lundi 25 juin 2007

hmmm

Mautadit que c'est bon un pot de Ben & Jerry morceaux au fudge et brownies quand il fait chaud...

C'est tout ce que j'ai à dire aujourd'hui, capitaine.

10-4.

dimanche 24 juin 2007

This bike climbed Côte-des-Neiges

En ce magnifique et pas trop chaud 24 juin 2007, j'ai décidé d'enfourcher mon magnifique vélo deux-roues sport jacké pour une petite ballade. En fait, c'est que je me sentais un peu coupable. Je me suis clenché les 12 derniers épisodes de la première saison de X-Files en rafale en 2 jours. Alors mes petites fesses qui prenaient la forme du divan m'ont tout de suite indiqué le chemin de la sortie...

Je me rappelle que l'an dernier, à la même date, je faisais la partie Est de l'île de Montréal. Prenant le chemin nord, longeant la Rivière des Prairies, j'avais adoré cette promenade. Aujourd'hui, il était 15h quand je me suis décidé de partir. Pas question de me rendre jusqu'à la pointe de l'île. C'est alors que j'ai eu une idée : j'avais vu un parc au nom "bizarre" dans l'ouest de la ville... je me suis décidé à aller y faire un tour.

Je suis parti de chez moi, donc, situé dans l'arrondissement Villeray. J'ai descendu St-Denis tout le long, pour arriver dans le premier bouchon de circulation, tout près du Vieux Montréal. Me faufilant entre les autos, je me suis aperçu que c'était encore pire sur de la Commune, la rue la plus au sud de l'Île (du moins dans cette partie). Mais bizarrement, j'adore ça, l'adrénaline du moment, le danger... Donc encore là, zig-zag, évite un piéton, un miroir d'auto, une porte, une calèche... et j'arrive finalement à la rue McGill. Je prends ensuite la rue Williams et je fonce vers le parc en question...




Ben oui toé, un parc à mon nom dans Montréal!, un peu perdu, relativement délabré.. c'est tout à fait moi! :)
Après une petite demi-heure de lecture dans "mon" parc, j'ai repris la rue Guy, pour "tomber" (plutôt "monter") sur Côte-des-Neiges. En fait, en partant du parc, je pensais que de passer par le Mont-Royal serait "intéressant". Hahhahahahahahhah!! je suis tellement drôle parfois...

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas Côte-des-Neiges, c'est une route qui longe le Mont-Royal par le côté ouest. Et ça monte, ça monte... j'en ai eu pour mon rhume. Mes jambes me disaient tout à coup : le divan c'était pas si pire finalement le grand, on se plaindra plus, promis!!

Côte-des-Neiges délimite aussi une partie anglophone de l'île, Westmount. Et à Westmount, il ne se prennent par pour n'importe qui. C'est eux qui ont LE boulevard, vous savez, "THE" boulevard...? Vous ne me croyez pas ? :




C'est quelque chose hein?

Je suis finalement arrivé à l'embranchement qui m'amenait sur le Mont-Royal... passe le Lac des Castors, grimpe encore un peu et arrive au belvédère, ce qui me donne une vue magnifique de ma ville... Puis retour à la maison, par l'avenue St-Laurent.. moi qui me promettait une petite promenande tranquille, je vais commencer la 2e saison de X-Files en toute quiétude...




vendredi 22 juin 2007

Erik Mongrain, encore

Parce que je ne me peux plus de le regarder... écoutez le son clean qui sort de ca!

Erik Mongrain

Ok.

Je suis jaloux.

Hey. Ca arrive vraiment pas souvent, je ne suis pas un gars envieux.

Mais là... ce gars joue comme un putain de dieu, et je sais de quoi je parle. Je tuerais pour jouer comme lui...

Je vous le laisse découvrir

L'UQAM....

En 2002, j'avais commencé un certificat en communications à l'Université du Québec à Montréal. C'était plutôt facile : grâce à mon diplôme d'étude collégial, j'ai pu faire créditer 5 cours sur les 10.

J'ai passé 4 cours entre 2002 et 2004 puis j'ai pris une pause, à cause du travail qui m'occupait de plus en plus. Mais j'ai omis d'avertir l'UQAM de ma (plus longue) absence (que prévue).

Cette année, je décide de terminer ce certificat. Je vais au Registrariat : surprise! je dois repasser par toutes les cochonneries administratives. Il faut comprendre que c'est un programme contingenté... Je dois donc dépenser un 50$ pour ouvrir mon dossier et attendre des nouvelles, pour 1. savoir si on accepte ma demande 2. passer un examen. Après deux mois, je reçois une première lettre : je suis 4e sur une liste d'attente. Ok, que je me dis.

Puis une 2e lettre, m'expliquant que je tombais sur une 2e liste d'attente, et que j'aurais des nouvelles au mois d'août. Je rappelle qu'il ne me reste qu'UN SEUL cours pour passer mon certificat!

Voilà qu'aujourd'hui on ajoute l'insulte à l'injure : ma demande est rejetée!

Je comprends qu'une chose : l'UQAM dans le rouge, elle n'a rien à faire des étudiants qui veulent terminer un programme, pour donner la place à des jeunes à temps complet qui vont décrocher au milieu de leurs année...

Il me reste à aller voir le recteur et demander de passer mon cours par correspondance...

mercredi 20 juin 2007

Un petit pas pour l'homme, 3e partie

Où en étais-je?

Ah oui, 1999.

Mon errance dans le cosmos du célibat pour une deuxième fois.

Je devais donc déménager de ce premier appartement montréalais. Où on va quand on est à Verdun? Ben on reste à Verdun... Mon frère, de cinq ans plus jeune que moi, s'amène avec son lit et ses dix millions de cassettes vidéo. Je suis content alors d'avoir un coloc que je connais, je suis moins content que ce soit mon frère. Pas que je ne l'aime pas, au contraire, je l'adore (je les adore, j'en ai 2). Mais une relation fraternelle est toujours plus intense qu'une relation amicale.

Il y a aussi plusieurs changements dans ma vie. Nouvel appart, nouveau quartier, nouveau travail - une boutique spécialisée dans les décorations de Noël (oui oui, j'en étais le lutin officiel - mon nom est encore sur la façade du magasin), nouveaux amis, nouveaux loisirs. Un collègue de la boutique me propose de faire de la radio dans une station communautaire, le temps que je suis chômeur (soit entre janvier et mai) ; je trouve l'idée excellente. Ça va me remettre sur les rails de ma réelle profession et me divertir un peu. Par un hasard dont seule Miss Coïncidence a le secret, je me rend à la radio CINQ FM, une radio multilingue. On est au milieu de l'après-midi, c'est un grand mince hébété qui me reçoit. Quand je lui dis que j'ai déjà fait de la "rééédio", ses yeux s'exorbitent. Il me pousse dans une cabine d'enregistrement pour me "familiariser avec l'équipement". L' "équipement", que je mets entre guillemets, datait de l'arrière-grand mère de Matusalem. Pris d'un fou rire, je pitonne ici, je fais tourner quelques boutons là... Après dix minutes, le garçon revient me voir et me dit : "viens, tu vas faire la mise en onde du retour à la maison". Dans le jargon radiophonique, le retour à la maison est l'émission diffusée habituellement entre 16h et 18h. Je le regarde, d'un air jovialement estomaqué, et lui demande : darpon? euh, pardon?

J'ai donc commencé à faire de la radio. De la mise en ondes, pour commencer, puis quelques chroniques artistiques et finalement de l'animation. Pendant deux belles années. Durant ce temps, j'ai rencontré une très jolie blonde, avec qui j'ai pu m'apercevoir que je pouvais faire des choses intimes dont je ne me doutais pas. ** tiens ça me rappelle

Conseil no 12 : ne jamais dire à un homme avec qui vous venez de coucher que vous êtes le cinquième dans la semaine. C'est un peu vexant.

On est tout de même resté amis. D'ailleurs si par hasard elle me lit et se reconnaît, redonne-moi de tes nouvelles!

C'est alors qu'un matin, aidant quelqu'un à la mise en ondes d'une nouvelle émission, je l'ai vu. Elle fumait à l'extérieur du studio, en attendant de retourner à l'animation de son émission matinale. La place s'est vidée de toute sa substance pour ne garder que sa présence. Ses cheveux roux bouclés emflammaient l'air ambiant, ses yeux pers transperçaient tout ce que j'avais de peau et de confiance en moi. Certains appellent ça un coup de foudre, j'appelle ça un putain de matraquage.

Mais comment me faire remarquer? J'avais beau aller la voir où elle travaillait, lui demander une sortie au cinéma... Rien n'y faisait. Un jour, par manque de contenu radiophonique, je suis arrivé à cette même émission du matin, guitare en main. Elle me demande : tu joues? Je lui réponds que oui, je me débrouille. Je me rappelle très bien de la scène qui a suivi. Pour commencer le show, j'ai chanté une composition originale, appelée La pomme et le serpent. J'étais debout derrière la console, guitare en bandouillière, chantant :

Danse danse, bouge rampe lèche, le sensuelDanse au rythme du ventC'est l'histoire de la pomme et du serpent...

Puis, je distingue deux mains dans la vitre séparant la régie du studio. Puis une paire de yeux pers, des cheveux de feu, un visage énigmatique. J'ai failli perdre mes moyens. Seulement failli, j'ai tenu le coup. C'est à ce moment que j'ai compris que mon instrument était une formidable armure. Je sentais aussi qu'on lui tirait le bras : son coanimateur voulait partir, il lui donnait un "lift". Elle dût quitter, l'air véritablement déçue (pour me dire plus tard qu'elle a demandé au conducteur de stationner la voiture pour entendre la fin de la chanson à la radio). Je me risque encore une fois à une invitation : elle accepte. Une guitare, les mecs, fait souvent des miracles... Voilà que le même instrument qui me faisait rencontrer ma première copine à vie, me permettait d'avoir un rendez-vous avec une deuxième demoiselle. Je chéris ce morceau de bois gazouillant.

On se donne rendez-vous dans un resto de la rue Ontario. J'arrive : elle lit Les Fleurs du mal de Baudelaire. Je m'assois. On parle, on mange, on boit surtout. Je me lève pour me diriger avec difficulté vers la salle de bain, je tente sans succès de replacer droit un miroir qui n'était pas du tout croche. Elle rit. Et je termine la soirée dans ses bras.

Puis elle me demande une chose : de lui jouer Quicksands, de Bowie, à la guitare. Genre : l'unique condition pour avoir son coeur. Sauf que je n'avais jamais entendu cette chanson, mis à part une fois au travers son walkman. J'ai réussi à dégoter les partitions et à la pratiquer quand elle n'était pas avec moi. J'ai tout de même pu réussir à la jouer correctement (nul ne sait comment), et la belle me prêta son coeur, pour 4 années.

Quatre ans, la plus longue relation que j'ai eu jusqu'ici ; la plus belle, la plus mouvementée. Une cicatrice que je chéris. Je trouvais et trouve encore qu'elle est l'une des plus belles femmes du monde. Une déesse mortelle. On ne se voit plus, malheureusement. Dassin avait raison : on s'est quitté sans penser à demain. Un demain qui est venu beaucoup trop vite...

Je suis toujours dans l'appartement qu'on a occupé ensemble, après être parti d'un logement immense qu'on occupait avec ses deux soeurs et leurs copains respectifs. Les couleurs qu'elle avait choisi sont encore sur les murs, la dispositon des meubles a à peine changé...

Prochaine partie : réappropriation du lieu, rencontres et autres surprises...

mardi 19 juin 2007

Qui veut mes belles bébelles?

Au temps du Far West, les affiches des villages perdus et malfamés offraient des récompenses pour des têtes mises à prix. Aujourd'hui, les affiches qui tapissent les murs des ruelles, les poteaux de téléphone et autres endroits susceptibles de recevoir quelques agraffes dans le dos nous proposent complètement autre chose, qui peut se répartir en trois catégories :

- les affiches culturelles (films archi connus, groupes de musique locaux, tels "Les marmottes spectaculaires" ou "The Preacher's Wife is my slutty machine gun", ou encore des événements spéciaux - je vous laisse les imaginer)

- les animaux perdus ("mon chat Mitaine s'est perdu dans un banc de neige")

- les ventes de garage.

Dans ce billet socio-anthropologique, nous allons nous pencher spécifiquement sur ce dernier phénomène.

Oui, phénomène, tel est le mot.

Dans certains pays, les habitants ont la brillante idée de se réunir à un endroit spécifique pour vendre leurs biens. Au Brésil, à Recife, c'est au centre de la ville qu'on se rencontre. À Bruxelles, par exemple, c'est à la Place du Jeu de balles. Certains parleront de "marché aux puces, marché en plein air, bazar".

Les deux photos : Place du Jeu de balles, Belgique



Au Québec, cas fascinant, les vendeurs occupent une partie d'une ruelle, la devanture de la maison, le trottoir ou tout autre endroit pouvant accueillir plus de 10 personnes à la fois tout en étant près de l'habitation principale. On place quelques tables rudimentaires, souvent faites d'une planche mince et de tréteaux, sur lesquelles on dispose les biens à vendre. L'organisation de cette vente est spécifique à une saison (le printemps, sinon le début de l'été) et est habituellement pratiqué en solo.

Les raisons d'organiser sa "vente de garage" sont relativement simplistes.

- vider le garage, le sous-sol ou toute autre pièce emcombrée de la maison

- faire un peu d'argent avec les cadeaux dont on n'a jamais voulu, de babioles qui ne servent plus

- revendre, année après année, ce qu'on a acheté lors d'une autre vente de garage.

Il serait étonnant de faire le suivi d'un objet. Sa migration, de main en main, de maison en maison, en dirait beaucoup sur les habitudes des Québécois. Il est à noter que plus de 90% des articles sont usés, vieux, parfois brisés, souvent kitsh (quétaine).

Une autre spécificité de la vente de garage est ce que les habitués appellent "le bargain" - le marchandage. Les prix sont rarement fixes, on peut discuter, faire descendre le prix d'un objet, ou avoir un prix pour un certain nombre d'artefacts si on promet des les acheter ensemble. Les cas de "2 pour 2$, les 5 pour 4$, 10 pour 1$, le tout pour 50 cents" ne sont pas rares. Il Inutile de rappeler que cette partie de la vente, autant pour l'acheteur que le vendeur, est l'un des plus grands plaisirs de l'événement.

La vente de garage a, par contre, une grande pertinence écologico-économique. En plus de trouver quelques fois des objets rares, de collection, voire des produits que nous n'aurions jamais acheté autrement, elle favorise l'environnement en diminuant le nombre de déchets qui pourraient se retrouver au dépotoir. Mais la question se pose : est-ce que nous devenons, par le fait même, le petit dépotoir de quelqu'un d'autre? Est-ce que ces ventes de garage ne sont que la réaction pacifiste à une surconsommation abusive des habitants des pays développé?

Quoi qu'il en soit, au Québec et spécialement à Montréal où cette activité pullule dans plusieurs quartiers de la ville, la vente de garage annonce ou même symbolise hors de tout doute l'arrivée de la belle saison.



lundi 11 juin 2007

Un petit pas pour l'homme, partie 2

Mai 1997 : quelques éphémérides

* 1er mai : Large victoire des travaillistes au Royaume-Uni : Tony Blair remplace John Major.
* 11 mai : L'ordinateur IBM « Deep Blue » bat Kasparov champion du monde d'échecs.
* 17 mai : Victoire de Laurent-Désiré Kabila au terme de plusieurs semaines de combat au Zaïre, qui (re)devient la République démocratique du Congo.
* 20 mai : Décès de Virgilio Barco Vargas, président de la République de Colombie de 1986 à 1990. (° 17 septembre 1921).
* 23 mai : Victoire d'un modéré aux élections en Iran : Mahammad Khatémi.
* 25 mai : Référendum pour la « Padanie » organisé en Italie par la ligue du Nord de Umberto Bossi.
Coup d'État en Sierra Leone, durant la guerre civile, qui oblige à l'exil le président élu Ahmad Tejan Kabbah.
* 27 mai : Signature d'une charte entre l'OTAN et la Russie.
* 29 mai : Décès de Jeff Buckley, chanteur

Et mai 1997 : retour de David au bercail familial après 3 ans d'exil.

Je n'étais pas très fier de mon état. À 19 ans, j'aspirais à autres choses que de me retrouver en campagne profonde, chez mes parents. J'aime les montagnes, l'air pur, mais bordel que la vie mouvementée, les événements culturels, le monoxyde de carbone et le béton gris me manquaient. Ce qui m'a sauvé (un peu) la vie, c'est une découverte gigantesque que j'avais fait en 1995 : non, pas celle que le Québec n'était pas encore prêt à prendre en main sa destinée (une victoire du Non au référendum à l'arraché - 50,6%) mais plutôt l'Internet. Ah! la magnifique invention à laquelle je suis maintenant pluggé in vitro. Une bébelle technologique qui a changé non seulement virtuellement, mais littéralement le monde - surtout le mien. Disons qu'après le BBS (babillard électronique, genre d'écran noir plate en mode DOS où l'on pouvait discuter - mon meilleur ami et moi passions des heures à parler avec des filles à.... 20 km de chez nous, pathétique rare) on pouvait entrer dans des "vraies" salles de chat (tchattt) où, sous la merveilleuse couverture anonyme d'un pseudo, on rencontrait d'autres gens anonymes aux pseudos plus bizarres les uns que les autres. Mais de ces pseudos, un m'a frappé. Elle s'appelait Bécassine. D'un commun accord, on a décidé de se rencontrer. Elle habitait la rive sud de Montréal, et j'allais au Festival de Jazz, heureuse coïncidence...

Au départ ce n'était qu'une rencontre entre deux amis virtuels, sans plus. Puis, je suis arrivé chez elle. On fêtait l'anniversaire de sa maman. Au menu : salade de bébé pieuvres et homards cuits sur le feu de bois. Moi qui n'avais jamais mangé de fruits de mer... Ça s'annonçait comme le jeûne ultime de la semaine. La salade a drôlement passé (je pouvais sentir les ventouses s'accrocher aux parois de mon oesophage, et le homard goûtait vraiment bizarre...) mais ce fut plutôt la Bécassine qui m'avait enchanté. Quelques jours plus tard, elle m'appelle chez mes parents :
- Ca te tentes-tu de partir quelques jours?
-Où?
- On va faire le tour de la Gaspésie!
- ok.Ok... ok!! Surpris de ma réponse, j'ai sauté dans l'aventure à pieds joints, trop heureux de sortir de la maison familiale et partir avec cette nouvelle future conquête.

Elle est arrivée un jour de juin avec sa Volks déglinguée. Encore aujourd'hui, je me demande comment on s'est rendu, après avoir déjà été (un an plus tard) en "difficulté temporaire dû à un bris mécanique récurrent" en plein carrefour hyper achalandé de Montréal. On a rempli la voiture et bonjour les vacances! Après 3 ans de fête, d'études intensives et de stress, j'en avais besoin.

Peut-être même un peu trop. J'ai dormi pendant le trois quart du voyage. Un bel épais. Si j'ai vu la Gaspésie? Dans mes rêves, oui! La tête accotée sur la vitre du passager, voir le paysage défiler m'hypnotisait. Et hop je fermais les yeux et je partais dans les vapeurs du sommeil. Pour contrer cet état irrespectueux, on a décidé de mettre de la musique revigorante : AC/DC, rien de moins. Bécassine et moi ne sortions pas encore ensemble, il n'y avait pas eu de rapprochement, mais je suis sûr que ce qui l'a séduite complètement est mon numéro de clown qui se fracassait la tête à coup de sandale pendant Thunderstruck, en criant comme un eunuque pris dans un broyeur à déchets. Irrésistible.

De ma petite bourgade, on a fait tout le chemin sur la rive nord du fleuve St-Laurent. On s'est arrêté quelques jours au chalet familial de Bécassine à La Malbaie : vue imprenable sur le fleuve, c'était majestueux. Puis, cap sur Baie Comeau, où on a couché dans une tente, dans la cour arrière de parents d'amis. Ils nous avaient offerts le sous-sol, mais on voulait tester la tente. C'est ce qu'on appelle des "folies de jeunesse". On a pris le traversier direction Matane, puis petit dodo à Ste-Anne-des-Monts, pour poursuivre notre périple vers Gaspé et notre premier vrai coup de coeur : Percé... Ahhh Percé. Là où j'ai failli perdre la vie au bord d'une falaise, en tentant de retenir ma tente, que le vent du large tenait dans ses filets et tentait d'amener vers la mer. Bien entendu, la belle n'a rien vu, occupée à se doucher. Je sais maintenant ce que ressent un homme en deltaplane qui ne sait pas comment atterrir. On a continué vers le sud, on a dormi gratis à Carleton (personne à la porte d'entrée du camping le soir, ni le lendemain matin : zouuu ni vu ni connu!), traverse des terres du Bas St-Laurent et retour à La Malbaie, où nous avons passé pratiquement une semaine à mieux nous connaître, du moins plus intimement. Nous avons alors décidé mutuellement de déménager en ville, à Montréal, pour fuir notre nid familial. Il ne faut pas lire ici que nous nous y plaisions pas, mais à un moment de la vie, il faut couper définitivement le cordon au risque de faire du bungee inutilement. On a jeté notre dévolu sur un petit 4 et demi dans Verdun. Quartier malfamé à ce moment-là, mais le loyer était quand même propre et pas cher. On a habité deux ans ensemble, se séparant lors de la 2e année. Bizarrement, nous faisions chambre à part, ça a aidé un peu, surtout pour la déco : chacun nous trucs! Mais cette femme était particulière, et est restée une amie très chère. C'est tout dire : j'ai été témoin à son mariage...

À suivre : la rencontre d'une déesse et la descente aux enfers... je me prends pour Orphée ou quoi?

dimanche 10 juin 2007

Un petit pas pour l'homme part 1

Certains ont déjà lu ce message. D'autres non.

En fait, je reprends ici mes péripéties romantiques, que j'avais commencé à déverser sur un autre blog.

Alors pour votre plus grand plaisir, voici Un petit pas pour l'homme...

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Le 28 janvier dernier (2007), je terminais un livre appelé Un petit pas pour l'homme... du jeune auteur montréalais Stéphane Dompierre. L'histoire en est plutôt simple : un homme de 30 ans, gérant d'une boutique de disques sur Duluth (rue piétonne de Montréal) depuis plusieurs années, quitte sa copine après 6 ans et demi. Il se ressaissit, veut baiser tout ce qui bouge, tombe comme une larve et se redresse. Il passe par les 5 phases du célibat :

Phase 1. Phase dite du taureau relâché, connue aussi sous le nom de phase du caniche en rut zignant sur la jambe de mononcle habillé propre qu'on ne voit pas souvent
Phase 2. Phase dite du bébé phoque impuissant faisant des petits yeux tristounets à la télé pour attendrir les vieilles madames et faire pleurer les petites filles qui tiennent un journal intime.
Phase 3. Phase dite de la larve gluante sortant du cocon en clignant des yeux, éblouie par l'insoutenable lumière du jour.
Phase 4. Phase dite du chien renifleur, connue ausi sous le nom de phase de la vache repue observant calmement passer un train de marchandises dans un champ, peu avant de se faire violemment ensemencer par le taureau.
Phase 5. Phase dite du lemming qui se balance en bas de la falaise comme tous ses amis lemmings, prouvant ainsi qu'il n'a rien compris dans la phase 4.

Un livre plutôt intéressant, avec des phrases bien tournées, une écriture simple mais punchée, mais un bouquin qui parle de cul comme du seul moteur de l'homme début trentaine.

Est-ce que les hommes ne pensent vraiment qu'au sexe? Bon, oui, j'avoue que plusieurs sinon la plupart y trouvent une, sinon LA seule motivation à leur vie relationnelle mais quand même.

Donc aujourd'hui, je me suis dit que si Daniel (personnage du roman) peut bien retrouver son histoire dans un livre, "je" peux bien raconter un peu la mienne, nuancée et romancée, ici...

Prologue : (pour mes lectruces et lecteurs Européens, j'ai mis un petit lexique au bas de la page)
Je suis David, j'ai maintenant 30 ans depuis le début de cette foutue année 2007. Autre fait marquant, je suis divorcé officiellement depuis le 19 janvier. Mais first thing first comme disent les Espagnols.

D'une enfance moyenne à courir dans les bois et à dessiner sur une immense table à dessin, dernier cadeau de mon parain pour mes 3 ans (non, je ne lui en veux pas!), je suis tombé dans une adolescence responsabilisante. Deux frères de 5 et 7 ans plus jeunes, un papa absent pour nourrir la famille, une maman occupée, sonnez trompette de la destinée! "Nerd" de service à l'école - il faut dire que mes bonnes notes, mes questions sujet-verbe-complément qui rendaient jaloux la moitié de ma classe et mes lunettes d'une mocheté indescriptible ne m'aidaient pas beaucoup- et que quelques (bons) amis à ma rescousse-cousse-cousse, ma vie pubère a été d'un ennui mortel. Je n'ai même pas eu de bouton, c'est tout dire. Tellement que le curé du village, sentant mon potentiel du célibataire endurci, a tenté de me faire joindre les ordres. Pourtant, la gente féminine continuait à me mystifier. Au secondaire, j'ai été amoureux d'une XXYY qui me frigorifiait et me faisait fondre tout à la fois. Cinq ans d'amour, cinq ans perdus. Côté béqué-bobo, j'étais en retard sur la plupart des créatures qui se bougent les fesses le matin. J'ai reçu mon premier baiser sur la joue en 5e année B, d'une Nathalie, après qu'elle m'aie donné un cadeau d'échange de No-hell. Puis, j'ai dû attendre le cégep pour retrouver ce petit frisson qui se faufile sournoisement sous la peau.

Je me rappelle, c'était une journée froide. Un décembre triste. J'ai adoré mon cégep à Jonquière. Je le dirai toujours : les 3 plus belles années de ma vie. J'ai rencontré des gens là-bas que je n'oublierai jamais. J'ai aussi beaucoup changé, devenant soit celui que j'étais vraiment, soit celui que je voulais être. Donc, première année de cégep, 17 ans bientôt 18. J'étais en ébullition, comme un volcan tranquille qui risque d'exploser sous la chaleur torride que dégage les plus belles filles du Québec qui se sont dit : mais pourquoi qu'on étudierait pas à Jonquière cette année? Juste pour le plaisir : j'étais quand même dans la même classe que Josée Bournival, Claudine Prévost, Patricia Demers.. on fait pire dans le pichou de service, croyez-moi. Mais me revoilà en amour par dessus la tête du géant Beaupré avec une certaine YYXX. Elle et moi, moi et elle, à la cafétériat Chez Janine (un nom disparu aujourd'hui...) à se regarder et se dire combien on va s'ennuyer d'ici, que ça va être plate dans nos familles respectives, pendant nos vacances de No-Hell. - tiens, à y penser, j'ai quelque chose avec No-Hell et les filles moi... Je lui demande alors (et là, ne me demandez JAMAIS comment j'ai pu faire ça, j'y repense aujourd'hui et je me confonds moi-même) :
- YYXX, je veux un cadeau de Noël avant que tu partes. Elle me répond :
- Oui?
- Un bec.
- Juste ça? Et elle m'embrasse sur la joue. Vexé je lui dis :
- non, non... un vrai, sur la bouche.Et c'est là, dans un rayon de soleil, ses cheveux châtains scintillants, un sourire aux lèvres, trouvant ma demande coquine et comique, qu'elle m'embrasse. Chaste, pur, mais un baiser sur la bouche. Une bouchée de chocolat. Dans ma confusion, elle s'empresse alors de partir...
Mon premier contact bouche à bouche. J'aurais vraiment eu besoin de la Croix Rouge si je n'avais pas senti tout à coup mon coeur rebattre comme un forcené qui me criait : mais cours-lui après triple andouille d'imbécile heureux! Je n'en ai rien fait. Et ma foi, j'ai bien agi. Notre relation est resté platonique, et avec raison. Elle m'a assassiné pour la première fois quand elle m'a dit : tu as le don d'aimer les filles inaccessibles... Ça m'a scié en deux. S'il n'avait pas fait aussi froid ce soir de février, je crois que ma partie du haut serait tombé en bas des marches de son appartement, et se serait fracassé en morceaux sur le béton. Mais j'ai bizarrement tenu le coup. C'est fou comment l'homme parfois peut encaisser comme connerie.

Puis je suis tombé amoureux d'une petite amazone qui en aimait un autre. XYZ était belle, mignonne, jolie, intelligente, douce... Exactement ce que je cherchais. Mais il semble que les pépites d'or que l'on trouve parfois ne nous appartiennent pas, qu'on ne peut que les regarder passer. Je me suis même déjà introduit chez elle pour lui faire à bouffer avant qu'elle revienne d'un cours. Je dégoulinais de gentillesse à l'époque, et je suinte encore un peu...

Et puis, je suis tombé sur une perle rare. LA perle rare. On a beau fouiller dans des coquillages dégueus, parfois on trouve une jolie surprise à l'intérieur. Comme dans les boîtes de céréales quand j'étais petit. J'ai tout appris avec elle, surtout à devenir un homme. Elle m'a initié à tout. Elle m'a fait renaître. Ces bras était un havre de paix ou un champ de guerre, sa peau était le salue de mon âme, son rire, le seul remède à ma morosité. J'ai perdu presque 20 livres à me battre avec elle dans mes draps. Un feu de joie géant qui a eu des répercussions même sur notre voisin d'en bas qui était dur de la feuille. Pour la deuxième fois de ma vie, on m'assassinait : à la fin de ma 3e année de cégep, elle me quittait pour retourner avec son ex. J'ai eu beau brasser les cendres de notre couple en feu, il ne restait plus rien.

J'ai eu alors le mal du pays, et j'ai quitté le Saguenay pour retourner chez mes parents. Premier amour perdu, première job perdue (j'étais à Radio-Canada à l'époque, job d'été que j'ai claqué - quel abruti de merde!) première vraie vie de perdue. Je suis retourné, la queue entre les jambes, chez Papa-Maman où je m'étais promis de ne plus remettre les pieds - pour y habiter.

À suivre : ma virée en Gaspésie, au son d'AC/DC et la rencontre d'une déesse...

Lexique :
-béqué-bobo est une expression à double sens (du moins dans ma famille) : c'est quand on se blessait, notre maman embrassait le bobo pour le guérir... mais ca peut être aussi les premiers baisers amoureux cachés dans la grange ou dans la ruelle...
-No-Hell= Noël
-Josée est animatrice à la radio, Claudine aussi, à CKOI et à la télé avec Normand Brathwaite pour Belle et bum, et Patricia est miss météo à TVA et travaille pour Radio RockDétente
-Le géant Beaupré est un géant québécois, son corps est exposé en quelque part dans un musée à Montréal. Le groupe de musique Beau Dommage a d'ailleurs écrit une chanson sur lui.

vendredi 8 juin 2007

Montréal

MONTRÉAL C'EST TOI MA VILLE, PART I (avouez que ca fesse dans l'dash)


Montréal est une drôle de ville. On en parle probablement sur des centaines de blogs. Métropole nombriliste pour certains, ville culturelle et plaque tournante pour d'autres, Montréal reste pour les Québécois une place aussi mythique que détestée, aussi attrayante que mystérieuse. J'ai toujours eu une histoire particulière avec Montréal. Durant les premières années de ma vie, mes parents croyaient que j'étais fêlé. Oui oui, je tombais toujours, je fonçais dans les murs... Jusqu'au jour où mon père s'est aperçu, en voyant un de mes dessins bizarres et en me demandant ce que je voyais, que j'avais un problème de vue intense. Après quelques pseudo-experts qui disaient que j'avais rien (sales incompétents! ah... ca fait du bien, après 25 ans), on est allé rencontrer un homme qui a changé ma vue... euh vie. Ce qui nous retourne à Montréal.

À cinq ans, je prenais le métro pour la première fois. Je me sentais grand, j'étais impressionné, et je suis sorti à la première station, pensant être arrivé. Les portes se sont donc refermées sur le nez de mes parents en panique. Ils m'ont fait des simagrées par la fenêtre, m'ont demandé de rester calme (mais j'étais calme!) et de rester là... et ils sont revenus par l'autre côté. Question de suivi médical, je revenais tous les ans à Montréal. C'était un de mes plaisirs inavoués. Je trouvais ça grand, beau, mais qu'est-ce que ça puait, terrible. On passait par les raffineries, à l'entrée de la ville. Ca sentait pas comme chez nous, en campagne. Ca sentait la ville, la pollution, l'urbanisme expantionniste à plein museau.

Puis j'ai déménagé à Montréal en 1997, après avoir quitté Chicoutimi, après un mal du pays et une peine d'amour. Durant la première année, je sentais un poids sur mes épaules. La ville me semblait lourde à vivre, à porter, à habiter, à assumer. Puis je l'ai visité, longuement, j'ai longé ses artères les plus achalandées, plongé dans ses ruelles les plus sombres, admiré ses avenues inconnues, je me suis perdu en elle comme on se perd dans un livre saississant. À chaque fois que je pars en voyage et que je reviens, je suis heureux - ma ville me colle à la peau. Montréal est belle, Montréal sourit, Montréal pleure, Montréal vit.

Je vais donc parler de cette ville que j'aime de plus en plus, à ma manière. Vous la présenter par mes yeux d'homme, de gamin, de petit comique, d'amoureux.

Montréal est reconnue pour de multiples raisons dans le monde. Tout dernièrement, c'est grâce à la musique que la métropole brille sur la scène internationale. On n'a qu'à penser à Arcade Fire, The Stars, Mobile, Lhasa, Patrick Watson, Georges Hamel... ca pullule ces temps-ci. Mais Montréal, c'est aussi de l'architecture, du design (voir le fabuleux blog toctoctocentrez, de mon extraordinaire amie Eve) une histoire particulière, une vie différente d'ailleurs...








Aujourd'hui, je vous parle des cordes à linge. Pourquoi? Parce que c'est drôle. Parce que c'est plutôt typique. La notion de corde à linge revient souvent dans les pièces de théâtre de Tremblay, par exemple. La corde à linge, rapidement, est une corde aller-retour sur laquelle on accroche ses vêtements pour les faire sécher. Je m'en sers aussi pour enlever les poils de mes chats de sur mes vêtements, par temps de grand vent, mais c'est une autre histoire. C'est aussi l'outil par excellence pour communiquer avec ses voisins. Je soupçonne même certaines personnes d'accrocher des morceaux secs et propres juste pour "piquer une jasette" (discuter) ou "écornifler" (fouiner) avec/chez les gens de l'entourage.


Les ruelles de Montréal se colorent souvent l'été grâce aux cordes à linge. Rouge, bleu, vert, jaune, slip, chemise, pantalons.... y'en a pour tous les goûts, du plus mauvais au plus audacieux.



À ne pas manquer dans Montréal c'est toi ma ville part II : quand les créatures urbaines régurgitent leurs détritus pour en faire profiter aux autres... ou "les ventes de garage"