dimanche 27 mai 2007

8 et demi

Préface :

Pour ceux et celles qui n'ont pas l'immense honneur de me connaître (j'exagère à peine, attendez d'en savoir davantage sur moi, vous vous exclamerez "mais comment ai-je pu vivre avant?") je suis critique théâtre depuis quelques années.

J'aime ce métier, qui me permet de confronter mes idées, mes opinions, d'affermir mes pensées face aux arts, à ses modes d'expressions, et à me connaître davantage, à savoir apprécier, dire pourquoi et décrier ce qui me déplait, en expliquant aussi le pourquoi du comment. Ce n'est pas toujours facile, croyez-moi sur parole.

Mon style pourrait paraître formel, didactique, pédagogique ; j'aime expliquer les choses, donner aux gens des indices, des explications, des notions de base pour mieux comprendre le spectacle qu'ils verront ou qu'ils ont déjà vu.

Pour ce, je fais donc un minimum de recherche pour la plupart des pièces que je vais voir. Je dis la plupart parce qu'en moyenne, depuis 5 ans, j'ai critiqué entre 80 et 95 pièces par saison (une saison s'étend habituellement de septembre jusqu'au début juin... donc environ 8 mois - pratiquement 10 à 12 pièces par mois). Au moment où j'écris ces lignes, nous sommes à la fin mai 2007, la saison théâtrale est pratiquement terminée, le FTA (Festival TransAmérique) sévit sur Montréal et nous apporte son lot de spectacles étrangers et inédits (que je suis avec attention).

Le Rideau Vert, en collaboration avec Juste pour rire, nous présente en clôture de saison 2006-2007 une comédie musicale intitulée Neuf (une traduction du musical "Nine", d'Arthur Kopit et Maury Yeston, mettant en vedette à Broadway nul autre que Antonio Banderas), inspiré du film 8 et demi de Fellini, et, bien entendu, de sa vie intime. Ce soir, deux jour avant la première, j'ai enfin mis la galette de plastique appelée communément "dévédé", signée Criterion, dans mon lecteur pour en finir avec ce visionnement. Non, je n'avais encore jamais expérimenté le cinéma fellinien. Oui je voulais expédier ça dans les limbes de mon passé pour enfin finir les épisodes de Lost et Heroes... je reviendrai sur ces séries et sur plein d'autres choses dans d'autres billets. Stay tuned comme disent les Portugais!

Fellini

Son noir et blanc contrasté, sa fantasie, son côté cartoonist m'a séduit dès le départ. Film totalement onirique, où un réalisateur en panne d'inspiration fuit dans ses fantasmes, est charmant et étrangement fluide. Marcello Mastroianni y est tout aussi macho que touchant, tout aussi belliqueux qu'attendrissant. Mais de ce film nous retenons un personnage d'une importance capitale : les Femmes. Pour les incarner, Fellini n'a pas pigé dans le vase de la laideronne... Claudia Cardinale, Sandra Milo, Rossella Falk, Madeleine LeBeau, mais surtout Barbara Steele, d'une beauté sauvage et rebelle, et Anouk Aimée, sophistiquée, bourgeoise, mais terriblement splendide (j'adore ses lunettes! - qu'elle porte bizarrement par dessus ses oreilles, au lieu du dessus...).








Elles sont pour Fellini une terreur, un amour, une haine. Il les dépeint toutes comme des mères, des garces, des femmes mariées, des maîtresses, des grand-mères, des muses. Il est obnubilé, obsédé par elles. Et je crois que seul lui (et le cinéma italien) a pu si bien montrer à l'écran cette relation difficile, ambigüe, presque autant dévastatrice que salvatrice.

Et quoi dire de la finale, une ronde composée de toutes les personnes importantes de la vie du réalisateur (Mastroianni-Fellini), qu'il n'a su aimer, se tenant par la main, sous la musique de Nino Rota, joué par un petit orchestre dirigé par un enfant - vision du réalisateur, qui dit que l'on doit regarder la vie comme une fête, et la célébrer... déstabilisant.

Reste à voir maintenant ce que Mme Filiatrault et Serge Postigo - qui tient le premier rôle - pourra nous offrir. Est-ce que ce sera un spectacle musical ordinaire ou une vraie réflection sur l'art créatif, sur l'angoisse de la panne artistique, sur un artiste face à son oeuvre, sur un homme face aux femmes, face à la vie et à la mort... Hahahaha! Pour être franc, je n'y compte pas trop. Où es-tu Antoniooo??? Si je dois voir la version montréalaise du show de Broadway, amenez-moi au moins les gagants des Tony Awards!!

Je suivrai le visionnement de 8 et demi sous peu avec La Strada, La Dolce Vita et Amarcord... merci Thomas!

3 commentaires:

  1. I'm trying to understand you... :)

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  2. J'ai bien hâte de savoir ce que tu penses de la pièce version Pure Laine. J'en ai entendu parler quelques fois à la télévision et ça m'intrigue. Je n'ai aucune expérience théâtrale significative, mais n'empêche... mon attention est piquée.

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  3. la jeune fille s'était assise lentement sur le sol gelé. sa tête était baissée, depuis le temps, elle aurait dû comprendre qu'on ne s'attache pas aux inconnus. mai était son mois de naissance et fellini était...fellini. elle sourit en voyant son nom "jacinthe", un prénom assez rare, laissé là, par une inconnue. elle aurait aimé parler de théâtre, mais l'inconnu était savant. elle décida de l'observer, c'était plus amusant et moins exigeant.

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