lundi 9 juillet 2007

Un petit pas pour l'homme part 4

“Je veux être dans mes affaires.”

Voilà la phrase qui a voulu dire : je ne t’aime plus, je te quitte, c’est fini. Assez original, il faut l’accorder. La belle rouquine, avec qui j’avais lié ma destinée devant un juge rigolo et La Nozze de Figaro en background, un jour de novembre de l’an boggué 2000, se faisait la malle pour aller recommencer sa vie ailleurs.

Seul.

Je me retrouvais donc seul dans ce minuscule appartement d’un quartier que je tente toujours d’apprivoiser, que nous partagions du mieux que nous pouvions. J’étais tout aussi excité que terrorisé : c’est la première fois que je me retrouvais solitaire dans ma résidence primaire. J’ai toujours habité en colocation ; même dans ma ville collégienne, je partageais ma chambre avec un “plus grand que moi” (comme j’adore l’appeler), puisqu’il était aussi géant que moi petit. C’est-à-dire qu’il changeait les ampoules sans monter sur une chaise et j’allais chercher la pomme dans le fond du frigidaire pour lui quand il avait faim. Bon j’exagère, mais si peu. J’ai dû, pour la peine, régresser dans mon cheminement personnel. Après deux mois de réflexion, j’ai été faire une razzia dans une boutique d’affiche de films. Bien entendu, j’ai quand même du goût dans le genre, je n’ai pas acheté n’importe quoi! Mes coups de cœur avaient été le poster en allemand, orange noir et blanc, de Lola Rennt (Cours Lola Cours) et le magnifique poster chinois, tout rouge, du Fabuleux destin d’Amélie Poulin (elle est assise dans son lit à contempler l’album photo de Nino). J’ai toujours cette affiche, qui trône au-dessus de mon lit - y paraît que c'est pas feng shui, selon mes collègues de bureau, que ça peut effrayer les filles, de voir une fille seule trôner sur un poster ou dans un cadre, dans la chambre du maître des lieux. Feng Shui ou pas, je le garde!

Donc, des films un peu partout, des disques vinyles dans ma cuisine, des bouteilles de bière importées qui ramassaient la poussière; je me croyais revenu au cégep. Ça n’a pas duré : après quelques mois, je reprenais le contrôle du lieu. En fait, j’ai essayé (et j’essaie toujours) de me connaître davantage, de connaître mes goût en matière de déco, mes besoins, mes désirs. Je voulais que, quand une personne entrait chez moi, elle (se) dise : ah ça c’est totalement David. Du David tout craché! J’y ai mis donc du temps et des sous, et voilà que les murs se sont remplies d’autres trucs : dans mon salon, deux affiches encadrés d’Enki Bilal, dont un hommage à Tintin, une sérigraphie de Loisel directement de Belgique, un croquis de la Fée Clochette (ça c’est tout nouveau de juin 2007). Une affiche d’un tableau d’un de mes peintres préférés, Magritte, au-dessus de mon écran d’ordinateur, ramené aussi de Bruxelles (le Magritte, pas l'ordi), quelques dessins du génial dessinateur Serge Boisvert de Nevers, qu’il a bien voulu me dédicacer, et un mini poster de Dial M for Murder, d’Hitchcock, parce qu’elle est cool, parce que c’est Grace Kelly qui se fait poignarder et qu’elle tente d’attraper un téléphone qui ressemble drôlement à l’antiquité que j’ai pu trouver, il y a quelques années, sur eBay. Bref, plus ça allait, plus je me sentais chez moi. Chez moi. Deux mots magiques.

Mon rythme de vie roulait aussi de plus en plus rapidement. Les demandes pour la fabrication de pages Web allaient de mieux en mieux, on me donnait de plus en plus de responsabilités à mon travail, je couvrais autant sinon plus de pièces de théâtre…
Old Charlie stole the handle and
The train won't stop going --
No way to slow down.

Les rencontres amicales et amoureuses n’ont donc pas été nombreuses. Une petite brunette me plaisait beaucoup, jusqu’à ce qu’elle me demande, lors d’un dîner, si j’avais quelque chose derrière la tête. Nonchalamment, je réponds non, pourquoi? Et voilà-ti pas qu’elle se lève et m’expose son joli bedon rond plein de vie. Comme je l’avais toujours vu avec un manteau d’hiver ou assise, je n’avais jamais remarqué!

C’est alors que je me suis inscris sur quelques forums de discussion, dont certains de cinéma. J’y ai rencontré de très bons amis, que je salue bien bas et qui, je suis sûr, me lisent et se reconnaissent. Des sites de rencontre aussi, ce que j’appelle des « catalogues de luxe » : plusieurs bonjour, quelques rencontres, dont une qui me dit, après 20 minutes de discussion : bon, regarde, c’est pas d’un ami que j’ai besoin, alors je te souhaite bonne chance. Euh… on peut se donner un peu de temps pour se connaître svp ?? Puis, une qui fonctionne. Malheureusement, on habitait sur des planètes diamétralement opposées. Si nos planètes étaient dans l’astrologie, les médiums diraient probablement que, quand elles apparaissent en même temps dans le ciel, discorde et incompréhension tombent immanquablement sur les humains. On parlait, et on ne se comprenait pas. On utilisait pourtant la même langue, les mêmes mots, mais il y avait de l’interférence. En fait, c’est un peu dommage, puisque c’était une gentille… correcte… une fille. Trois mois plus tard, on se disait adieu. Le train de ma vie allait définitivement trop vite et allait trop loin pour certains passagers...
He sees his children jumping off
At the stations -- one by one.
Merci Jethro Tull.

Que me réserve l'avenir? Restés branché!

2 commentaires:

  1. Aww, Dada. Tu attends depuis longtemps, mais je suis certaine que ça en vaudra la peine lorsqu'elle entrera dans ta vie. Flabberghasté, tu seras. Et d'ici là, bon, virtuellement...

    Ça me rappelle que j'avais un devoir, moi.

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  2. Lucie "Heavenlye"12 juillet 2007 à 19 h 04

    Ahhhhh... Torpinouche que j'aime te lire! Tu es un vrai raconteur mon cher!! Et decourage toi moi, on a tous notre perle rare a quelques part. Je ne l'ai pas plus trouve que toi mais j'essaie de rester positive!

    Continu ton beau blog!

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