lundi 13 août 2007

Prendre un verre de bière mon minou...

Depuis que j'ai commencé à traverser cette magnifique flaque d'eau bleue qu'on appelle Océan Atlantique, pour mettre le pied sur la terre de nos cousins de la fesse gauche du voisin de la rue de l'autre ville, on me dit : tu vas voir, c'est fou le prix de la bière, ici on paye un max, là-bas ça ne coûte rien!

Est-ce vraiment le cas? Ça m'est revenu ce matin, quand j'ai vu dans le journal Métro (ah! une chose merveilleuse : vous pouvez lire toutes les éditions mondiales du journal au http://www.readmetro.com/ ) une petite manchette (à côté d'une nouvelle qui titrait "Un mort dans le métro de New York (rassurant) et une autre qui disait "Fusillade (dans une église du Missouri)" (non mais!! rappelez-moi de vous faire part de mon opinion sur les armes à feux...) donc une petite manchette qui compare le prix d'une bière en fût de 20 pays différent.

Voici, pour le bénéfice de tous, ce palmarès du plus cher au plus abordable (les commentaires sont de moi, bien sûr) :

En dollar canadien ($)

20. France : 8.80$ (eh oui! et vlan!)

19. Danemark : 8.71$ (Carlsberg, Tuborg... on est mieux de les acheter en bouteille ici...)

18. Suède : 7.57$ (on serait pas mieux avec un chocolat chaud là-bas?)

17. Finlande : 6.49$ (ils vendent peut-être le casque de Viking pour trinquer...)

16. États-Unis : 6.35$ (quoi? des restes d'anti-dopage à ce prix-là? non merci)

15 et 14. Italie et Pays-Bas : 5.77$ (du côté de l'Italie, je préfère le vin, qui doit se vendre moins cher le verre, mais pour les Pays-Bas, peut-être que les sondeurs se sont trompés et ont calculé le tonneau d'Heineken?)

13. Canada : 4.79$ (ah ben nous v'là! - c'est une moyenne, parce que je connais des endroits moins cher, mais aussi des endroits plus cher (hein Mitch, tu te rappelles de ton verre à 5,50$ au show de Manu Chao! ahahah!)

12. Grèce : 4.33$ (selon Global Wine & Spirits, il n'existe qu'une bière en Grèce, c'est la Mythos Hellenic... alors on comprend le prix. En espérant qu'elle ne soit pas aussi vieille que le Parthenon, ni qu'on aie remplacé un ingrédient par de l'huile d'olives...)

11. Corée du Sud : 3.61$ (qui veut aller prendre une bière en Corée du Sud? Paraît qu'elle "Séoul" bien...)

10. Russie : 2.88$ (bon... y'a bien la compagnie Heineken qui a acheté, pour 560 millions $$, la bière 'Ivan Taranov', mais entre vous et moi, si je vais à Moscou, c'est de la vodka que je vais me siffler)

9. Mexique : 2.44$ (là on commence à parler. Una cerveza por favor! enfin mes cours d'espagnol vont me servir à quelque chose)

8. Croatie : 2.37$ (je vais prendre une Ojuz... Ovj... Ojazu... *une Ozujsko Monsieur?* oui merci...)

7. Hongrie : 2.31$ (il faut saluer la (le?) Borsodi Sör, la bière la plus vendue en Hongrie, et l'un des rares produits hongrois à avoir remporté un prix aux Lions à Cannes - festival international de publicité)

6. et 5. Chili et Portugal : 1.73$ (encore là, pourquoi n'opterions-nous pas pour *hic!* un petit blanc chilien et un porto?)

4. Hong Kong : 1.59$ (tant qu'on me donne pas d'alcool de riz... et puis une bière à Hong Kong, ça doit être dépaysant...)

3. République tchèque : 1.23$ (wow! astuce : la bière est servie en pinte dans ce coin (ce sont des buveurs nés!!) il faut alors le préciser si vous voulez plus petit (on dit "maly pivo"). La pinte ne coûte environ que 30 couronnes (plus ou moins un euro, si on veut comparer avec l'Europe). Ils ont aussi une liqueur assez forte, appelée becherovka, et on peut même goûter à de l'absinthe. Mais n'abusez pas, vous allez rouler sous la table assez vite. Na zdravi! (santé!)

2. Espage : 1.15$ (oh. Il faut que je me remette définitivement à mes cours d'espagnol)

1. Brésil : 1.08$ (ah! Le Brésil! Je vous laisse avec deux pub de la Brahma... bonne dégustation!)

PS. Bizarrement, le pays de la bière, la Belgique, ne figure pas dans le palmarès... si le verre y est quand même abordable, c'est au niveau de la qualité et du choix qu'on ne s'y trompe pas!!

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mercredi 8 août 2007

FanTasia, suite et fin

Pour conclure mes billets sur le Festival FanTasia 2007, voici mes dernières petites critiques.

Nightmare Detective (Japon) m'a passablement ébranlé. Le film raconte l'histoire d'un jeune homme (Ryuhei Matsuda) qui a le pouvoir d'entrer et/ou de voir les rêves des gens. Quelques policiers, dont Keiko Kirishima (la superstar super sexy de la pop niponne, Hitomi), tentent de démystifier des suicides bizarres, souvent en plein sommeil (on se taillade les poignets en dormant) apparemment liés par un numéro de téléphone. Mais le Nightmare Detective se suiciderait avant d'aider, tellement il en a ras-le-bol des dégueulasseries dans la tête des gens.

Morbide, hyper-violent, mais poétique et intéressant...

Dynamite Warrior est probablement le plus bizarroïde des films que j'ai vu à FanTasia cette année. C'est un western tout ce qu'il y a de plus conventionnel dans sa forme première : des troupeaux de bétail, des cowboys, des méchants qui volent les boeufs, un vengeur... mais là où ça dévie, voir même prendre le champs, c'est quand ce vengeur masqué, au talent de combat inébranlable, est à la recherche d'un homme surnaturel qui a tué ses parents, qui fait affaire avec un sorcier, et qui, au lieu des bon vieux Colt, se sert de roquettes contre ses assaillants.

FanTasia décrit : Arts martiaux. Magie. Romance. Des méchants dignes de dessins animés. Un héros qui vole au combat debout sur un tronc d’arbre transformé en fusée! C’est une toute nouvelle mouture d’un vieux classique d’action thaïlandais des années 70. Une pure dose de fantaisie adolescente sortie tout droit des romans d’aventure et des bandes dessinées qui bercèrent l’enfance du réalisateur.

L'acteur principal, Dan Chupong, est comparable au spectaculaire Tony Jaa (voir Ong Bak), en plus d'un talent plus pointu de la comédie.

Mon moment de la soirée : quand le personnage principal demande à la fille du sorcier, une vierge bien entendu, du sang de ses menstruations pour combattre le méchant ennemi... et ce sans aucun tact! Trop drôle!

Silk
s'est avéré beaucoup plus profond que je ne l'aurais cru. Un scientifique découvre l'anti-matière, un espèce de cube éponge qui absorbe l'énergie qui l'entoure. Il peut s'en servir pour de multiples tâches (dont marcher au plafond). Cette découverte leur en fait faire une autre : celle des esprits (énergie des morts) qui restent sur terre, comme des fantômes. Un en particulier leur pose problème : un petit garçon, prisonnier d'un appartement miteux. Les scientifiques engagent un policier aux sens hyper développés pour les aider à retracer le passé du jeune garçon... dont la mort ne tient qu'à un fil de soie.

Surprenant, surnaturel, c'est pourtant une histoire terriblement humaine et touchante qui nous est racontée. La notion d’image, de vision, et de comment l’une et l’autre sont perçues, est au cœur de ce film. Visuellement, c'est un petit exploit. Le garçon nous donne parfois la chair de poule et nous fait sursauter...

J'ai beaucoup moins apprécié Sword Bearer que mon amie Cassiopée, qui m'accompagnait. Encore là, je m'attendais à une histoire plus près de Night Watch, mais c'est un film beaucoup plus romantique, plus près de ce qu'un M. Night Shyamalan aurait pu faire ou qu'un Alan Moore (Watchmen) aurait pu écrire. Un homme porte en lui, dans son bras, une épée. Mais c'est pour lui une malédiction. Un peu comme Wolverine, elle sort lors de grandes émotions. Alors qu'il revient chez lui après un exil de plusieurs années, il fait la rencontre d'une femme qui l'envoûte totalement. C'est un amour impossible, qui brûle comme la finale d'un feu d'artifice. Un Bonnie and Clyde, un Roméo et Juliette... la fuite sera terrible et fatale. Métaphore sur la passion, l'amour, sur la perte.

Si vous le voyez, ca sera surtout pour la beauté des deux acteurs principaux, Chulpan Khamatova (la fille au tatouage magnifique) et Artom Tkachenko (l'homme épris et torturé).

Je n'ai pas vu City of violence, le 17e film de ma série. J'ai déclaré forfait. Mais je l'ai trouvé autrement, j'en reparlerai.

Finalement, Retribution de Kurosawa, est un film qui m'a laissé sur ma faim. Je m'attendais à un résultat plus près de ce que fait Miike. Mais la sauce poético-morbide prend trop légèrement et la glue romantique sur fond de suspens ne m'a pas beaucoup impressionné. Malgré tout, c'est un film intéressant, mais qui ne m'a pas autant dérangé qu'il aurait pu/dû. Je crois qu'il faut connaître la filmo de Kurosawa pour bien apprécier tous les thèmes et les liens qu'il fait dans ce film.

En résumé : un détective, prisonnier d’une relation qui s’étiole et troublé par des pertes de mémoire soudaines et des souvenirs flous, se voit confier une enquête sur une série de meurtres. Mais plus Yoshioka fouille, plus il se demande si ce tueur en série qu’il pourchasse, en fait, ne serait pas… lui-même. Et quelle conduite doit-il adopter avec cette femme revêtue de rouge, hurlante, fantômatique, qui lui apparaît, constamment, sur les scènes de crime?

Les récompenses

Voici le palmarès des prix FanTasia 2007. Ceux en gras sont les films que j'ai vu et dont j'ai parlé.

MEILLEUR FILM
MEMORIES OF MATSUKO - Tetsuya Nakashima (Japon)

MEILLEUR RÉALISATEUR
Feng Xiaogang – THE BANQUET (Chine)

MEILLEUR SCÉNARIO
Han Jae-rim – THE SHOW MUST GO ON (Corée du Sud)

MEILLEURE DIRECTION PHOTO
Li Zhang – THE BANQUET (Chine)

MEILLEUR ACTEUR
Ex æquo : Song Kang-ho - THE SHOW MUST GO ON (Corée du Sud) / Ryu Deok-hwan - LIKE A VIRGIN (Corée du Sud)

MEILLEURE ACTRICE
Mary McCormack – RIGHT AT YOUR DOOR (ÉUA)


PRIX DU PUBLIC - FANTASIA 2007


MEILLEUR FILM ASIATIQUE

FANTASIA D’OR:
13 BELOVED - Chookiat Sakweerakul (Corée du Sud)

FANTASIA D’ARGENT:
EXILED – Johnnie To (Hong Kong)

FANTASIA DE BRONZE:
Ex æquo : CITY OF VIOLENCE - Ryoo Seung-wan (Corée du Sud)/MEMORIES OF MATSUKO - Tetsuya Nakashima (Japon)

MEILLEUR FILM EUROPÉEN – NORD OU SUD AMÉRICAIN

FANTASIA D’OR:
HATCHET - Adam Green (ÉUA)

FANTASIA D’ARGENT:
END OF THE LINE - Maurice Deveraux (Canada)

FANTASIA DE BRONZE:
Ex æquo : MULBERRY STREET - Jim Mickle (ÉUA) / THE SIGNAL - David Bruckner, Dan Bush et Jacob Gentry (ÉUA)

MEILLEUR FILM D’ANIMATION

FANTASIA D’OR:
TEKKON KINKREET - Michael Arias (Japon)

FANTASIA D’ARGENT:
WE ARE THE STRANGE - M dot Strange (ÉUA)

FANTASIA DE BRONZE:
AACHI & SSIPAK - Joe Bum-jin (Corée du Sud)

FILM LE PLUS INNOVATEUR

FANTASIA D’OR:
WE ARE THE STRANGE - M dot Strange (ÉUA)

FANTASIA D’ARGENT:
EXTE: HAIR EXTENSIONS - Sion Sono (Japon)

FANTASIA DE BRONZE:
MEMORIES OF MATSUKO - Tetsuya Nakashima (Japon)

MEILLEUR FILM DOCUMENTAIRE

FANTASIA D’OR:
KING OF KONG - Seth Gordon (ÉUA)

FANTASIA D’ARGENT:
YOUR MOMMY KILLS ANIMALS - Curt Johnson (ÉUA)

FANTASIA DE BRONZE:
Ex æquo : GHOSTS OF CITY SOLEIL - Asger Leth (Danemark/ ÉUA) / ZOO – Robinson Devor (ÉUA)

lundi 6 août 2007

Fin des Francos, Pierre Lapointe en feu

Bon j'avoue, je suis un piètre croyant-non pratiquant. Alors que je ne rêve qu'en français, je n'ai vu que très peu de choses à ces 19e FrancoFolies de Montréal. Je suis allé voir Alexandre Belliard (belle découverte, mais j'étais vendu à sa choriste edit : mais j'y allais surtout pour voir mon amie comme artiste invitée), puis Emilie Simon et Ariane Moffatt (voir plus bas)...

Je me suis donc dit que j'allais, au moins, clôturer l'événement, le 5 août, avec nul autre que l'homme dandy, le maître du snobisme, Pierre Lapointe. Et il ne fermait pas les Francos n'importe comment : non non non. C'est avec l'Orchestre métropolitain de Montréal (80 musiciens) sous la direction de Yannick Nézet-Séguin (qui a pris son pied - fallait le voir jubiler, baguette en main, conduire son orchestre et jeter des coups d'oeil gamin à Lapointe), qu'il nous a enchanté et réunit dans sa forêt des mal-aimés. Le spectacle, capté pour la télé, la radio et pour un futur CD live, a été à la hauteur de l'homme. Les tout aussi fragiles que puissantes mélodies de Lapointe se portent tout naturellement à une adaptation symphonique. L'homme était heureux de conclure sa tournée d'une façon aussi grandiose, et les spectateurs le lui rendaient franchement bien (fallait entendre les "on t'aime Pierre!" les "Pierre fais-moi un enfaaaaaaaaant" et autres cris de jeunes groupies délurées et admiratrices finies).

Quelques moments forts ont marqué la soirée, dont l'apparition du chanteur, sous une cape kitsch à la Dracula, et la reprise de 3 pièces, à la toute fin, pour des raisons techniques ; mais ce qui a retenu l'attention, surtout des gens en premières rangées, c'est un des projecteurs qui a pris feu durant la prestation. Les cendres de la gélatine (petite feuille de couleur que l'on place devant la lampe du projecteur) sont tombées sur le piano, ou prenait place Pierre Lapointe, et sur la choriste-bassiste. À la fin de la chanson, éberlué, il a dit : y'a des cendres qui sont tombées du ciel, je veux croire que c'est le dernier show, mais je vais pas que ce soit mon dernier, je veux pas mourir sur scène!

En bref, une excellente soirée, très bien accompagné, qui a commencé plus tard que je ne le croyais (hein Raph! pas 19h, 21h...)



vendredi 3 août 2007

Emilie, Ariane, Francos 2007 et adieu Spectrum

Le 2 août dernier, j'ai décidé, sur un coup de tête (mais surtout de coeur) d'aller voir le spectacle d'Emilie Simon au Spectrum, concocté pour les FrancoFolies de Montréal. J'adore cette chanteuse ; elle a tout pour elle : belle, humble, géniale, elle se rapproche dangeureusement de la place qu'occupe Jorane dans mon coeur artistique. Hier soir, je n'ai pas été déçu! Le spectacle est passé en un clin d'oeil. Dès les premières paroles a capella de Rose hybride de thé, on est envoûté par cette voix mi-juvénile, mi-femme assurée... Bref, une heure et des poussières de joie intense. Avec des titres comme Fleur de saison, Opium, Desert, Vieil amant, Mercy Street (de Peter Gabriel) et son adaptation de Chanson de toile (qui a donné le frisson à plus d'un), comment ne pas tomber sous le charme de cette jeune femme? - À noter son fantastique collaborateur aux percussions, qui s'amuse autant sur un tambour, dans un aquarium à faire des clapotis au rythme de la chanson que sur les cordes et le bois d'un piano à queue...


C'était du coup mon adieu à une salle de Montréal devenue mythique, aillant accueilli les grands noms de la scène musicale québécoise et internationale - le Spectrum. Je me rappelle des shows de Daniel Bélanger, de Mano Solo qui avait perdu une dent, de Mes Aïeux (survolté), de Paul Kunigis alors que j'étais malade comme un chien, à faire près de 103 F de fièvre... J'ai d'excellents souvenirs de cette salle, même si elle tombait un peu en ruine et était de plus en plus désuète. Les artistes semblaient encore apprécier jouer dans cette salle, à l'excellente sonorité. C'est un bien triste moment...



La devanture de la salle, sur Ste-Catherine


Les fameuses petites lumières du Spectrum



Mes adieux de l'intérieur...

Après avoir essuyé une larme imaginaire, je me suis empressé de voir Ariane Moffatt pour son premier set à 21h, coin Ste-Catherine et Jeanne-Mance. Une première partie qui m'a beaucoup plu. Mais j'ai très bien fait d'attendre la deuxième, à 23h : ses excellents musiciens, ses rythmes déchaînés et terriblement dansants, ses remix live ont fait de la fin de la soirée un afterhour avant le temps, une piste de danse sous les étoiles. J'en ai eu mal aux cuisses à danser sur place pendant une heure, les bras vers le ciel, implorant la reine Ariane de me prêter son fil pour la suivre, corps et âme, dans le labyrinthe de sa créativité musicale...


Dimanche : Pierre Lapointe et un orchestre symphonique!