cette petite simulation qui devait être pénarde en véritable "dog day afternoon".

Comédie policière enlevante, souvent hilarante, Going by the book est une très belle surprise de cette année. Comme le disait mon voisin de siège, le meilleur 8$ qu'il ait dépensé au festival. Tout y est pour se moquer du genre : policier un peu niais, homme sans faille, SWAT ridiculisée, et même un petit syndrome de Stockholm. Plus l'exercice avance, plus la situation dégénère. Dès le départ il y a un mort (simulé, bien sûr). La SWAT se coince dans le coffre-fort, sept autres victimes. On tente de tuer le voleur à l'aide de tireurs d'élite : on se trompe de cible. Même sa mère s'en mêle, sans véritable conséquence. Mis à part quelques invraisemblances (dont la scène où les otages prennent un autobus vers le port pour que le voleur puisse s'enfuir par bateau), on se délecte de ce film au rythme soutenu, cocasse, critique, sympathique. Un autre coup de coeur pour ma part.

jeudi 17 juillet 2008

FanTasia 2008, jour 7

The Rebel

Rarement on peut admirer, au Québec, ce genre de film – Merci FanTasia ! Production vietnamienne, The Rebel (Dòng Máu Anh Hùng, ou Heroic Blood) est l’histoire d’un agent vietnamien, Cuong, à la solde de l’occupation française (on est en 1922), qui lutte contre les rebelles, ses compatriotes, chez qui il a fait couler trop de sang. L’alcool n’endort plus ses blessures, ni les putes, et il remet tout à coup sa loyauté en question. Un jour, lors d’une tentative d’assassinat d’un consul français, le cruel Sy mais la main sur la fille du commandant des rebelles. C’est l’élément déclencheur qu’il fallait pour Cuong, qui met tout en branle. Il aide la jeune femme à s’évader et s’enfuit avec elle. Ils passeront par un camp de travaux forcés pour arriver dans le village de la jeune femme, où ils se feront coincer par la milice de Sy.

Finaliste lors du Los Angeles Asian Pacific Film Festival de 2007, The Rebel est au départ un film politique, traitant d’esclavage, de révolution, de liberté. Les Vietnamiens ne nient pas, dans ce film, ce que les Français leur ont apporté : modernité, routes, cités. Mais ils sont aussi un peuple, et non pas du bétail à la solde de la France. L’occupation française doit cesser. On peut même faire des liens avec l’occupation américaine, en Asie, ces derniers temps. Mais c’est aussi un film d’action parfois intense, où combat au couteau, fusillades, explosions et arts martiaux sont extrêmement bien chorégraphiés, coordonnés. Certains mouvements sont parfois surprenants, faisant la satisfaction du public qui s’est exclamé à quelques reprises. Johnny Nguyen et Than Van Ngo forment un couple magnifique, mais un peu forcé. La scène d'amour est d'ailleurs un peu trop romantico-sensuelle pour l'esprit du film et la situation dans laquelle sont les deux protagonistes. Côté réalisation, le tout est assez classique, même déjà vu. C’est probablement ce qu’on peut reprocher de pire au film, qui possède quand même plusieurs qualités indéniables. L’équipe de production a saturé les couleurs, voulant donner un cachet vieillot au film, jusqu’à un semblant d’image carte postale lors des flashback. Pas un grand film, mais un film bien dosé qui se regarde très bien.


mercredi 16 juillet 2008

One, two, three, four...

...I love counting, counting to the number 4...

Parce que j'aime Feist, parce que j'aime Sesame Street, parce que c'est juste trop mignon les deux ensemble...

(merci à showbizz.net)

mardi 15 juillet 2008

Je suis trop sensible...

Oui, définitivement, je suis un homme trop sensible. La dernière fois que j'ai pleuré au travail, c'était en 1997, quand je lisais Le Petit Prince en attendant les journalistes de Radio-Canada, dans mon petit studio de montage.

Mais voilà qu'aujourd'hui, j'ai la larme à l'oeil en visualisant 2 vidéos (tirés du site de Dominic Arpin, www.dominicarpin.ca)

Le premier, c'est l'histoire de deux Anglais qui avaient adopté un lionceau. Trop gros pour le garder, ils doivent le remettre en liberté, dans un parc national en Afrique. Quelques temps plus tard, les deux hommes décident d'aller le revoir.

Que j'aimerais avoir un chat comme ca...



Puis il y a Matt. Qui ne connait pas Matt Harding, celui qui danse un peu partout à travers le monde. Voilà qu'il a visité 42 pays durant 14 mois pour concocter ce vidéo. C'est le plus absurde mais aussi le plus beau message de paix que je n'ai jamais vu.

Enjoy.

PS Montréal est dans le lot !!

PPS dispo ici en haute résolution : http://www.vimeo.com/1211060?pg=embed&sec=1211060

lundi 14 juillet 2008

FanTasia 2008, jour 6

Thème de la journée : adaptation de roman style mangaaaa!!

The Chasing World

Une étrange épidémie de morts (accidentelles ou suicides) dévaste les îles du Japon. Toutes les personnes qui portent le nom de Sato sont touchées. Tsubasa Sato ne s'en fait pas trop avec ça, de toute façon, il a d'autres ennuis : un de ces anciens amis, qui travaille maintenant pour la pègre niponne, lui court après pour lui faire du mal, son père est un alcoolo fini et sa soeur est pratiquement cathatonique dans un hôpital psychiatrique - où elle se fait bassement abuser par un vieux docteur (un spectateur a crié "pervers!!" sur le coup de l'émotion lors de la séance). Mais Sato a un atout : il sait courir, et arrive à s'échaper de n'importe quelle situation, par des prouesses surprenantes. Alors qu'il est pris au piège dans un parc par la bande de mécréants, il se transporte dans un monde parallèle, où ses amis ne sont plus les mêmes, où sa soeur est vivante et bien marchante, où son père est un ancien rebelle, et où un mystérieux Roi masqué a ouvert un jeu de chasse mortelle contre tous les Sato, employant des hommes masqués pour tuer impitoyablement les personnes ayant le fameux nom. Notre ami est dans leur colimateur, il faut courir! (et sauver sa soeur, et son ami, démasquer le roi, et tomber sous le charme d'une journaliste ambitieuse).

Adaptation du roman de Yusuke Yamada, The Chasing World est un croisement entre The Running Man de Stephen King, d'hsitoires sous-Philip K. Dick, de Star Wars et un épisode raté d'une émission quétaine de science fiction. La caméra utilisée est définitivement de type numérique (même si la projection est en 35 mm), mais on finit par s'habituer à l'image qui balance entre l' "amateur" et le "court métrage". Et le film porte bien son nom : on y court, à toute jambe et longtemps. Décors de jeux vidéo, musique classique, on flirte avec le pastiche et le film d'action low budget, mais rien ici pour satisfaire vraiment notre appétit. Et surtout pas la fin, où notre supposé héros s'aperçoit qu'il existe plusieurs mondes parallèles. Très cliché.




Be A Man! Samurai School

Alors que je m'attendais à un film dramatique, intense, sur une école millénaire secrète où les plus grands Japonais ont étudié, à un film sur le retour aux traditions ancestrales et les valeurs du guerrier nipon, j'avais tout faux. Be A Man! est une adaptation d'un manga populaire où l'on suit les déboires du très peu sympathique Hidemano, qui est obligé de fréquenter l'école Otoko-juku, pour l'honneur de sa famille. À côté de Momo, mystérieux guerrier à la force surhumaine, et d'autres camarades de classe, il fait piètre figure. L'école est soudainement au prise avec un ancien élève renvoyé, qui défit le directeur, dans le Triple Death Combat (un combat à mort dans des situations impossibles) entre 6 guerriers, trois de chaque côté. Malgré tout, Hidemano tire son épingle du jeu en soulevant un drapeau de 300 kilo à lui tout seul (!!) pour encourager les participants.

Comédie loufoque et burlesque, se moquant d'à peu près tous les clichés des films d'action japonais, c'est un film d'une absurdité incontestable. Aucun réalisme, on aurait carrément pu remplacer les images par des cases de bandes dessinées. Les personnages les plus intéressants ont deux facettes ou moins, les gags sont à moitié réussis ou alors déjà vu (le guerrier au sabre qui coupe tout, le directeur qui se présente et fracasse tout ce qui est alentour de sa seule voix, le professeur qui sort de la 2e guerre mondiale, barbe fournie, casquette sudiste et matraque, etc). Les scènes de martyr (un élève est assis dans un bain d'huile bouillant, un autre soutient un rocher pour ne pas qu'un autre détenu se fasse fracasser le crâne), sont présentés et expliqués comme dans une encyclopédie (peut-être les moments les plus réussis du film)... Même les scènes de combat font piètre figure, et on tombe dans un ennui morbide dès la moitié de la séance. Dommage, ça promettait davantage dans ma tête que sur l'écran.

dimanche 13 juillet 2008

FanTasia 2008, jour 5

L : Change the World

SI VOUS N'AVEZ PAS VU LES DEUX PREMIERS FILMS DE LA SÉRIE, INTITULÉES DEATH NOTE ET DEATH NOTE : THE LAST NAME, JE VOUS PRIE DE NE PAS LIRE CE BILLET.

L: Change the World n'est pas une suite à proprement parler des films à succès Death Note et Death Note: The Last Name, mais plutôt ce qu'on appelle dans le jargon cinéatographique, un spin off, c'est-à-dire, un film basé sur un des personnages de la série. Ceux et celles qui ont vu les Death Note, spécialement la suite, savent (si vous ne savez pas, arrêtez la lecture! vous ne lises pas les titres en majuscule de ce blog ou quoi??) que le personnage de L (il est toujours temps d'arrêter la lecture... toujours là? bon d'accord...) décède d'une manière paisible, qu'il a lui-même écrit dans le fameux Cahier de la mort. Mais ça ne s'était pas fait automatiquement, rappelez-vous qu'il s'était donné 23 jours de sursis. Il résoudra alors, durant ce lapse de temps, une enquête mettant en scène des bioterroristes qui ont réussi à fusionner le virus d'Ebola et celui de la grippe, pour décimer la race humaine et redonner la terre à Mère Nature. Initialement, le film devait se passer avant la rencontre avec Light (Kira), quand L travaille avec Naomi Misora, brillant agent du FBI. Nous avons tout de même ce clin d'oeil, puisque le film débute de cette manière. Par la suite, certains flash nous ramène dans les Death Note, tout en continuant sur l'histoire principale de Change the World. Le rôle de Watari est beaucoup plus important dans ce spin off, étant un peu le père de tous ces agents spéciaux que l'on nomme par une lettre de l'alphabet. Le but du film, selon le réalisateur Hideo Nakata (Ringu, The Ring, Dark Waters...) voulait révéler le côté plus humain de L, qui n'avait pas été proprement exploré dans les deux films précédents.

Je dois avouer que les fans de Death Note seront âprement déçus de ce troisième volet. Malgré un budget plus important, des images souvent impeccables, plusieurs problèmes au niveau du rythme, un suspense absent, beaucoup de trous dans le scénario et l'absence totale du jeu d'esprit qui avait pourtant fait la renommée du personnage, déciment le plaisir que l'on a à retrouver L avant qu'il ne nous quitte pour de bon. Ken'ichi Matsuyama reprend le rôle de L avec méthode et plaisir, jouant un peu sur le grand guignol quand il tente de relever le dos pour marcher droit. Avec le choix d'explorer l'humanité de L, on tombe dans une comédie qui fait parfois rire, mais Light, Ryuk et Rem nous manquent beaucoup. Pour le peu de temps qu'ils sont à l'écran, il fait plaisir de revoir Tatsuya Fujiwara (Light) (mais surtout, surtout!!! aah qu'elle est belle...) Erika Toda (Misa Misa) pour de brèves apparitions.



Accuracy of Death

Vous aurez remarqué, chers lecteurs et lectrices, que jusqu'ici, je n'ai pas choisi les films les plus gore du répertoire FanTasia. En fait, je laisse ce créneau à mon cher frère. Accuracy of Death (de son titre Suwîto Rein: Shinigami No Seido, qui est traduit par les producteurs comme "Sweet Rain") ne fait pas exception. Je ne sais pas si j'étais dans un "mood" particulier en visionnant ce film, mais j'ai vraiment beaucoup apprécié la séance. Chiba est ce qu'on appelle un Grim Reaper, ou un Ange de la mort. Il vient sur terre, on lui donne des gens à observer et il décide s'il suspend ou prolonge la vie de ces personnes. Tout simple. Chiba fait d'ailleurs ce travail avec beaucoup de professionnalisme. Et il suspend la vie beaucoup plus souvent qu'il ne la prolonge, répondant un posé mais très comique "probable", quand on lui demande si, à son habitude, il choisira la mort plutôt que la vie. Mais ce qui est différent avec Chiba, c'est qu'il ne prend aucun plaisir à décider de la mort de quelqu'un. Au contraire, il est fasciné par les humains, il s'attache à eux. Il voue une fascination à la musique, la plus belle invention de l'homme, il passe donc ses temps libres dans les magasins de disques, à dodeliner de la tête sur tous les airs, de la pop mièvre à la musique classique. Son messager (que l'on pourrait un peu qualifier de Daemon, pour ceux et celles d'entre vous qui connaissent The Dark Materials) est un chien noir qui le suit partout, et avec qui il peut converser. Mais chaque fois que Chiba travaille, il pleut. Il n'a jamais vu de ciel bleu de son existence. Dans les années 80, il doit juger une jeune femme pour qui rien ne va. Pour ainsi dire, il serait peut-être mieux pour elle qu'elle soit au ciel que sur terre. Pourtant, Chiba en décide autrement, et chamboule l'existence de plusieurs personnes, dont la sienne, quand il revient en 2007, puis en 2028.

Basé sur le roman de Kotaro Isaka, Accuracy of Death est un film substentiel, simple et complexe à la fois, d'une étrange mais charmante beauté. L'oeuvre se questionne indirectement sur le point de vue "moral" du sort des mortels face à ceux qui peuvent les éliminer. Mais aussi sur la mort elle-même, sur la normalité des choses versus leur importance. Un peu comme le soleil dans le ciel ; sa présence est normale, banale, mais importante. La vie, la mort, banales mais importantes. C'est ce que Chiba finira par comprendre. La photographie et la réalisation de Masaya Kakei est pratiquement sans faille. Il reproduit trois époques distinctes, sans pourtant grands effets tape à l'oeil, et réussit avec brio à introduire des éléments surnaturels à une histoire romantico-ésotérico-dramati-comique.

Si vous m'aviez posé la question, il y a quelques jours, "David, quel est ton acteur préféré?", je vous aurais probablement répondu une dizaine de noms. Mais voilà, je crois que j'ai trouvé : Takeshi Kaneshiro. On avait pu admirer cet acteur à la gueule d'ange dans House of the Flying Daggers et dans Returner. Il fait, avec Accuracy of Death, un retour au cinéma après 6 ans d'absence. Et quel retour! Cet acteur est tout simplement magnifique dans son rôle hyper sympathique de l'Ange de la mort, dans son costard noir et sa cravate déserrée, ses gants blanc et son parapluie. Son visage est expressif, il semble prendre plaisir à tous les jeux de mots qu'il n'arrive pas à comprendre... il est presque candide et naïf, ce qui fait, avouons-le, changement devant les Reapers que l'on a pu voir au cinéma.

mercredi 9 juillet 2008

FanTasia 2008, jour 3 et 4

Mad Detective

Johnnie To est triplement présent au Festival cette année. On y projette Triangle (un film à 6 mains et 3 têtes, co-réalisé avec Tsui Hark et Ringo Lam) Sparrow et Mad Detective. Sévissant dans le domaine du 7e art d'Hong Kong depuis officiellement 1989, il aura fait connaître à nous, Occidentaux, deux comédiennes dont je ne me passerais plus, Michelle Yeoh et Maggie Cheung.

Mad Detective, de son titre original Shen tan ; titre littéral "Le Dieu cherche", est sorti en 2007. L'histoire se concentre sur un détective aux méthodes peu orthodoxes, appelé Bun, qui résout pourtant des crimes atroces en reproduisant émotionnellement les scènes de crime (et le trajet présumé du meurtrier et de la victime, c'est-à-dire que si la victime a été enterrée, il se fait enterrer aussi). Mais c'est que Bun a la cervelle qui ne tourne pas rond. Il voit les personnalités intérieures des gens. Après une bourde (rien de sérieux, il offre comme cadeau de départ, à son chef, une de ses oreilles qu'il coupe devant lui), il est renvoyé. Quelques années plus tard, le jeune agent Ho, encore impressionné du talent indéniable de Bun, lui demande de l'aider à résoudre une enquête difficile. Mais le chemin vers la vérité est pavé de nids de poule... et le suspect numéro un n'a pas 2 ou 3 personnalités, mais 7. Ça complique les choses...

Pas mauvais, entre film noir, paranormal et thriller, le long métrage souffre pourtant beaucoup au niveau de la photographie. Une scène dans la forêt nous paraît totalement floue, la coloration est drabe. Mais Lau Ching-wan offre une performance à la limite de la schizophrénie et de la paranoïa. Finale en miroir, on rit beaucoup pour un film noir, sans pour autant être totalement satisfait à la sortie de la salle.



Epitaph

Après avoir vu la bande annonce, au ton de sepia, Epitaph m'avait paru comme un film surnaturel qui mettait en scène un hôpital de cambrousse en Corée dans les années 50. Bon, je n'étais pas si loin, mais tout de même. Je n'avais pas trop d'attente envers ce film, et croyez-moi, c'est tant mieux! Film mièvre tombant souvent dans un pathétisme romantique énervant, le film tente toujours de confondre le spectateur avec des morceaux de puzzle mal maniés. Cette méthode fonctionne par moment, mais à quel prix? À en voir les spectateurs qui quittaient la salle, le prix était plus élevé que celui du billet. Epitaph nous présente trois histoires qui sont reliées à cet hôpital inconnu. Un docteur soigne une jeune patiente, seule survivante d'un accident de voiture qui a coûté la vie à sa mère et à son beau-père. Un médecin découvre que sa femme n'a pas d'ombre. Un interne vit une relation surnaturelle avec une fille à la morgue, retrouvée sous une couche de glace. Film sur l'âme, les fantômes, absolument rien ici ne fait peur, ni la marre de sang dans le compartiment à la morgue, ni ces visages défigurés d'accidents divers. Bien sûr, c'est insolite, allant plutôt vers une certaine subtilité, mais c'est foutrement long et pénible, malgré parfois quelques belles images. Dommage.



Je vous offre le poster, parce qu'il est trop joli.

FanTasia, parenthèse

Je vous parlais dans un précédent billet de mon coup de coeur, [REC]. Je vous disais aussi qu'un remake américain est en branle. Le film s'appellera Quarantine, et mettra en vedette Jennifer Carpenter (la série «Dexter», «The Exorcism of Emily Rose»), Jay Hernandez («Hostel»), Columbus Short, Greg Germann, Steve Harris, Dania Ramirez, Rade Sherbedgia et Jonathon Schaech.

La bande annonce est maintenant sur le web.



ou ici

http://movies.yahoo.com/movie/1809956042/video/8716642

Vous pouvez comparer avec le film original espagnol :



Hihihi! et j'ai trouvé un petit short sur la réaction du public lors d'une projection de ce film, voyez que je ne mens pas!!

dimanche 6 juillet 2008

Fantasia 2008, jour 2

Le lendemain de mon début de programme, quatre films m'attendaient. Tout un samedi en perspective!

Batman: Gotham Knight

Coréalisation États-Unis/Japon, voici un collectif intéressant ajoutant de nouvelles lumières sur le personnage glauque qu'est le chevalier noir. C'est le plus récent film des Original Animated Movies de DC Comics, après Superman: Doomsday et Justice League: New Frontiers (deux films que j'avais récemment visionnés). Six courts métrages nous présentent le superhéros dans diverses situations. Pour débuter, quatre gamins sk8t3r (qui font du skateboard) s'échangent leur vision du même événement, transformant Batman en ombre destructrice ou en chauve-souris monstrueuse. Quelques aventures suivent, dont une avec Killer Croc et le Scarecrow dans les profondeurs infectes des égouts de Gotham et un Bruce Wayne qui apprend à gérer la douleur avec un guru féminin, en Inde. Nous avons même droit à quelques personnages secondaires assez récents, dont la jolie inpectrice Renee Montoya. La cohésion vocale est assurée par Kevin Conroy, qui fait la voix de Batman du début à la fin. Film d'animation fort satisfaisant, images impeccables, il sera disponible en dvd d'ici quelques jours. Probablement pas un achat en soi, mais certainement un visionnement à programmer avant la venue de Batman: Dark Knight, de Christopher Nolan.




Wide Awake

À cause de problèmes de sous-titres, je n'ai pu voir "A Love". On nous a proposé un autre film coréen, intitulé Wide Awake. Drame/suspense médical, le film raconte l'histoire d'un jeune garçon, au début des années 80, qui subit une intervention chirurgicale. Il vit ce qu'on appelle un « éveil anesthésique », c'est-à-dire qu'il peut tout ressentir et tout entendre, mais il ne peut pas réagir. Mais personne ne le croit. Imaginez-vous sur une table d'opération, celle du genre à cœur ouvert, et vous sentez votre torse s'ouvrir grâce à la scie, et les instruments triturer votre intérieur... Ça cause de sérieux problèmes psychologiques. Le jeune garçon, traumatisé, exorcise sa douleur en infligeant des sévices aux animaux. Vingt-cinq ans plus tard, quelques membres du personnel d'un hôpital décèdent dans des circonstances nébuleuses. Qui est l'homme qui manipule les ficelles de ces meurtres? Est-ce ce fou qui a perdu sa femme récemment lors d'une opération? Est-ce un des infirmiers, un du personnel, ou cet homme qui était parti aux États-Unis, revenu il y a à peine quelques jours? Et il y ce chirurgien, au beau milieu de l'affaire, qui tente de sauver sa femme sur la table d'opération, mais qui n'y parvient pas. Persuadé que sa femme a été lentement tuée, il enquêtera au péril de sa vie. Définitivement, Wide Awake est un film sur la douleur, la souffrance. L'inconfort provient des images et du son, bien montés. Même si le thriller est bien ficelé, reste un inconfort devant cette vengeance impitoyable, ces aiguilles, ces scies, mais surtout devant l'idée qu'un jour ou l'autre nous serons, nous aussi spectateurs, sur la table d'opération d'un médecin et d'un anesthésiste... Ça donne des frissons.




Timecrimes

Les histoires de retour dans le temps pullulent sur nos écrans. Certaines sont intéressantes, d'autres carrément ridicules. Mais il faut l’avouer, le film espagnol de Nacho Vigalondo, Timecrimes (titre original Los cronocrimenes, que l'on pourrait traduire par "les crimes commis à cause du temps") est simple, mais foutument bien écrit. C'est presque une nouvelle littéraire mise en images. C'est l'histoire d'Hector, qui est tranquille à sa maison en campagne, et qui aperçoit un truc dans la forêt. Il attrape ses jumelles, et voit une jeune femme se dévêtir. La femme d'Hector quitte pour aller chercher quelques trucs pour le souper, et Hector ne peut s'empêcher d'aller reluquer la jeune dame. Il la trouve, entièrement nue, inconsciente. Alors qu'il s'en approche, un inconnu à la tête bandouillée lui plante une paire de ciseaux dans le bras. Pris de panique, notre antihéros part à travers bois pour trouver un petit centre scientifique où il se réfugie. Un homme l'aide à se cacher dans une grande cuve qu'il referme. Au bord de l'asphyxie, Hector sort... un jour plus tôt. Il est Hector 2, il se voit à sa maison en train d'espionner avec les jumelles, et tout ce qu'Hector 2 fera aura des répercussions sur Hector 1... et occasionnera des crimes et des événements que seul un autre retour dans le temps pourrait corriger. Mais peut-il y avoir une fin? Sans prétention, ni grande surprise, le tout est quand même cohérent, et se concentre sur l'histoire d'Hector sans vraiment donner d'explication sur le fonctionnement de la machine. Mais tout compte fait, on s'en fout un peu...




Before the Fall

Je termine mon samedi avec un autre film espagnol, intitulé Before the Fall (3 dias), réalisé par F. Javier Gutiérrez, coproduit par Green Moon Productions (la boîte d'Antonio Banderas). Une météorite s'écrasera sur la terre dans quelques jours. On a tout tenté, on ne peut y échapper. C'est l'extinction de la race humaine. La petite ville de Laguna, en Espagne, panique, et Ale, pauvre ouvrier taciturne, décampe avec sa mère vers la petite maison perdue du frère d'Ale. Les enfants du frérot ne sont pas au courant du drame qui les attend, on décide donc de ne rien leur dire. Les prisons deviennent des passoires, et Soro, tueur d'enfants, s'échappe et revient vers cette famille qui l'avait mis en taule. Sorte de western apocalyptique, Before the Fall a remporté plusieurs prix au Festival du film de Malagua. Les images sont sèches, poussiéreuses, et le traitement est épuré. La tension monte, et cet inconnu qui squatte le terrain de la maison d'Ale est inquiétant. C'est atypique, presque parano, et comme le dit le programme, c'est crève-coeur, puisque même si Ale se bat pour sauver la vie de ceux et celles qu'il aime, au bout du compte, leurs jours sont comptés...

Fantasia 2008, jour 1

Deux films pour commencer mon Festival

Genius Party

Le Studio 4ºC, fondé au Japon en 1986 par trois animateurs de renom (Koji Moritomo, Elko Tanaka et Yoshiharu Sato) nous offre un collectif hors pair, inspiré et hallucinant. Sept courts par sept des plus originaux et inventifs créateurs dans le domaine de l’animation que le Japon a enfanté, Genius Party porte sûrement bien son nom. Terriblement diversifiés, les sept courts métrages nous proposent un voyage tout aussi hyperréaliste que psychédélique. La présentation nous propose en ouverture un drôle d’oiseau difforme qui se nourrit de coeurs créés par des têtes rocailleuses vivantes, qui poussent de la terre. Une fois gobé, le coeur donne l’énergie nécessaire à l'oiseau pour s'envoler. Puis les têtes un peu bizarres forment un tout pour créer une chaîne hétéroclite. On plonge ensuite dans l'univers de gentils zombies, dont l'un d'eux découvre une grenouille vivante, et avec l'aide d'amis, réussit à pousser le batracien dans un cyclone pour qu'il retourne chez lui. S'ensuit un bébé des plus ordinaires qui tombe de sa chambre vers un monde totalement surréaliste ; on émerge dans une réalité virtuelle intense et une réflexion ésotérico-existentialiste qui donne le vertige (ou la somnolence, dans mon cas) ; un jeune homme découvre qu'il arrive toujours après lui-même, comme s'il était en retard sur sa propre vie, et course contre ses doubles ; un jeune homme déménage et fuit, une journée et une nuit, avec sa plus vieille amie d'enfance pour retrouver en eux la folie d'autrefois (un anime très touchant, où qualité graphique et émotion font excellent ménage). Finalement, le dernier, intitulé Shanghai Dragon, nous présente un jeune garçon à la morve au nez qui, par un hasard étrange, découvre après qu'une météorite soit tombée dans la cour d'école, une espèce de coutelas qui lui permet de rendre réel ce qu'il dessine. Des aventuriers du futur débarquent alors pour recouvrir la chose et découvrent ce gamin qui pourrait être leur sauveur. Mais la simplicité de son esprit fait douter les soldats. Pastiche des films d'animation d'action et de style robotech, ce fut quand même une finale fort amusante. Merci à Éliane et Étienne qui m'ont accompagné.




[REC]

Coup de tête au départ, puis devenu coup de cœur, le film espagnol [REC] de Jaume Balagueró et Paco Plaza, est un petit bijou. Je ne suis pas fan des films d'horreur, mais celui-ci, je l'avoue, a été jouissif. Une jeune et jolie reporter, animatrice de While you are asleep (émission de télé qui présente ce qui se passe la nuit), fait un reportage sur les pompiers. On découvre la caserne, leurs occupations pendant qu’ils attendent (le souper, le dodo, le basket) puis la sirène retentit. On a entendu les cris d'une vieille dame seule, dans un appartement. On accourt, la jeune reporter et son cameraman Paco sur leurs talons. La vieille est au 2e. On défonce, on entre. Elle est debout, titubant, au milieu du salon. Puis sans crier gare, elle fonce sur un policier, lui arrache une partie du cou. Avec l'énergie du désespoir, on sépare la femme et l'homme, et on amène le blessé au rez-de-chaussée. C'est alors qu'on découvre que le building est scellé de l'extérieur. Mais qu'est-ce qui se passe? Et pourquoi ceux qui sont mordus se relèvent et deviennent férocement agressifs? On court partout, on tente de les abattre, de se réfugier. La panique est totale, autant sur l'écran que dans la salle - des filles criaient lors de scènes pourtant banales, pour évacuer la pression. On s'assoit sur le bout de notre siège pour tout de suite se recroqueviller à la limite de ce que notre dossier permet. C'est intense, on voit beaucoup mais on suggère tout autant, la caméra coupe, la lumière s'éteint, ça bouge, on veut voir mais en même temps on ne veut pas savoir. C'est vicieux, c'est terriblement angoissant, mais on ne peut s'en empêcher, il faut regarder - comme le dit la reporter : tourne tout, Paco, n'arrête jamais de tourner... Et quelle finale, aux images "vision de nuit", qui nous pousse dans une terreur déchirante et foutrement réaliste. Gagnant de deux prix Goya (les Oscar espagnols) et de beaucoup d'autres, tentez de le voir avant le remake américain (déjà tourné). J'ai adoré. Bravo à la comédienne Manuela Velasco et au directeur photo/comédien Paco Plaza.

Et merci à Étienne pour la passe VIP et le bon moment!