mardi 29 mai 2007

Neuf

Ben voilà, c'est fait. La dernière pièce de la saison 2006-2007 est maintenant dernière moi, ainsi que sa critique. Quel soulagement!

Je vous transcris ici la critique que j'ai écrite, vous pouvez la retrouver avec quelques photos sur www.montheatre.qc.ca

Neuf est une comédie musicale, une adaptation très libre (voire seulement "largement inspirée") du film 8 1/2, point tournant dans la carrière du réalisateur italien Federico Fellini. Signée par Arthur Kopit (livret) et Maury Yeston (paroles et musiques), d'après le texte en italien de Mario Fratti, Nine (version originale) fut un véritable succès à Broadway, surtout lors sa reprise, en 2003, avec le talentueux Antonio Banderas, raflant 3 Tony Awards (prix décernés aux comédies musicales aux États-Unis) dont pour Meilleur acteur. Traduit et adapté par Yves Morin, Neuf reprend le thème réaliste du film du Maestro, soit celui d'un réalisateur sur le déclin, Guido Contini (Serge Postigo), qui tente de trouver un sujet à son prochain film dont le début du tournage est prévu pour la fin de la semaine. Mais l'inspiration ne vient pas. Et rien ne va plus avec sa femme ; ils décident donc de se rendre dans un spa pour prendre un peu de repos et se retrouver. La maîtresse de Guido, Carla (Emily Bégin) l'attend aussi, ainsi que sa productrice française Liliane la Fleur (Karine Belly) et son associée, une critique acerbe, qui déteste Contini, recyclée dans la production (Patsy Gallant). Sous la pression, il demande à voir sa comédienne fétiche et ancienne maîtresse Claudia (Catherine Sénart) pour l'inspirer... Au monde réel de Guido se mêle ses fantasmes, ses frasques avec la religion, ses souvenirs d'enfant de neuf ans (de là une partie du titre de la pièce, en plus d'un lien avec 8 1/2) découvrant la sexualité et l'amour avec la Sarraghina (Danièle Lorain), et sa mère (Marie Denise Pelletier), figure des figures féminines de sa vie.

D'entrée de jeu, avec le nombre de comédiens sur scène, on sent déjà que la scène est trop petite pour contenir une telle production. Et celle-ci en souffre, principalement au niveau du décor, qui semble coincée, étouffer. Les éléments de la scénographie sont principalement inspirés du film, avec cet escalier en béton (la maison familiale de Guido), ses boules blanches et bleues des années 60, suspendues, et des échafaudages (en deuxième partie), rappelant les rampes du vaisseau spatial de 8 1/2. Côté voix, pratiquement impeccable : dès les premières notes, nous avons droit à une chorale, toute féminine, claire, juste et très harmonieuse. Tout le reste de la pièce ne sera pas sans reproche, mais la plupart des comédiens-chanteurs ont la chance de faire valoir leurs excellentes voix, de Serge Postigo (fantastique) à Estelle Esse (un peu classique, mais efficace), Emily Bégin (sexy) à Catherine Sénart (enchanteresse). Le jeu n'est pas en reste : mademoiselle Bégin joue l'allumeuse d'une façon un peu burlesque mais avec beaucoup d'érotisme, Estelle Esse semble coincée dans son personnage de Luisa, qui pourrait jouer plus facilement sur l'ironie ; elle interprète néanmoins son rôle avec aplomb. Postigo habite totalement son personnage, dégageant une énergie de tous les diables. La plupart ont un léger accent italien, qu'ils perdent malencontreusement à un moment ou à un autre du spectacle, surtout dans les chansons. La scène la plus touchante est probablement celle qui réunit pour la première fois Claudia et Guido : Catherine Sénart joue la grande actrice divinement, Postigo est au bout de lui-même et enfin, leurs chansons et leurs voix nous font frémir pour leurs personnages.

Les costumes de François Barbeau sont toujours aussi élégants, finement travaillés et tape à l'oeil - certains sont terriblement sexy et révélateurs, surtout au niveau des jambes - dont certaines sont dignes des Folies bergères..

On retrouve, au niveau de la mise en scène de Denise Filiatrault, plusieurs clins d'oeil à Fellini, dont les fameux paparazzi, et son excommunion (à cause de La Dolce Vita - Carla (Emily Bégin) emprunte d'ailleurs un peu au look de Anita Ekberg). Malgré un rythme soutenu, des chorégraphies travaillées, il est difficile de passer à côté de certains clichés, et essentiellement tout est superficiel : on se concentre sur les aventures amoureuses de l'homme, de sa femme qui pourrait être une représentation de sa mère BCBG, de son amante qui ne veut que son divorce pour l'avoir à elle toute seule et de cette actrice qui représente l'apogée de son art - alors que la véritable crise est intimement personnelle, artistique, créatrice. Ceci étant dit, le spectacle fonctionne bien et est divertissant (sans que pour autant une chanson reste collée aux parois de notre cerveau). Comme l'a dit ma voisine durant le spectacle, c'est un bonbon d'été, un popsicle trois couleurs, qui marchera certainement autant à Montréal qu'en tournée.

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dimanche 27 mai 2007

8 et demi

Préface :

Pour ceux et celles qui n'ont pas l'immense honneur de me connaître (j'exagère à peine, attendez d'en savoir davantage sur moi, vous vous exclamerez "mais comment ai-je pu vivre avant?") je suis critique théâtre depuis quelques années.

J'aime ce métier, qui me permet de confronter mes idées, mes opinions, d'affermir mes pensées face aux arts, à ses modes d'expressions, et à me connaître davantage, à savoir apprécier, dire pourquoi et décrier ce qui me déplait, en expliquant aussi le pourquoi du comment. Ce n'est pas toujours facile, croyez-moi sur parole.

Mon style pourrait paraître formel, didactique, pédagogique ; j'aime expliquer les choses, donner aux gens des indices, des explications, des notions de base pour mieux comprendre le spectacle qu'ils verront ou qu'ils ont déjà vu.

Pour ce, je fais donc un minimum de recherche pour la plupart des pièces que je vais voir. Je dis la plupart parce qu'en moyenne, depuis 5 ans, j'ai critiqué entre 80 et 95 pièces par saison (une saison s'étend habituellement de septembre jusqu'au début juin... donc environ 8 mois - pratiquement 10 à 12 pièces par mois). Au moment où j'écris ces lignes, nous sommes à la fin mai 2007, la saison théâtrale est pratiquement terminée, le FTA (Festival TransAmérique) sévit sur Montréal et nous apporte son lot de spectacles étrangers et inédits (que je suis avec attention).

Le Rideau Vert, en collaboration avec Juste pour rire, nous présente en clôture de saison 2006-2007 une comédie musicale intitulée Neuf (une traduction du musical "Nine", d'Arthur Kopit et Maury Yeston, mettant en vedette à Broadway nul autre que Antonio Banderas), inspiré du film 8 et demi de Fellini, et, bien entendu, de sa vie intime. Ce soir, deux jour avant la première, j'ai enfin mis la galette de plastique appelée communément "dévédé", signée Criterion, dans mon lecteur pour en finir avec ce visionnement. Non, je n'avais encore jamais expérimenté le cinéma fellinien. Oui je voulais expédier ça dans les limbes de mon passé pour enfin finir les épisodes de Lost et Heroes... je reviendrai sur ces séries et sur plein d'autres choses dans d'autres billets. Stay tuned comme disent les Portugais!

Fellini

Son noir et blanc contrasté, sa fantasie, son côté cartoonist m'a séduit dès le départ. Film totalement onirique, où un réalisateur en panne d'inspiration fuit dans ses fantasmes, est charmant et étrangement fluide. Marcello Mastroianni y est tout aussi macho que touchant, tout aussi belliqueux qu'attendrissant. Mais de ce film nous retenons un personnage d'une importance capitale : les Femmes. Pour les incarner, Fellini n'a pas pigé dans le vase de la laideronne... Claudia Cardinale, Sandra Milo, Rossella Falk, Madeleine LeBeau, mais surtout Barbara Steele, d'une beauté sauvage et rebelle, et Anouk Aimée, sophistiquée, bourgeoise, mais terriblement splendide (j'adore ses lunettes! - qu'elle porte bizarrement par dessus ses oreilles, au lieu du dessus...).








Elles sont pour Fellini une terreur, un amour, une haine. Il les dépeint toutes comme des mères, des garces, des femmes mariées, des maîtresses, des grand-mères, des muses. Il est obnubilé, obsédé par elles. Et je crois que seul lui (et le cinéma italien) a pu si bien montrer à l'écran cette relation difficile, ambigüe, presque autant dévastatrice que salvatrice.

Et quoi dire de la finale, une ronde composée de toutes les personnes importantes de la vie du réalisateur (Mastroianni-Fellini), qu'il n'a su aimer, se tenant par la main, sous la musique de Nino Rota, joué par un petit orchestre dirigé par un enfant - vision du réalisateur, qui dit que l'on doit regarder la vie comme une fête, et la célébrer... déstabilisant.

Reste à voir maintenant ce que Mme Filiatrault et Serge Postigo - qui tient le premier rôle - pourra nous offrir. Est-ce que ce sera un spectacle musical ordinaire ou une vraie réflection sur l'art créatif, sur l'angoisse de la panne artistique, sur un artiste face à son oeuvre, sur un homme face aux femmes, face à la vie et à la mort... Hahahaha! Pour être franc, je n'y compte pas trop. Où es-tu Antoniooo??? Si je dois voir la version montréalaise du show de Broadway, amenez-moi au moins les gagants des Tony Awards!!

Je suivrai le visionnement de 8 et demi sous peu avec La Strada, La Dolce Vita et Amarcord... merci Thomas!

vendredi 25 mai 2007

Mon tout premier mesage

hmm hmm... le micro fonctionne *bruit de retour strident*...

Bonjour à tous, bienvenue sur mon tout nouvel espace blog.

Oui je sais, mon visage ne vous dit pas grand chose, mais ne vous fiez pas aux apparences!

J'ai très hâte de commencer à produire ici quelques petits messages, émettre quelques opinions, raconter un peu ma vie...

Je vais surtout parler de musique, de théâtre, de cinéma (donc je proscris la culture ...). J'ai aussi débuté ailleurs mes tribulations romancés de ma vie amoureuse, sous le titre de "Un petit pas pour l'homme". Je mettrai ces messages au fur et à mesure...

En espérant vous compter parmi mes futurs fidèles lecteurs...

*comment il se ferme ce p*tain de micro??!*