dimanche 10 juin 2007

Un petit pas pour l'homme part 1

Certains ont déjà lu ce message. D'autres non.

En fait, je reprends ici mes péripéties romantiques, que j'avais commencé à déverser sur un autre blog.

Alors pour votre plus grand plaisir, voici Un petit pas pour l'homme...

____

Le 28 janvier dernier (2007), je terminais un livre appelé Un petit pas pour l'homme... du jeune auteur montréalais Stéphane Dompierre. L'histoire en est plutôt simple : un homme de 30 ans, gérant d'une boutique de disques sur Duluth (rue piétonne de Montréal) depuis plusieurs années, quitte sa copine après 6 ans et demi. Il se ressaissit, veut baiser tout ce qui bouge, tombe comme une larve et se redresse. Il passe par les 5 phases du célibat :

Phase 1. Phase dite du taureau relâché, connue aussi sous le nom de phase du caniche en rut zignant sur la jambe de mononcle habillé propre qu'on ne voit pas souvent
Phase 2. Phase dite du bébé phoque impuissant faisant des petits yeux tristounets à la télé pour attendrir les vieilles madames et faire pleurer les petites filles qui tiennent un journal intime.
Phase 3. Phase dite de la larve gluante sortant du cocon en clignant des yeux, éblouie par l'insoutenable lumière du jour.
Phase 4. Phase dite du chien renifleur, connue ausi sous le nom de phase de la vache repue observant calmement passer un train de marchandises dans un champ, peu avant de se faire violemment ensemencer par le taureau.
Phase 5. Phase dite du lemming qui se balance en bas de la falaise comme tous ses amis lemmings, prouvant ainsi qu'il n'a rien compris dans la phase 4.

Un livre plutôt intéressant, avec des phrases bien tournées, une écriture simple mais punchée, mais un bouquin qui parle de cul comme du seul moteur de l'homme début trentaine.

Est-ce que les hommes ne pensent vraiment qu'au sexe? Bon, oui, j'avoue que plusieurs sinon la plupart y trouvent une, sinon LA seule motivation à leur vie relationnelle mais quand même.

Donc aujourd'hui, je me suis dit que si Daniel (personnage du roman) peut bien retrouver son histoire dans un livre, "je" peux bien raconter un peu la mienne, nuancée et romancée, ici...

Prologue : (pour mes lectruces et lecteurs Européens, j'ai mis un petit lexique au bas de la page)
Je suis David, j'ai maintenant 30 ans depuis le début de cette foutue année 2007. Autre fait marquant, je suis divorcé officiellement depuis le 19 janvier. Mais first thing first comme disent les Espagnols.

D'une enfance moyenne à courir dans les bois et à dessiner sur une immense table à dessin, dernier cadeau de mon parain pour mes 3 ans (non, je ne lui en veux pas!), je suis tombé dans une adolescence responsabilisante. Deux frères de 5 et 7 ans plus jeunes, un papa absent pour nourrir la famille, une maman occupée, sonnez trompette de la destinée! "Nerd" de service à l'école - il faut dire que mes bonnes notes, mes questions sujet-verbe-complément qui rendaient jaloux la moitié de ma classe et mes lunettes d'une mocheté indescriptible ne m'aidaient pas beaucoup- et que quelques (bons) amis à ma rescousse-cousse-cousse, ma vie pubère a été d'un ennui mortel. Je n'ai même pas eu de bouton, c'est tout dire. Tellement que le curé du village, sentant mon potentiel du célibataire endurci, a tenté de me faire joindre les ordres. Pourtant, la gente féminine continuait à me mystifier. Au secondaire, j'ai été amoureux d'une XXYY qui me frigorifiait et me faisait fondre tout à la fois. Cinq ans d'amour, cinq ans perdus. Côté béqué-bobo, j'étais en retard sur la plupart des créatures qui se bougent les fesses le matin. J'ai reçu mon premier baiser sur la joue en 5e année B, d'une Nathalie, après qu'elle m'aie donné un cadeau d'échange de No-hell. Puis, j'ai dû attendre le cégep pour retrouver ce petit frisson qui se faufile sournoisement sous la peau.

Je me rappelle, c'était une journée froide. Un décembre triste. J'ai adoré mon cégep à Jonquière. Je le dirai toujours : les 3 plus belles années de ma vie. J'ai rencontré des gens là-bas que je n'oublierai jamais. J'ai aussi beaucoup changé, devenant soit celui que j'étais vraiment, soit celui que je voulais être. Donc, première année de cégep, 17 ans bientôt 18. J'étais en ébullition, comme un volcan tranquille qui risque d'exploser sous la chaleur torride que dégage les plus belles filles du Québec qui se sont dit : mais pourquoi qu'on étudierait pas à Jonquière cette année? Juste pour le plaisir : j'étais quand même dans la même classe que Josée Bournival, Claudine Prévost, Patricia Demers.. on fait pire dans le pichou de service, croyez-moi. Mais me revoilà en amour par dessus la tête du géant Beaupré avec une certaine YYXX. Elle et moi, moi et elle, à la cafétériat Chez Janine (un nom disparu aujourd'hui...) à se regarder et se dire combien on va s'ennuyer d'ici, que ça va être plate dans nos familles respectives, pendant nos vacances de No-Hell. - tiens, à y penser, j'ai quelque chose avec No-Hell et les filles moi... Je lui demande alors (et là, ne me demandez JAMAIS comment j'ai pu faire ça, j'y repense aujourd'hui et je me confonds moi-même) :
- YYXX, je veux un cadeau de Noël avant que tu partes. Elle me répond :
- Oui?
- Un bec.
- Juste ça? Et elle m'embrasse sur la joue. Vexé je lui dis :
- non, non... un vrai, sur la bouche.Et c'est là, dans un rayon de soleil, ses cheveux châtains scintillants, un sourire aux lèvres, trouvant ma demande coquine et comique, qu'elle m'embrasse. Chaste, pur, mais un baiser sur la bouche. Une bouchée de chocolat. Dans ma confusion, elle s'empresse alors de partir...
Mon premier contact bouche à bouche. J'aurais vraiment eu besoin de la Croix Rouge si je n'avais pas senti tout à coup mon coeur rebattre comme un forcené qui me criait : mais cours-lui après triple andouille d'imbécile heureux! Je n'en ai rien fait. Et ma foi, j'ai bien agi. Notre relation est resté platonique, et avec raison. Elle m'a assassiné pour la première fois quand elle m'a dit : tu as le don d'aimer les filles inaccessibles... Ça m'a scié en deux. S'il n'avait pas fait aussi froid ce soir de février, je crois que ma partie du haut serait tombé en bas des marches de son appartement, et se serait fracassé en morceaux sur le béton. Mais j'ai bizarrement tenu le coup. C'est fou comment l'homme parfois peut encaisser comme connerie.

Puis je suis tombé amoureux d'une petite amazone qui en aimait un autre. XYZ était belle, mignonne, jolie, intelligente, douce... Exactement ce que je cherchais. Mais il semble que les pépites d'or que l'on trouve parfois ne nous appartiennent pas, qu'on ne peut que les regarder passer. Je me suis même déjà introduit chez elle pour lui faire à bouffer avant qu'elle revienne d'un cours. Je dégoulinais de gentillesse à l'époque, et je suinte encore un peu...

Et puis, je suis tombé sur une perle rare. LA perle rare. On a beau fouiller dans des coquillages dégueus, parfois on trouve une jolie surprise à l'intérieur. Comme dans les boîtes de céréales quand j'étais petit. J'ai tout appris avec elle, surtout à devenir un homme. Elle m'a initié à tout. Elle m'a fait renaître. Ces bras était un havre de paix ou un champ de guerre, sa peau était le salue de mon âme, son rire, le seul remède à ma morosité. J'ai perdu presque 20 livres à me battre avec elle dans mes draps. Un feu de joie géant qui a eu des répercussions même sur notre voisin d'en bas qui était dur de la feuille. Pour la deuxième fois de ma vie, on m'assassinait : à la fin de ma 3e année de cégep, elle me quittait pour retourner avec son ex. J'ai eu beau brasser les cendres de notre couple en feu, il ne restait plus rien.

J'ai eu alors le mal du pays, et j'ai quitté le Saguenay pour retourner chez mes parents. Premier amour perdu, première job perdue (j'étais à Radio-Canada à l'époque, job d'été que j'ai claqué - quel abruti de merde!) première vraie vie de perdue. Je suis retourné, la queue entre les jambes, chez Papa-Maman où je m'étais promis de ne plus remettre les pieds - pour y habiter.

À suivre : ma virée en Gaspésie, au son d'AC/DC et la rencontre d'une déesse...

Lexique :
-béqué-bobo est une expression à double sens (du moins dans ma famille) : c'est quand on se blessait, notre maman embrassait le bobo pour le guérir... mais ca peut être aussi les premiers baisers amoureux cachés dans la grange ou dans la ruelle...
-No-Hell= Noël
-Josée est animatrice à la radio, Claudine aussi, à CKOI et à la télé avec Normand Brathwaite pour Belle et bum, et Patricia est miss météo à TVA et travaille pour Radio RockDétente
-Le géant Beaupré est un géant québécois, son corps est exposé en quelque part dans un musée à Montréal. Le groupe de musique Beau Dommage a d'ailleurs écrit une chanson sur lui.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire