jeudi 4 août 2011

Fantasia part 6

1er août

Bonus #4 - Haunters


Le Coréen Kim Min-suk nous arrive avec un film atypique de superhéros, très semblable à ce que Shyamalan avait proposé il y a plusieurs années avec son Unbreakable, comme le souligne bien la fiche de présentation de Fantasia. À la différence près que le méchant n'est pas là pour faire éclore le bon, mais les pouvoirs du bon se révèlent pour arrêter le vilain.

Cho-in, jeune garçon rachitique à la jambe artificielle, découvre rapidement qu'il peut contrôler n'importe qui dès qu'il pose le regard sur lui. Sa mère tente de lui camoufler le visage, mais quand son père les retrouve, et qu'il bat sa mère, il retire le masque et force son père à se tuer en pleine rue. Maintenant adulte, Cho-in ne manque de rien (ce genre de pouvoir peut être utile). Mais lors d'un vol qui devait bien se passer, le nouvel employé du bureau de prêt sur gage, Kyu-nam, un jeune homme qui semble sortir pratiquement indemne d'accidents qui enlèveraient la vie à d'autres, résiste au regard de Cho-in. Dès lors, c'est la guerre entre les deux, alors que Kyu-nam veut faire régner la justice et arrêter Cho-in, ce dernier veut comprendre, par tous les moyens, pourquoi Kyu-nam n'est pas sous son emprise.

Glauque, noir, frôlant aussi parfois la farce, Haunters est présenté comme un film d'horreur ou de suspense, façon coréenne - humour en sus, et non comme un insipide film d'héros américain (pardon, mais j'ai détesté Thor. Fallait que je le dise). C'est un mélange des genres qui sied très bien au propos, et qui accentue l'intensité entre les deux protagonistes. Le personnage de Cho-in fait indubitablement penser à L, de Death Note : cheveux en bataille, regard intense. Fait d'ailleurs intéressant, c'est la première fois que je remarque des étrangers dans un film coréen : les deux meilleurs amis de Kyu-nam sont Turc et Ghanéen. Une ouverture au «multiculturalisme»?



2 août

Kidnapped

Si ce film espagnol devrait être traduit en français, le titre devrait plutôt être Séquestrés, une traduction directe du titre original espagnol (Secuestrados). Une petite famille termine de s'installer dans une belle maison cossue. Mais dès leur première soirée, des étrangers cagoulés font irruption. C'est une invasion de domicile. Alors que la famille semble vouloir coopérer, on prend le père à part et on l'amène faire le tour des guichets automatiques. Pendant ce temps, la mère et la fille sont séquestrées, violentées, et essaient de se sortir de ce pétrin. Mais les hommes ne semblent pas vouloir partir de sitôt. Et l'un d'eux voudrait bien se farcir la petite de 18 ans.

Réel coup de pied dans les couilles, comme le dit l'un des journalistes de Arrow in the head, Kidnapped n'est pas un happy movie. Les Espagnols excellent de plus en plus dans le domaine des films hyper violents et des scènes quasi insoutenables - pensons à la série des [Rec]. Grâce à de longs plans séquences, longs travellings, un jeu frénétique, des écrans divisés pour suivre les actions en simultané, le film de Miguel Angel Vivas nous pousse à s'assoir sur le bout de notre siège et à subir toute la terreur de la famille ; l'impuissance que nous ressentons en étant voyeurs est insoutenable. Nous sommes au-delà du spectacle sensationnel, nous sommes dans une contrée qui dépasse l'entendement. Et la finale fait un mal de chien. Coeurs sensibles s'abstenir. Le genre de film qui fait verrouiller les portes quand on est à la maison, et qui nous fait sentir en sécurité nulle part.


3 août

Bonus #5 - Detective Dee and the Mystery of the Phantom Flame

Avec un titre semblable, j'aurais presque préféré qu'ils utilisent le titre original, Di Renjie. Et avec un titre pareil, attendez-vous à tout un film!

Detective Dee est exactement le type de long métrage (un superbe deux heures) qui me tient accroché au festival Fantasia. Jouissif! Sélection officielle de plusieurs festivals internationaux, remportant certains grands prix dans sa ville de création (Hong Kong), le plus récent film du Vietnamien Tsui Hark (Once Upon A Time in China, avec Jet Li, Zu Warriors, Shanghai Blues) est du bonbon. Mélangeant une multitude de genres, Tsui Hark propose une histoire d'enquête impériale sur fond de fantastique (wuxia) et de romance. 

L'un des plus grands détectives de ce temps (environ 690 ans après Jésus-Christ, en Chine), Dee est emprisonné après avoir pris part à une rébellion contre la future impératrice contestée Wu Zetian (véritable femme politique, fondatrice de la dynastie des Zhou) qui veut prendre le pouvoir. Alors qu'on est tout près d'inaugurer une immense statue de Bouddha pour le couronnement de l'impératrice, deux membres de la cour s'embrasent de l'intérieur. L'impératrice, assurée qu'on veut s'en prendre à elle, sous les suggestions du chapelain - qui prend la forme d'un daim (oui oui), fait appel à Dee pour enquêter, et lui colle un excellent détective albinos et une guerrière redoutable. 

D'abord, les décors sont absolument fantastiques. L'action ne manque pas, grâce aux chorégraphies de combat de Sammo Hung (Ip Man 1 et 2), et le mystère entourant toute l'intrigue de l'histoire est fascinant. Andy Lau (House of Flying Daggers) fait un excellent Dee (on aimerait vraiment le revoir dans une suite!), et la magnifique Li Bingbing (Forbidden Kingdom, Snow Flower and the Secret Fan) est un ravissement.


samedi 30 juillet 2011

Fantasia, part 5 - bonus

30 juillet

Bonus 2 et 3

Ip Man - The Legend Is Born

J'avais eu la chance de voir au moins le premier de la série des Ip Man au Fantasia il y a 2 ans - voir ici. Mettant en vedette Donnie Yen, ces films proposaient l'histoire d'un grand maître du Wing Chun, un art martial qui se base sur la vitesse et la flexibilité. Bruce Lee fut d'ailleurs le disciple le plus acclamé de Ip Man (prononcer Yip Monn). Le premier film se concentrait sur sa vie juste avant la guerre, alors que le deuxième nous montre comment il bâtit son plus grand rêve, celui d'enseigner et de perpétrer les valeurs du Wing Chun.

Ces deux longs métrages, de Wilson Yip, ont connu un succès énorme. Qui plus est, la suite, celle qui pourrait montrer l'enseignement de Li Xiaolong - Bruce Lee (on parle de Zhou Jielun, celui qui fait Kato dans Green Hornet de Michel Gondry, pour l'interpréter, même s'il ne fait pas l'unanimité).

Alors, mais qu'est-ce que Ip Man - The Legend Is Born? Il s'agit d'un préquelle (prequel - il semble que ce soit le mot approprié en français, étrange non?) qui nous présente Ip Man de son enfance jusqu'à l'ultime vérité sur son frère adoptif, jusqu'au démantèlement d'un réseau de jeunes espions japonais en terre chinoise et jusqu'à son mariage (qui ne sera pas montré lors du film). Nous suivons donc son éducation, sous la direction de Chan Wa Chun, puis de son meilleur disciple Ng Chun Sui après la mort du grand maître. Après quelques années, pour parfaire son éducation intellectuelle, il quitte Foshan vers Hong Kong pour étudier au collège St. Stephen. Par hasard, il tombe sur Leung Bik (le frère de Chan Wa Chun, joué par nul autre que Ip Chun, le réel fils de Ip Man) qui deviendra son troisième maître et lui enseignera des mouvements différents, innovateurs. De retour à Foshan, Ip Man il retrouve une jeune femme qui était tombée amoureuse de lui, Wing Shing, et tentera de convaincre son père de continuer de la voir, malgré le rang social qui les sépare. De plus, Ng Chun Sui n'apprécie pas du tout les nouvelles variantes d'Ip Man, clamant qu'ils ne font pas partie du Wing Chun authentique. Ip Man devra se battre pour faire accepter ses nouvelles idées, et découvrira qui est réellement son frère adopté.

Herman Yau a fait un excellent travail, d'abord sur le plan esthétique, respectant à la lettre les efforts de Wilson Yip. Nous sommes en terrain connu. Il s'amuse avec les teintes de couleurs pour changer d'époque et incorpore à certains moments de petits éléments du Wuxia (type de cinéma asiatique, caractérisé par des envolées impossibles et des combats d'épées). Les combats sont parfois impressionnants, très stylisés. Dennis To (champion des Jeux d'Asie de l'Est de 2005) offre une très belle performance, en l'absence de Donnie Yen. Bref, ce film n'est pas un ajout majeur à la série, mais donne une belle perspective sur la vie de cet homme solide qui ne montrait que peu d'émotion.

Une seule chose, je me demande encore pourquoi le Wing Chun est tombé d'art martial étudié et honoré (présenté comme tel ici) à un art pour femme, presque oublié, en quelques années (voir le premier Ip Man)...


Kill Me Please


Dès le départ, on ne peut chasser de notre esprit les images de C'est arrivé près de chez vous. Kill Me Please rappelle un peu le film de Remy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde : la présence, forte, de ce dernier, puis les images sans contraste, noir et blanc.

Kill Me Please est l'histoire d'une clinique imaginée et mise sur pied par le docteur Kruger, qui accueille ceux et celles qui veulent en finir avec leurs jours. Que vous soyez malades, que vous viviez vos derniers jours, que vous soyez riches, que vous ne voyez aucune autre solution alternative, le docteur vous accueille pour vous guider vers une mort douce et paisible, même si ce que le docteur recherche par-dessus tout, est le refus de mourir et de voir enfin la vie comme un cadeau. La clinique ne fait absolument pas l'unanimité. Même si le gouvernement a octroyé des fonds au docteur pour limiter le coût social sur la société, il fait pourtant l'objet d'une enquête de la brigade financière par une jeune femme qui ne comprend pas qu'un tel établissement puisse exister. Elle n'est pas seule, toute la région est honteuse de cet endroit. Voilà que la clinique est attaquée, un feu, des tireurs, le carnage. Comment les patients vont-ils réagir?

Grâce à un scénario corrosif, à l'humour noir sur noir et à une belle maîtrise de la caméra, le film de Olias Barco est atypique, et pourtant tout à fait belge. Les patients, venant de France (Virgile Bramly) ou même du Canada (Saul Rubinek), sont marginaux et un peu fêlés. Pourtant, on s'attache, on arrive presque à les comprendre. Inspiré de Jack «Dr. Death» Kevorkian, cet Américain activiste, pro-euthanasie, le personnage du docteur Kruger, interprété avec brio par Aurélien Recoing, est un mélange d'optimisme et de philosophie qui voit la mort comme un droit fondamental des vivants. Critique cynique mais sans jugement, Kill Me Please pourrait presque être une étude grand-guignolesque sur le suicide assisté, voire sur les douleurs de certaines personnes qui sont passablement médiocres en comparaison avec d'autres, dont la vie est un véritable calvaire, mais qui pourtant continue de vivre. Si ce n'était en fait de cette mort qui frappe brutalement, lors de la deuxième partie, salissant cette pratique clinique si propre et décente qu'on nous présentait depuis le début du film.

jeudi 28 juillet 2011

Fantasia, part 4

24 juillet

Urban Explorer

L'exploration urbaine est un phénomène mondial, habituellement circonscrite ou carrément interdite, puisqu'il s'agit de visiter des lieux à l'accès restreint ou non autorisé, souvent dangereux. Des souterrains par exemple, des tunnels, des toits, des catacombes, des égouts. Le film d'Andy Fetscher utilise cette activité comme prétexte à un slasher contemporain, à ne pas prendre au sérieux.

Un groupe de jeunes aventuriers, qui ne se connaissent que par surnoms (comme ça, si l'un d'eux se fait arrêter, il ne peut "vendre" les autres) déniche un guide qui le mènera au coeur des dédales souterrains de Berlin. Mais un accident fait tomber le guide au fond d'un trou. Un homme vient pourtant rapidement à la rescousse des jeunes, un ancien garde frontalier du temps du Mur, vivant dans ces tunnels. Mais est-il vraiment là pour les aider?

Les principales bonnes surprises de Urban Explorer se trouvent dans le casting : c'est avec étonnement que l'on voit apparaître à l'écran Catherine de Léan, jouant une Française amoureuse de la photo. Puis, dans la présentation de réels endroits interdits au public. Selon le réalisateur, plusieurs membres de l'équipe ont été en danger réel lors du tournage.

Pourtant, ce film ne satisfait aucunement le spectateur ouvert que je suis. La caméra est frénétique au point de nuire à l'histoire. Celle-ci, d'ailleurs, ne se concentre que sur des effets tape à l'oeil, des moments d'intensité qui viennent ennuyer le public. Après la moitié du film, on n'a qu'une seule envie, qu'ils se fassent tous découper en morceaux qu'on en finisse. Mais suis-je trop sévère? Possible. Reste que ce n'est finalement pas du tout mon genre de film, qui manque énormément de subtilité.



25 juillet

The Silence

Au titre original Das Letzte Schweigen, qui signifie "Le dernier silence", le plus récent travail du réalisateur suisse Baran bo Odar, une adaptation du best-seller de Jan Costin Wagner, explore un thème difficile, soit celui de la pédophilie. En 1986, deux hommes se lient d'amitié sur une base plutôt sordide : le désir qu'ils entretiennent envers de très jeunes filles. Lors d'une balade, ils aperçoivent la jeune Sinikka, à vélo, prenant un chemin de terre. Ils la suivent, l'approchent. L'un d'eux, Peer Sommer, finit par la violer et la tuer pour qu'elle se taise. Ils se débarrassent du corps en le lançant dans un lac. Timo, l'autre homme, n'arrive pas à vivre avec ce fardeau ; il quitte rapidement, laissant tout derrière lui, et se rebatit une nouvelle vie. Une femme, des enfants, une carrière. Vingt trois ans plus tard, une autre jeune fille disparait : on trouve son vélo au même endroit où la jeune Sinikka avait été assassiné. Une copie, une coïncidence, ou le meurtrier est encore à l'oeuvre? Timo retrouve son vieil ami, pour lui demander s'il est bien l'auteur de cet autre monstruosité. Mais les indices de la police semblent de plus en plus peser contre Timo.

Si le film, brillant, entre film noir et drame, nous fait plonger au coeur de cette abomination, il le fait d'une façon sévèrement sobre, voire étrangement lumineuse. Le soleil irradie, le jaune est souvent à l'honneur. Nous venons même qu'à sympathiser avec ces hommes, dont la solitude leur bouffe littéralement l'âme. La pédophilie n'est pas une maladie que l'on soigne facilement : elle est une perversion, une déviance, un trouble mental. Elle est tordue, insidieuse. Là où le film de Odar réussit de manière incontestable est dans sa façon de ne jamais juger, d'aborder le sujet pour en faire ressortir toute l'humanité possible. Les flashbacks sont superbement utilisés, créant une histoire à étapes, ou chorale, qui nous permet de comprendre au fur et à mesure les motivations de certains, les agissements d'autres. Odar y sonde la culpabilité, le deuil, les blessures, avec beaucoup de retenu. Les acteurs Ulrich Thomsen (Sommer), Wotan Wilke Möhring (Timo) sont tout aussi touchants que sourdement terrifiants, voire terrifiés. Burghart Klaußner joue douloureusement ce policier à la retraite qui a laissé l'affaire de la petite Sinikka détruire sa vie, alors que Sebastian Blomberg interprète un policier qui semble coincé, dont la nouvelle affaire le hantera jour et nuit.

Le genre de films qui laissent définitivement une trace.

dimanche 24 juillet 2011

Fantasia, part 3

Il semble que les héroïnes ont la cote ces temps-ci.

21 juillet

The Divide


New York City est victime d'un bombardement majeur par les Coréens (on trouve les ennemis où l'on peut). Un groupe réussit à forcer la porte du sous-sol de l'immeuble appartement, bloqué par le concierge qui l'avait transformé en abri personnel après les attentats du 11 septembre. Pendant des semaines, le groupuscule devra survivre avec peu de nourriture, peu d'eau, et des corps morts en décomposition.



Inspiré de la crise économique et de Lord of the Flies de William Golding, l'oeuvre de Xavier Gens, par l'entremise d'un film typique post-apocalyptique et d'horreur, se veut une étude personnelle sociologique. Écrit en collaboration avec les acteurs (dont plusieurs connus des téléphiles, soient Michael Eklund (Battlestar Galactica), Michael Biehn (Terminator, CSI, Aliens), Milo Ventimiglia (Heroes), Rosanna Arquette (Medium, L Word, Le Grand Bleu), The Divide est à la limite de la claustrophobie psychologique, enfermant personnages et spectateurs dans ce lieu clos et au coeur d'une spirale de dévastation. Le désastre n'a pas seulement lieu à l'extérieur, mais aussi au plus profond de ces êtres coupés de tout. Il faut voir les clans qui se forment, la folie qui s'empare des protagonistes, la pitié qui disparait au profit d'une survie en mode panique. Tout nous est livré au compte-goutte ; au générique, on s'aperçoit qu'on ne connaît finalement que la moitié de l'histoire de ces personnages. Le seul personnage pour qui nous arrivons un tant soit peu à ressentir de la sympathie est celui de Lauren German, une battante ex-junkie qui trouvera le courage d'arriver à ses fins. Le jeu des comédiens se veut parfois stéréotypé, voire exacerbé, mais rappelons que nous sommes en plein film de genre, on pardonne facilement.

Si le résultat se veut un long métrage plutôt classique, avec ces moments pafois dérangeant, la fin est une dépression totale, une vision qui n'inspire absolument aucun espoir, ou alors menant vers un second film possible. Sartre serait content: l'enfer, c'est vraiment les autres.



22 juillet

A Lonely Place to Die

Mettant en vedette la magnifique Melissa George (Lie to Me, Gray's Anatomy, 30 Days of Night - je crois que j'ai trouvé mon fantasme de comédienne), A Lonely Place to Die peut se comparer à un Cliffhanger horrifique. Débutant avec de superbes scènes en montagne, le film des frères Julian et William Gilbey est un thriller haletant, terriblement efficace, qui n'hésite pas à éliminer des personnages principaux au risque de s'aliéner les spectateurs.

Un groupe d'amateurs d'escalade parcourant les hautes terres de l'Écosse tombe par hasard sur une trappe cachant une jeune fille étrangère. Rapidement, ils dessinent un plan : deux d'entre eux empruntent un chemin un peu plus dangereux pour arriver le plus rapidement possible au village le plus près et avertir la police. L'autre groupe part avec la jeune fille le long d'un chemin qui contourne un flanc de montagne. Peu de temps après leur séparation, la catastrophe : on les pourchasse, on leur tire dessus, le bilan est désastreux. Pourtant, on arrive tant bien que mal à rejoindre le village, mais les kidnappeurs ne laisseront pas une rançon de 6 millions d'euros leur échapper.

Comme le tournage a pris un an de plus à se concrétiser, les créateurs ont pu peaufiner et travailler à fond leur scénario pour arriver à un thriller authentique, dur, impitoyable. Un film d'action aux sensations fortes, filmé superbement par Ali Asad (qui a travaillé entre autres avec Michel Gondry), aux accents musicaux très celtiques (de Sophie Ramsay entre autres).



El Sanatorio

Le Costa Rica ne compte que très peu de films. La plupart de ceux qui sont subventionnés (on parle ici de quelques milliers de dollars tout au plus) parlent généralement de petit village, de misère et de filles enceintes, selon Miguel Gomez. Arriver donc avec le projet d'un film fantastique, sur une nonne fantôme et un vieil hôpital hanté, on risque de plancher solidement pour du financement. Qu'à cela ne tienne, Gomez et sa bande ont réuni l'argent pour créer un petit film à micro budget qui en étonnera plus d'un.

Un peu à la manière des récents exercices de style des dernières années, à savoir un faux documentaire que l'on retrouve sur une caméra (abandonnée) - pensons ici à Blair Witch Project ou REC, El Sanatorio propose l'histoire de deux amis qui décident d'enquêter sur d'éventuels fantômes qui hanteraient un vieil hôpital désaffecté. Ils font appel à une médium, quelques copains pour la recherche et la technique et un musicien pour la trame sonore - qui s'avère être un sceptique, un athéiste. Une fois sur place, d'étranges phénomènes se produisent : lévitation, objets qui se déplacent, sang, esprits malins. Bref, le tournage devient carnage.

L'équilibre entre humour et horreur est la principale qualité de El Sanatorio, récipiendaire soit dit en passant du prix du public du festival mexicain MÓRBIDO, créant ainsi un film très divertissant. Les personnages sont sympathiques et certains effets spéciaux, vu le budget, sont carrément spectaculaires.

jeudi 21 juillet 2011

Fantasia 2011, part 2

18 juillet

Die

En anglais, le mot "die" signifie autant le verbe mourir que le jeu de dé. "Roll the die", comme ils disent.

En 1974, Jacob visite son père, ivre, à la cuisine. Il demande au garçon de faire rouler un dé. Le nombre: 3. Le fils est renvoyé dans sa chambre. Le paternel place trois balles dans le revolver, fait tourner le barillet et s'en tire une en pleine tête. Plusieurs années passent. Six individus se réveillent dans une prison de verre, au milieu d'une salle sombre. Chacun souffre de ce désespoir de mourir, de ne voir aucune issue, de porter un fardeau énorme, une erreur grave qu'on n'arrive pas à se pardonner. Jacob leur offrira une chance de salue: il prend deux personnes, et pousse l'un d'eux à jeter un dé, selon un jeu préétabli de roulette russe diverse. Le hasard, ou la destinée, choisira si la personne meurt ou vit. Si elle en réchappe, c'est une résurrection. Si Jacob semble fou, il entraîne avec lui de plus en plus de disciples imprégnés de ce pouvoir de résurrection.

Du jeune réalisateur montréalais Dominic Laurence James nous provient ce film tourné ici, dans les rues de Montréal. Dès l'ouverture, le ton est donné. L'histoire peut rappeler les séries tels que Saw, sans toutefois plonger dans un gore inutile. La photographie reste très sombre. mariant beaucoup le vert et le noir, laissant parfois une lumière blanche et éclatante apparaître ici et là. Plusieurs visages nous sont connus, comme Elias Koteas, ou Frank Schorpion. Le suspense, sans être haletant, nous tient accroché tout au long du récit. En fait, Dominic Laurence James ne s'est absolument pas embourbé dans des trucs inutiles. Les choses vont droit au but, peut-être même un peu trop. La policière que joue Caterina Murino manque d'étoffe, même si elle excelle à deux reprises lors de scènes particulières. La trame musicale est superbe, mais beaucoup trop présente ; elle est parfois si forte qu'elle fait perdre de précieux moments de dialogue. Die s'avère au final un excellent film, aux qualités visuelles et scénaristiques indéniables.


20 juillet

Victims

En 1990, Neil Adams, 11 ans, entraîne la jeune Tracy dans un lieu reculé. Il la maltraite, la torture et la tue. Vingt ans plus tard, des citoyens écoeurés par la justice qui ne fait pas son travail kidnappe le jour de son mariage Chris, un trentenaire, qu'ils accusent d'être le jeune Adams. Il nie catégoriquement. Mais on le force à avouer, ayant les preuves que c'est bien lui. 

Si ce film de David Bryant manque cruellement d'imagination dans son scénario, c'est au profit d'un réalisme pur. Oubliez les retournements de situation, les surprises, c'est un film qui va droit au but et qui, bizarrement, déçoit par ce côté "trop simple". Comme si notre anticipation de cinéphiles avertis tuait notre "plaisir" cinématographique. Mais Victims n'est pas dénué de qualité, surtout au plan technique. Le film est un long plan séquence sans musique et sans montage apparent. Dès le début, sans préambule, la caméra s'allume sur une femme qui revêt une cagoule, et ne s'arrête de filmer qu'à la toute fin. Le jeu des comédiens, principalement celui de John Bocelli et de Sarah Coyle est très théâtral (on pourrait très bien adapter le film pour les planches). Si la première partie se passe à l'arrière d'un camion, où l'homme se défend et où les citoyens expliquent pourquoi ils accomplissent cet enlèvement, la deuxième nous situe dans une usine désaffectée, lieu des confrontations, avec la dulcinée et les parents de la petite assassinée. On se questionne rapidement sur les raisons qui poussent Bryant à impliquer les parents, puisque aucune rédemption ne semble possible pour eux, surtout en les remettant dans le bain de ce tragique moment. Finalement c'est possiblement pour ça, pour démontrer la tristesse infinie d'une disparition.

Victims est un film qui interroge sur la possibilité de la réinsertion, de la réhabilitation, et du pouvoir d'un individu de changer, profondément. Bien entendu, changer ne sert à rien si personne n'y croit, si personne ne l'aide, si tout le monde pense aux mensonges, à la traitrise et à l'égoïsme d'un tel système psychologique. C'est alors qu'on se demande qui sont les vraies victimes.


lundi 18 juillet 2011

Fantasia 2011, part 1

14 juillet

King of Devil's Island

Sur l'île de Bastøy, à 75 km au sud d'Oslo en Norvège, dans un fjord magnifique, se trouve une école catholique qui réforme les jeunes délinquants, loin de la civilisation. Pour leur permettre de regagner un jour la société, on leur inculque beaucoup de discipline : peu de devoir, beaucoup de travaux manuels. Ce n'est plus une institution d'apprentissage, mais un Alcatraz scandinave, où les adolescents de 10 à 17 ans doivent respecter des règles stricts. Erling, un jeune matelot, est amené sur cet île. Dès son arrivée, la seule idée qui lui gruge l'esprit est la liberté, l'évasion. Après une première tentative réussie, il est ramené rapidement, et solidement puni. Bråthen, l'un des gardiens, abuse d'un des garçons, le frêle Ivar, qui préférera la mer, des roches plein les poches, au lavoir. Olav, qui séjourne sur l'île depuis 6 ans, sabote le jour de son départ en s'en prenant à Bråthen. Ce geste met le feu aux poudres, et les garçons se révoltent, prenant l'île, chassant le gouverneur, qui reviendra avec l'armée norvégienne. Lors de leur fuite, Erling et Olav aperçoivent un orignal: le fjord est gelé! Pourront-ils traverser à pied, sans difficulté?

Film triste et froid, King of Devil's Island (Kongen av Bastøy) est inspiré de faits vécus. Pourtant, nous n'avons que très peu d'informations sur cette école devenu maintenant une véritable prison, mis à part quelques vidéos d'archives durant le générique de fin. Les images, teintées de bleu et de blanc, de ce long métrage de Marius Holst, fait bien sentir la morsure du froid et la solitude des protagonistes. Nous ressentons très peu de sympathie pour la plupart des personnages, mis à part possiblement Erling (Benjamin Helstad) et Olav (Trond Nilssen). La performance authentique des jeunes comédiens est souvent impressionnante, voire soufflante. Stellan Skarsgård, qui interprète magnifiquement le gouverneur, est austère, antipathique, sans qu'il n'aie grand mot à dire. Les sous-trames (sa jeune épouse qui n'arrive plus à vivre sur l'île, les jeux de pouvoir, les manigances d'argent) sont très subtils, et amenés souvent par la bande, en un clin d'oeil.


15 juillet

Attack the Block

Alors qu’une jeune femme se fait voler par une petite bande de truands, un extra-terrestre crash tout près d’eux. Le chef s’occupe de lui faire la peau et le promène en trophée jusqu’à son immense bloc appartement où il le laisse en consigne à un dealer. South London se voit alors envahi par des créatures de l’espace, un mélange de gorilles, des loups et de Critters, à la gueule phosphorescente.  Le bloc de plusieurs logements se voit pris en otage par ces créatures, et les cinq amis, des jeunes cons il y a encore quelques heures, s’improvisent sauveurs du quartier.

Si le film de Joe Cornish, un touche-à-tout du monde du cinéma (il est d’ailleurs au générique du prochain Tintin de Spielberg en tant que scénariste), ne révolutionne pas du tout le genre, il a l’admirable qualité de prendre une idée archi usée et d’en proposer un tout autre point de vue. Cornish s’est inspiré d’une expérience personnelle, un taxage en pleine rue, semblable à la scène d’ouverture du film.

Attack the Block est une comédie d’horreur terriblement efficace, à la distribution convaincante. Elle nous fait connaître avec plaisir la jeune Jodie Whittaker (la femme cambriolée qui se joindra au groupe pour défendre le bloc) et John Boyega, en chef de bande / héros du jour. Les dialogues atteignent toujours leur cible (et ne se gênent pas en matière de langage et de drogue) et l’action ne manque pas. Un film qui en a ravi plusieurs.



Juste avant, on a eu droit à un court de Jerome Sable & Eli Batalion, intitulé The Legend of Beaver Dam. Une troupe de pseudo-scouts va camper dans les bois. Son guide chante quelques airs de feu de camp, dont celle sur le meurtrier de Beaver Dam. Si on répète son nom trois fois, il apparaît pour tuer tout le monde. Mais à leur malheur, la chanson se réalise, et Danny, jeune garçon dont tout le monde se moque, devient le héros et tue le monstre sanguinaire. Mais, comme les Anglais disent… does he? Jeunes, sang qui gicle, gore, comédie musicale, yeux arrachés, inutile de vous dire que le film de Sable et Batalion a été accueilli et applaudi par toute l’assistance. Inventif et jouissif, dans le genre.


16 juillet

Bonus #1 : Ninja Kids !!!

Premier film qui n’était pas sur ma liste de départ, c’est grâce à l’invitation de mon frère que j’ai pu assister à la représentation de samedi de l’adaptation du manga populaire Rakudai Ninja Rantaro, par le maître japonais Takeshi Miike. L’homme de cinéma nous avait déjà proposé une multitude de films plus bizarres les uns que les autres. Ninja Kids se démarque encore une fois, par plusieurs points.

L’histoire : le jeune Rantaro. 8 ans, entre à l’académie de ninja. Il s’y fait des amis, suit des cours, apprend le maniement des armes. Durant les vacances d’été, devancées d’un mois, l’école se voit lancer un défi de taille. Le maître un peu barjo demande à Rantaro, le plus rapide des jeunes élèves, de réussir le défi de sonner une cloche avant un concurrent adverse, un ninja adulte. Toute l’école se mobilise pour permettre à Rantaro de gagner et de se rendre jusqu’au bout. Au final, une petite morale proclamant qu’on ne peut réussir vraiment sans l’aide de nos amis.

Je m’attendais à peu de choses, j’avoue, de Ninja Kids. Je fus fort agréablement surpris par la candeur et l’humour, et l’imaginaire du manga dans un monde réel. Les personnages manquent étonnamment de substance, sans qu’on les développe vraiment. Les méchants ne sont vraiment pas si vilains : on patauge dans le monde violent mais toujours candide des enfants. Délirant, proposant une palette riche de gags visuels et physiques, ainsi que de superbes décors, Ninja Kids semble fidèle à ses origines, et ne manque absolument pas de charme.



Avant la représentation, le court métrage Friend of Flies de la Suède en a étonné plusieurs. Traits simple, monochrome (avec des teintes de rouge), nous rencontrons un jeune garçon qui se lie d’amitié avec des mouches, ce qui lui permet de conquérir le monde. Mais n’ayant jamais appris à communiquer avec les autres, il finit par lui-même devenir un hybride homme/mouche et à exterminer la race humaine, avec une finale très à propos en clin d’œil à Citizen Kane. Une fable cruelle, près du nazisme, sur le rejet et la solitude.

vendredi 15 juillet 2011

Je suis VIVAAAANNNT! - Fantasia 2011

Après près d'un an de silence clavier, je ravive au défibrillateur virtuel ce blogue dont je reconsidère la survie mois après mois. Mais, comme vous le savez lecteur et lectrice (attention, le singulier n'est pas pour la forme intime, mais pour le nombre réel de lecteur), on est en juillet, et c'est le festival FanTasia qui commence ! Comment passer à côté !

FanTasia 2011, ou comment avoir l’embarras du choix

Cette année, plus de 300 films étalés sur 25 jours sont offerts aux cinéphiles de tous genres. Et pour cette 15e édition, FanTasia explose : la presse s'emballe, les partenariats pleuvent (dont un avec iTunes), projections extérieures, pluie de courts, nouveautés (même la billetterie physique a changé de place, c'est tout dire). Bref, voici quelques réflexions de ma part sur l'édition 2011 et quelques titres à ne pas rater (dont plusieurs que je verrai et que je commenterai ici, comme je l'ai fait les années précédentes).

Les Américains nous envahissent, Moscou se retire

L'une des premières constatations que j'ai faite lorsque la programmation est sortie est le nombre effarant de films de nos voisins du Sud. Alors qu'on en comptait que quelques-uns les années précédentes, voilà qu'on a l'impression que plus du tiers de la programmation de cette année est occupée par nos amis les Américains. Prenez par exemple les titres des films d'ouverture et de fermeture du Festival : Red State que Kevin Smith traine de festival en festival, et Don't Be Afraid of the Dark, du grand Guillermo del Toro (qui sera présent lors de la projection). Deux grosses pointures, tout de même, et un coup superbe de la part des programmeurs. - Notez que les séances sont à guichets fermés.

On dénote certains disparus. La Russie ne semble pas s'afficher outre mesure cette année, et les animations font relativement pâle figure : mis à part une vingtaine de courts présentés lors de Au-delà de l'animation, ou la compilation Celluloid Experiments 2011, l'Argentin El Sol, à mi-chemin esthétique entre South Park et Beavis, un pseudo Speed Racer (Redline dont les traits rappellent un peu Aeon Flux), le seul réel intérêt réside en Legend of the Millenium Dragon (des Studio Pierrot -- Naruto). Sinon, l'adaptation de Gantz (volet 1 et volet 2), ou de Karate-Robo Zaborgar restent une solution de rechange. On a plutôt hâte au 3e volet de Evangelion...

Plusieurs classiques seront à l'honneur. Notons, entre autres, le film belgo/franco/allemand Les lèvres rouges, tourné en anglais mais avec la sublime Danielle Ouimet, la présentation très spéciale du Fantôme de l'opéra de 1925, musique de Gabriel Thibaudeau (celui qui était de la partie, l'an dernier, pour Metropolis), Battle Royale, ce classique pour ados violents, Gina, de Denys Arcand, et le film qui, je l'avoue, a ouvert en moi les tout premiers fantasmes sombres grâce à sa pochette révélatrice quand je me perdais au club vidéo, Ilsa, la louve des SS.

Notons aussi quelques documentaires qui risquent d'attirer l'attention, dont Art/Crime, de Frédérick Maheux sur la polémique entourant l'enquête de la SQ qui visait Rémy Couture, un spécialiste des effets spéciaux qui aurait posté en ligne un vidéo plutôt gore et trop réaliste pour certains, Jean Rollin le rêveur égaré de Damien Dupont et Yvan Pierre-Kaiser et Last Days Here, de Don Argott et Demian Fenton, un regard cru mais stupéfiant sur Bobby Liebling, du groupe Pentagram et pionnier du heavy metal.

Un volet bien particulier est assez rigolo : Mon premier Fantasia. On accueille donc les petits cinéphiles à voir des courts entre 1 et 16 minutes, dont Simon's Cat. Une manière de fidéliser un futur auditoire? Je salue tout de même l'initiative, qui semble prometteuse.

Notons aussi (au nombre de fois que je l'ai dit j'espère que vous avez noté pour vrai!), comme nouveauté, l'application iPhone et iTouch du festival. Permet de créer son horaire. Quelques petits problèmes étaient encore présents lors de ma dernière utilisation, mais c'est un excellent outil pour consulter un horaire rapidement - ou stocker la nôtre.

Mes intérêts... par où commencer?

Chaque année, je fais une présélection. Habituellement, je retire deux ou trois films, tout au plus. Cette année, pour des raisons personnelles (j'ai besoin de vacances!!), j'ai dû biffer 17 titres. Je verrai donc 12 films, et quelques-un en projection privé.

Pour votre curiosité, voici quelques titres que je manquerai mais qui mérite un coup d'oeil:

Plusieurs titres attirent inévitablement. Par exemple, The Theatre Bizarre, en première mondiale, qui risque de soulever la foule, ou alors Horny House of Horror, qui ravira les adeptes du gore comique.

Dans la catégorie OMG WTF: Bullhead (Belgique), Captain America (1990, oui, le nanar, en format director's cut, avec le bouclier en plastique et les fausses oreilles), Clown (adaptation d'une série télé danoise complètement, mais complètement déjantée), Deadball (mais qu'est-ce que les Japonais ont à être si fascinés par le baseball?), Invasion of Alien Bikini (une extra-terrestre tente d'avoir la semence d'un mâle qui combat le crime avec... une fausse moustache. Tsé), Monster Brawl, The Robot (le film indien le plus hilarant de la programmation de cette année, je vous jure)

Je me bidonne simplement de vous dire qu'il n'y a pas un, mais DEUX films sur le Père Noël cette année, Rare Exports - A Christmas Tale et Saint. Attention, Santa Claus is baaaad.

13 Assassins (director's cut), de Takeshi Miike: plus long que la version disponible en dvd, avoir la chance de voir ce film sur grand écran, qui deviendra possiblement un classique de films de samouraïs, vaut le détour.
Absentia, de Mike Flanagan, tourné avec Canon DSLR. Le sujet, des disparitions mystérieuses, quoique classique, semble vraiment bien exploité ici.
Another Earth, de Mike Cahill, un film de science-fiction métaphysique (en espérant une sortie en salle prochainement)
Bangkok Knockout, de Panna Rittikrai : après Born to Fight et Ong Bak, on est curieux de savoir ce que ce réalisateur thaï a envie de mettre en scène comme bagarres plus impressionnantes les unes que les autres.
Battlefield Heroes, de Lee Jon-ik - même si les fresques historiques coréennes sont moins bien réussies habituellement que celles des Chinois, la notion d'humanité et l'humour des Coréens attirent toujours
Brawler, de Chris Sivertson, les fans du festival se rappellent de Red, White and Blue... Ce film intrigue, décrit comme un vaudeville insolent.
Burke and Hare, de John Landis - Landis, Simon Pegg, Andy Serkis, Tom Wilkinson, ai-je besoin d'en dire davantage?
Detective Dee and the Mystery of the Phantom Flame, de Tsui Hark, un des films que je regrette le plus de manquer.
IP Man: The Legend Is Born, de Herman Yau, sera-t-il aussi bon que les deux premiers?
Ironclad, de Jonathan English, film médiéval mettant en vedette Paul Giamatti en roi fou, oui je veux!
Kill Me Please, de Olias Barco, pseudo docu sur l'euthanasie et les derniers souhaits. Tant que vous payez... Noir et blanc, Poelvoorde, Saul Rubinek... C'est arrivé près de chez vous, ça sonne une cloche?
The Last Ronin, de Shigemichi Sugita, inspiré de la légendaire histoire des 47 ronins, ce film semble être une fable douce et poignante ; reste à prouver.
Ninja Kids!!! : un Miike pour et avec des enfants ??!
One Hundred Years of Evil, de Erik Eger, Magnus Oliv - et si Hitler n'était pas mort, et s'il s'était réfugié aux États-Unis, révolutionnant la pop culture? Troublant.
Retreat, de Carl Tibbetts, un autre que je pleure à chaudes larmes de rater. Avec Cillian Murphy et Jamie Bell - un couple en perdition prennent quelques jours ensemble sur une île déserte et lointaine. Mais un soir, un homme fait son apparition et clame que la population terrestre est décimée par un virus mortel. Mensonge, vérité? Un thriller prometteur.
The Troll Hunter, de Andre Ovredal, un autre pseudo docu, sur la chasse aux trolls. Moi ça m'allume.
True Legend, de Yuen Woo-Ping (chorégraphe mondialement connu pour son travail dans Matrix et autres Tigre et dragon de cette terre), quoi rajouter?
The Unjust, de Ryoo Seung-wan, bavure sur bavure chez la police coréenne qui tente de mettre la main sur un dangereux tueur. On en fait une affaire personnelle. Corruption, police, Corée. Superbe trio.
Wasted on the Young, de l'Australien Ben C. Lucas, une histoire de pouvoir chez des jeunes d'une école privée nantie. Supervision nulle des parents, viol, manipulation... l'Australie pourrait épater cette année.
The Wicker Tree, de Robin Hardy, qui revient sur ses pas pour offrir une sorte de suite à The Wicker Man (sorti il y a 38 ans!). Plutôt intéressant! (première mondiale)

Et moi, que verrai-je?

King of Devil's Island (Norvège/France/Suède) une île, des jeunes délinquants, des travaux forcés plutôt que des devoirs, une histoire vraie.
Attack the Block (Royaume-Uni) et si les extra-terrestres tombaient du ciel? (avec Nick Frost)
Die (Canada/Italie) quand le destin et notre mort se trouvent sur les faces d'un dé...
Victims (Royaume-Uni) un enlèvement juste avant un mariage, on tente de faire avouer par la torture à un homme qu'il est bien ce salopard qu'on cherchait. Et s'ils se trompaient de victime?
The Divide (Canada/Allemagne/États-Unis) une pluie de missiles tombe sur New York. Où se réfugier?
A Lonely Place to Die (Royaume-Uni) imaginez Cliffhanger en mode horreur. Can't wait.
El Sanatorio (Mexique) les chasseurs de fantômes (la série, pas les Ghostbusters) made in Mexico.
Urban Explorer (Allemagne) des explorateurs urbains parcourent les méandres et les dédales des tunnels sous Berlin. Se cachent des êtres étranges....
The Silence (Allemagne) une histoire sordide de meurtre d'enfant. Un village qui tente encore de se relever de cette disparition. Un nouveau meurtre qui est perpétré, dans les mêmes conditions...
Kidnapped (Espagne) une invasion de domicile à glacer le sang, semble-t-il (les Espagnols sont forts dans ce domaine, j'ai encore beaucoup de plaisir à parler et à revoir [Rec])
Exit (Australie) imaginez Dark City dans un univers à la Adjustment Bureau. Où des citoyens tentent de trouver des portes dérobées pour sortir de cette maudite ville sans issue.
Marianne (Suède) le cauchemar d'un homme qui a perdu sa femme...

...et sûrement quelques autres, mais je vous réserve la surprise. Première critique à venir, King of Devil's Island et Attack the Block!

PS j'aimerais faire une mention spéciale à certains annonceurs qui s'amusent à produire des pubs exprès pour le festival, dont Jean Coutu et Vidéotron. Amusant!

MISE À JOUR

Les films à guichets fermés, au 15-07-2011


Red State
Jeudi/Thursday le 14 juillet 2011 à 18H45 Hall
Attack the Block
Vendredi/Friday le 15 juillet 2011 à 21H40 Hall
Ironclad
2011-07-15 19:00
Petty Romance
Lundi/Monday le 18 juillet 2011 à 19H15 de sève
Super
2011-07-21 19:00
13 Assassins (Director’s Cut)
2011-07-27 18:30
Absentia
Jeudi/Thursday le 28 juillet 2011 à 21H45 de Seve
Don’t Be Afraid of the Dark
Jeudi/Thursday le 4 août 2011 à 21H10 Hall

dimanche 29 août 2010

Nuit d'attente, fin tragique

Ce 28 août fût pourtant une belle journée. Marche dans le Vieux Montréal, découverte du marché public d'antan, parcours du Red Light. Soirée à la Paryse, et on digère en marchant. 

Environ 3h30 du matin, des coups retentissent à l'arrière de l'appartement. Je vois de ma chambre (je vois tout l'appartement de ma chambre, la beauté d'un appartement sans réelle pièce fermée) une lumière d'une lampe torche. Je saute du lit, enfile rapidement mes jeans en maugréant, pensant à un voisin qui a un problème. Surprise en ouvrant la porte, c'est une policière, un peu plus petite que moi, qui m'annonce, la main sur son pistolet, l'autre tenant sa lampe, qu'un homme s'est barricadé chez lui, l'autre côté de la rue. Elle s'excuse, me dit de m'habiller et de sortir par la ruelle vers un autobus du service d'incendie qui nous attend pour nous relocaliser. J'enfile rapidement un polo, mes souliers, je nourris mes chats (oui, oui) et je file avec mon sac en bandoulière dans la nuit qui règne en reine sur la ville.

On trouve l'autobus facilement. Pourtant, on reste à l'extérieur, guettant ce qui se passe. On cède finalement, le froid de la nuit engourdissant nos membres. Un pompier affecté à l'autobus nous donne accès à du café et de l'eau. Mes voisins et voisines sont en pyjamas ou viennent tout juste de rentrer, encore maquillées. Certains font même finalement connaissances. Des enfants sont parmi nous, bien sûr. De petits groupes se forment, on rigole, on discute. On attend. Quelques nouvelles nous arrivent enfin. L'homme aurait 45 ans, père, vivant dans un sous-sol. Un chauffeur. Il aurait tiré dans la télé. Sa tante est parmi nous et se fait interroger à quelques reprises. Des couvertures de fortune nous parviennent finalement. Ce qui devait durer une heure se prolonge interminablement, nous permettant de voir le soleil jeter un oeil lumineux sur le quartier pris en otage par un seul homme, qui n'est même pas sorti de chez lui. Aucun moyen de retourner chez soi, au risque d'une balle perdue ou d'une explosion. 

En plus des nombreux effectifs policiers et ambulanciers sur place, d'autres policiers fusent. Quatre, cinq, six voitures arrivent. Mais pourquoi tant d'agents de la paix pour une seule personne? Qu'est-ce que l'équipe d'intervention attend pour agir? Cela fait maintenant quatre heures que nous attendons, assis sur le trottoir, privés du précieux sommeil réparateur. Mais où sont les médias? Aucun camion, aucun journaliste ne s'est pointé. On a cherché, en vain, les numéros de téléphone des salles de nouvelles de Radio-Canada, de TVA. On aurait dû envoyer tout ceci sur les réseaux sociaux, peut-être.

Le petit restaurant du coin de la rue ouvre ses portes, vite : café, rôties, oeufs. Quelque chose à se mettre dans le ventre, quelque chose pour nourrir notre corps vidé, quelque chose pour nous occuper. 

On sort finalement, temporairement repus. On se rend tout près des rubans de plastique oranges qui délimitent le périmètre de sécurité. Une femme pleure, une femme est en crise. On pense au pire. Et le pire s'est produit. L'opération policière est un échec. Les pourparlers qui auront duré toute la nuit n'ont mené à rien. L'homme s'est suicidé au petit matin, le jour de l'anniversaire de son fils de huit ans.

On retourne penaud chacun à nos logis, une petite curiosité morbide de voir où tout cela s'est produit.  C'est la première fois que j'expérimentais ce genre de situation, qui m'a réellement stupéfait. 

Un souvenir me reste de cette nuit : la couverture grise de Jeunesse au soleil, qui me rappellera toujours que la détresse des gens affecte souvent beaucoup plus de monde qu'on peut l'imaginer. Je suis sincèrement désolé pour la famille touchée par cette tragédie. Je le suis encore plus pour cet homme qui s'est enlevé la vie, pour une raison qui me restera possiblement inconnue. Peut-être l'ai-je déjà croisé à la boulangerie, ou sur la rue. Si c'est le cas, je ne le reverrai plus jamais. Et surtout pas son fils, qui l'attendra peut-être toujours, les 29 août des prochaines années.


mardi 10 août 2010

Quand t'es timé...

Mardi après-midi, petites conversations que l'on suit tout bonnement sur Twitter.

Je vois alors passer :

MarieLuneHB - Est-ce physiquement possible qu'une grande partie des filles de ma TL se soient timé le cycle? #spm

À quoi mon amie Mymy (bloui) répond : 

bloui - @MarieLuneHB oui, surtout si elles ne prennent pas la pilule
bloui - @MarieLuneHB @lycheeland c'est ce que j'ai toujours entendu dire aussi, les cycles se synchronisent (mais probablement pas sur le net :P )


Alors, faisant mon fin finaud, je m'insère dans la conversation.


davidlefebvre - @bloui: @MarieLuneHB @lycheeland c'est peut-être une nouvelle application iPhone....


Je me trouvais bien drôle. Ce que Mymy me le confirme par MSN.

Mymy dit :
j'aime bien ton intervention :P
David dit :
héhéhé

(et elle continue sur l'app iPhone)
Mymy dit :
AutoStartPeriod
David dit :
iPeriod, the new and improved way to sync your period with your girl friends on your social network.

easiest way to plan your activities!
Mymy dit :
especially designed for the iPad




Et c'est à ce moment que j'ai éclaté de rire.

lundi 9 août 2010

3 expositions, 1 après-midi

Si Dieu créa la terre en 6 jours (puisque le 7e il se reposa), mes patrons accepta la possibilité d'un horaire d'été. Qu'ils soient bénis (ou presque!)

J'ai donc congé, depuis juillet, tous les après-midis du dernier jour ouvrable de ma semaine. À moi la ville!

Vendredi dernier, j'ai donc décidé de me rattraper un tant soit peu, culturellement parlant (comme si je n'étais pas déjà submergé par ces superbes inventions humaines que sont l'Art et le Divertissement!).

Donc. Trois expos.

We Want Miles

Je débute mon petit périple par le Musée des beaux-arts de Montréal. L'expo sur l'un des plus grands monuments du jazz, Miles Davis, y est en vedette. Je ne connaissais que peu de choses de l'homme en fait, mis à part son sens incroyable de l'improvisation, son talent de trompettiste et quelques albums mythiques, comme Kind of Blue. Le parcours du musée nous entraîne, pour débuter, dans l'univers du be-bop et du jazz, puis nous guide dans l'ascension fulgurante de Davis en France alors que sa carrière stagne un peu aux États-Unis, des rencontres qui le marqueront là-bas, tels Boris Vian, Louis Malle, Juliette Gréco, ses années difficiles à se défaire de l'héroïne, de ses plus grands enregistrements, de son style qui change et s'adapte avec les années, de ses goûts de la luxure, des femmes de sa vie... Une salle est prévue exclusivement pour le film de Malle, Un ascenseur pour l'échafaud, long métrage noir mettant en vedette Jeanne Moreau. Miles aura composé et improvisé en une nuit la bande sonore du film, en regardant les images. Splendide.

J'ai découvert que je préférais de loin les premières périodes de la carrière musicale de Miles. L'exploration du jazz, comment il créait les ambiances. C'est fascinant. Mais à la sortie, on reste sur notre faim, comme si on n'avait gratté que le bout de l'iceberg de ce géant de la musique. Et où est le dvd du film de Malle??? C'est ce que j'aurais acheté illico...

et un extrait du film


Musée des beaux-arts de Montréal, jusqu'au 29 août 2010 

Montréal, hier et aujourd'hui

Sur la rue McGill se trouve une petite expo qui compare des photos de Montréal. D'un coté, elles ont été prises au siècle dernier, par William Notman (1826-1891), de l'autre, au début des années 2000, par le photographe torontois d'origine polonaise Andrzej Maciejewskisous, sous le même angle, dans les mêmes conditions (ou presque). L'évolution du paysages urbains que nous montre certains clichés sont carrément étonnants. Un écran lenticulaire (qui nous permet de voir les deux photos dans le même cadre selon l'angle de vue) nous permet de comparer les deux images.

Si vous avez un téléphone intelligent, chaque panneau est accompagnée d'un code QR (que vous photographiez avec votre appareil et qui vous donne des infos supplémentaires).



Une expo du Musée McCord, rue McGill, jusqu'au 18 octobre 2010. 

Jazz noir

Pour terminer, je suis resté dans la thématique musicale. Jazz noir propose quelques illustrations à l'encre de l'artiste urbain Zïlon, qui fait des trucs magnifiques. Au programme, une expo «conçue comme une maquette d'un film noir éphémère». Des visages de femmes, sans arrêt, souvent fatales, parfois souriantes. Quelques tableaux sont splendides, mais l'expo ne propose qu'une vingtaine d'oeuvres tout au plus. On en aurait voulu plus.


À voir, gratuit, jusqu'au 26 septembre au-dessus de l'Astral, à la galerie permanente du Festival international de Jazz (Maison du Festival Rio Tinto Alcan).

vendredi 30 juillet 2010

FanTasia, part 8

27 juillet

Scott Pilgrim vs the World

Je ne dirai pas grand-chose de ce film, puisqu'il est attendu en salle dans moins d'un mois et que je n'ai pas pu entrer avec ma passe média (par chance je n'ai pas revendu mon billet avant la représentation). Donc je boude un peu. Ben oui.

On sait tous que ce film est une adaptation de la bande dessinée de l'Ontarien Bryan Lee O'Malley, l'un des bédéistes les plus reconnus du Canada anglais. Le nom Scott Pilgrim vient d'une chanson du groupe néo-écossais Plumtree. Il existe 6 petits volumes, tous en noir et blanc (si je ne m'abuse).



Bref, Scott Pilgrim est le deuxième livre de la série mais il nous transporte 7 ans avant les premiers événements de la série. Scott partage un appartement avec un ami gay, il joue dans un band, il sort avec une mineure chinoise, et rencontre la fille de sa vie. Mais elle a 7 evil exes qu'il doit battre pour prouver qu'il mérite la belle Ramona.

Edgar Wright (Spaced, Shaun of the Dead, Hot Fuzz) réussit ici un exploit, visuellement parlant. Un film n'aura jamais été aussi près de l'imagerie BD, manga et jeux vidéo que nul autre avant, sans s'auto-mutiler ou s'auto-ridiculiser. La facture visuelle est totalement démentielle. La trame sonore sonne comme une tonne de brique, les chorégraphies de combat entre Scott et les ex sont splendides et l'humour est d'une monstrueuse efficacité. Personnellement, le seule chose qui cloche est Michael Cera, le comédien qui incarne Scott. Trop mou, trop ado, j'ai plus ou moins accroché, surtout à cause de sa voix qui m'irrite le tympan (et comment fait-il pour avoir une ex  - jouée par Brie Larson - aussi canon??). Mais quand il affronte les ex, il arrive à étonner. Et, personnellement, j'en aurais bien combattu deux ou trois pour avoir un baiser de Mary Elizabeth Winstead, qui incarne Ramona-aux-cheveux-d'une-couleur-différente-à-chaque-week-end, la flamme de Scott... Une BD que je devrai découvrir bientôt...



28 juillet

Je clôture la portion salle de cinéma (car je poursuivrai mes critiques avec quatre films qui étaient au programme de cette année, que je n'ai pu voir en salle, mais que j'ai pu me procurer, dont Summer Wars et Possessed) avec deux films : Centurion et Metropolis.

Centurion

Grâce à quelques ajouts de séances, j'ai pu voir le plus récent film de Neil Marshall (The Descent, Doomsday), Centurion. L'action se situe au 2e siècle, alors que les Romains envahissent le nord de l'Europe. Une troupe tente tout ce qui est possible pour conquérir les terres de tribus pictes (habituellement, on situe les Pictes en Écosse). Un centurion, Quintus Dias (Michael Fassbender), réussit à se sortir vivant d'un des villages où il est séquestré après que camp fut massacré. Mais lorsqu'il revient avec un régiment, celui-ci se fait prendre dans un guet-apens, dont le général est fait prisonnier. Ne restent que quelques soldats, dont Dias. Ils partent à la recherche du général mais ne peuvent le libérer à temps. En s'enfuyant, un des leurs tue le fils du chef de la tribu picte. Le retour à la maison est donc extrêmement difficile, car ils ont à leur trousse quelques Pictes dont Etain (superbe Olga Kurylenko, que l'on connaît grâce à Quantum of Solace), une fabuleuse guerrière muette.

Extrêmement sanglant (j'ai arrêté de compter le nombre de têtes coupées après la deuxième bataille), Centurion est un film épique, très bien maîtrisé. Plus près du film d'horreur soft, du western antique que du film fantastique, Centurion nous amène dans des contrées spectaculaires, s'approchant des paysages majestueux des Lords of the Rings. Il faut voir les Highlands embrumés, les montagnes, la neige, les rivières... filmés par une caméra tout aussi nerveuse que posée, nous transportant directement dans l'action. La texture de l'image est dure, «raw», très grise, sale. Quoique grandiose, le tout reste étonnamment humain, intime. Fassbender est excellent, et on apprécie la présence de Liam Cunningham (dont j'adore la voix), Dominic West et Ulrich Thomsen.


Metropolis

FanTasia avait promis une finale des plus éclatantes, le festival a répondu à toutes les attentes. La représentation exceptionnelle de la version du film mythique de 1927, qui s'approche le plus de l'original (elle propose 145 minutes des 210 qui existaient à l'époque), a été un franc succès. Projeté à l'intérieur de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, presque à guichet fermé, le film de Fritz Lang s'est avéré être une œuvre intemporelle, abordant par la science-fiction les questions sociales universelles dont les inégalités, toujours en mettant en contraste certains thèmes de la société : le plaisir et le travail, le pouvoir et l’obéissance, etc. Les chiffres reliés à ce film sont ahurissants : un budget de 7 millions de Marks, 620 kilomètres de pellicule, 250 enfants et plus de 35 000 figurants.

Mais revenons à la représentation qui nous intéresse. J'avoue que cette soirée restera longtemps gravée dans ma mémoire de cinéphile. Les images projetées (si on met de côté bien entendu les 25 minutes d'ajout, des scènes qui valent leur pesant d'or mais très abimées) étaient d'une parfaite clarté. Pour l'occasion, le compositeur Gabriel Thibaudeau proposait une toute nouvelle trame musicale, jouée en direct par un orchestre de 13 musiciens. Si certains thèmes m'ont moins accroché que d'autres, je dois dire que ce fut grandiose comme expérience. L'oreille s'émerveillait de cette musique et l'oeil contemplait un classique de plus de 83 ans.

Un grand moment de cinéma.

lundi 26 juillet 2010

FanTasia, part 7

24 juillet 2010

King of Thorn

Adaptation d'un manga populaire, King of Thorn est un mélange de plusieurs histoires fantastiques (pensez à La belle au bois dormant, Alice au pays des merveilles et à la mythologie grecque) et d'un récit d'une complexité étonnante. Dans un avenir rapproché, un virus au nom de code Medousa pétrifie ses victimes en moins de 12 heures. La maladie est incurable. Une organisation choisit 160 individus infectés pour les placer dans un état cryogénique jusqu'à ce qu'on découvre un remède, dans un château en Écosse. Le système est géré par A.L.I.C.E., un super ordinateur. Ils sont soudainement réveillés et trouvent un château délabré, complètement ravagé par des ronces gigantesques et habité par des animaux sortis tout droit de contes médiévaux, ou de jeux vidéos. Que quelques-uns d'entre eux survivent, dont un agent américain, un policier, un jeune garçon, une infirmière et une adolescente japonaise. Ensemble, ils essaient de découvrir ce qui s'est passé, depuis combien de temps ils sont restés dans leur état d'hibernation et si le monde extérieur existe encore...

Le réalisateur Kazuyoshi Katayama est un maître dans l'art de l'animation, et il réussit à bien maîtriser son sujet pour créer un film d'animation terrifiant, sanglant, toujours sous pression, avec une complexité narrative et psychologique parfois stupéfiante. Les détails sont sublimes, l'animation, comme on s'y attend, est fluide et d'une grande qualité. Le film nous donne le goût de nous taper les six volumes du manga tout de suite après le générique. Personnellement, ce sera un ajout à ma bibliothèque d'ici très peu de temps.


25 juillet 2010

Vampires

Quelle magnifique petite surprise qu'a été ce film belge! La Belgique est reconnue pour ses faux documentaires (le plus célèbre étant C'est arrivé près de chez vous), et ce film y fait honneur. Après trois tentatives, une équipe de tournage réussit à s'introduire en sécurité chez une famille de vampires de Bruxelles. On y rencontre le père (excellent Carlo Ferrante), la mère, le fils et la fille (qui fait une crise d'adolescence et s'habille en rose au lieu du noir si approprié), des voisins du dessous (un couple moderne d'une centaine d'années), etc. On apprend leur mode de fonctionnement, les règles, on visite le frigo avec une prostituée qu'ils gardent au chaud, les soirées mondaines... Puis un soir, gaffe: le jeune fricote avec la femme du chef. Il plaide sa cause auprès du Père, à Londres, pour empêcher son exécution. Sa famille et lui sont alors exilés au Québec, où les choses et la culture sont un tantinet différentes.

Le réalisateur Vincent Lannoo réussit ici un petit film génial dans lequel il s'amuse avec le monde des vampires, et qui, du même coup, et ce, sans prétention, fait une chronique sur la famille, le (mauvais) traitement des gens de différentes nationalités (les sans-papiers, les Noirs...) les choix de vie, le respect des générations, la liberté et tout ce qui fait qu'un humain vivant est... vivant. C'est absolument drôle, c'est corrosif, cynique, et l'autodérision est à son paroxysme (ou presque). À noter, la caméra aime Montréal et sa neige, le métro Mont-Royal et Cruella, et la présence de Paul Ahmarani en chef vampire de la région de Montréal, est un peu trop optimiste et enjoué, mais est incroyablement parfait dans ce rôle.

samedi 24 juillet 2010

FanTasia, part 6

23 juillet

Bodyguards and Assassins

Les prémisses de la révolution chinoise du 20e siècle sont au coeur de ce drame historique d'envergure. On y rencontre plusieurs personnages qui auraient vécu et seraient morts lors du fameux jour d'octobre 1906, alors qu'on protégeât le retour au pays de Sun Yat-Sen, l'homme à la tête de ce qu'on pourrait considérer comme l'ultime soulèvement chinois contre la dernière dynastie en place, Qing. Alors que le pays se révèle au monde et que le monde se révèle à la Chine, les idéaux de l'Ouest (essentiellement la démocratie) se fraient un chemin dans la tête de plusieurs intellectuels et étudiants. Dans ce tumulte, nous rencontrons le professeur Chen Xiao-Bai, l'homme d'affaires et propriétaire de journaux Li Yu-Tang, son seul fils Chung-Guang qui tente de s'impliquer à tout prix, le policier et joueur compulsif Sum Chung-yang qui a vu son ancienne flamme le quitter, et plusieurs petites gens des quartiers pauvres de Hong Kong. La protection de l'arrivée de Sun est terriblement capitale, puisque par celle-ci, l'homme organisera les différents soulèvements dans tout le pays, qui se fera, malheureusement, dans le sang.

Bodyguards and Assassins est un drame historique qui se compare à plusieurs autres films du genre sortis depuis plusieurs années. Là où il se distingue, c'est dans son lot incroyable d'acteurs reconnus et de talent, dont Wang Xueqi (Warriors of Heaven and Earth), Donnie Yen (Ip Man), Nicholas Tse (Storm Warriors, Invisible Target), Tony Leung Ka Fai (The Founding of A Republic et le prochain Bruce Lee), Fan Bingbing (Battle of Wits), etc. De plus, la reconstitution de Hong Kong est saisissante (on aimerait beaucoup visiter la ville à ce moment de l'histoire!). Alors que la première partie met en place une fresque politique et familiale, la seconde est une course contre la montre pour apporter la protection nécessaire à Sun Yat-Sen contre les assassins de l'empire. Certains combats (dont ceux, vous vous en doutez, mettant en vedette Donnie Yen), sont spectaculaires. La balance entre film politique, historique et film d'arts martiaux se maintient toujours bien, grâce au réalisateur Teddy Chen. Émotions, action, politique, révolution, un film à voir.


Black Death

Nous sommes dans une Angleterre médiévale, ravagée par la peste noire. La plupart des gens croient en une punition divine. D'autres, en un acte de sorcellerie monstrueux. La chasse aux sorcières bat son plein. On entend dire qu'un village perdu n'a pas encore vu l'ombre de la maladie et l'on soupçonne les villageois. Une troupe d'hommes, d'anciens guerriers ou bourreaux, sont mandatés pour aller enquêter et ramener les hérétiques. Le chef de la troupe (Sean Bean) s'arrête en chemin dans un monastère pour demander un guide des environs. Le jeune moine Osmund, amoureux d'une jeune femme, demande l'aide de Dieu et y voit un signe divin dans cette demande, puisque sa bien-aimée s'est réfugiée dans la contrée où les hommes de guerre se dirigent. Le village atteint, non sans peine, ils y découvriront une petite bourgade simple, dirigée par une femme, qui renie la présence de Dieu. Est-elle une véritable sorcière?

Très loin du film fantastique / horreur auquel je m'attendais, Black Death est en fait à mi-chemin entre Au nom de la rose et un film d'action médiéval. Tout le drame se joue en fait dans la croyance et la foi des protagonistes, comment elle peut parfois aveugler, jusqu'à ne plus voir la réalité, et nous amène vers les chemins sinueux de la souffrance et du nettoyage de cerveau. On y parle de moralité, de meurtres, de torture, de croyances, mais toujours avec un brin de réalisme tout aussi pertinent que bien dosé. Même si le personnage, physiquement, ressemble à Boromir, son interprète Sean Bean nous le fait oublier, par le côté noir et dévoué. Carice van Houten (The Black Book) est parfaite en Langiva, cette femme qui mystifie tout autant les guerriers que les spectateurs. Eddie Redmayne joue correctement le jeune moine, et persuade davantage quand on voit ce qu'il devient, après ce terrible événement. Le film est convaincant, et dépeint un moment de l'histoire avec autant d'imagination que de vérité, si cela est possible. Le mal se cache souvent dans les coins les plus vertueux de l'âme...

vendredi 23 juillet 2010

FanTasia, part 5

22 juillet

[Rec]2

Le premier film avait fait véritable sensation au Festival en 2008. Deux ans plus tard, voici la suite, qui débute exactement là où le premier se termine. Une unité spéciale est mandatée d'entrer dans l’immeuble en quarantaine pour trouver une fiole de sang qui pourrait mener vers un antidote. Les quatre soldats et le docteur qui les accompagne ne s'attendent pas à tout ce qu'ils vont découvrir.

Je ne peux en révéler davantage, puisque je livrerais plusieurs secrets du film. Disons simplement que celui-ci, sans être aussi bon que son prédécesseur, va un peu plus loin au niveau des techniques cinéma, en utilisant plusieurs caméras (accrochées aux casques de militaires, ou par une caméra que trois adolescents trop curieux amènent avec eux à l'intérieur du bâtiment), rendant l'expérience cinématographique parfois près du first person shooter. On s'attache beaucoup moins aux personnages de Rec2, alors qu'ils sont dans l'urgence, toujours : tout est alors précipité. Le film offre par contre d'excellents moments gores, d'une fusée d'artifice en pleine gueule jusqu'à l'explosion d'une tête en vision de nuit. Et il est plutôt plaisant de retrouver la si jolie Ángela Vidal (Manuela Velasco, qui avait conquis le public international) dans un registre qui en étonnera plusieurs.



Doghouse

Pour «célébrer» le divorce d'un des leurs, six amis (plus un à la traîne) se rendent en minibus dans un trou perdu de l'Angleterre, appelé Moosley. Le plan : se saouler jusqu'à ce que mort s'ensuive. Rendus sur place, ils font la macabre découverte que toutes les femmes sont devenues de redoutables cannibales féministes enragées, et ce, à cause d'une expérimentation scientifique militaire (plus ou moins expliquée).

Réalisé par Jake West (issu du monde du jeux vidéo), d'après un scénario de Dan Schaffer (son premier film), voilà un des films de FanTasia qui a positivement ravi son public. Humoir noir et anglais, gore, critique sociale et masculiniste (trop facile) sont les ingrédients premiers de Doghouse. Les effets sont des plus répugnants et totalement amusants. Pensez à Shawn of the dead en plus glauque et encore plus adolescent. Heureusement, le film ne se prend pas du tout au sérieux, ce qui sauve passablement le film.



Woochi

Au début des temps, des dieux maintenaient des gobelins dans une grottes, à l'abri. Tous les 3000 jours, ils ouvraient la porte. Mais un mauvais calcul fait ouvrir la porte une journée trop tôt et libèrent les gobelins indéfiniment. La flûte pour les retenir disparaît. Les 3 dieux responsables, ainsi que les gobelins, se cachent sur terre sous forme humaine, et en oublient presque leur forme initiale. On demande l'aide d'un mage puissant, Hwadam. La flûte se retrouve entre les mains d'un autre mage, et l'instrument est scindé en deux. Ce mage est retrouvé après quelque temps, mort, dans sa hutte, et l'on soupçonne son jeune et arrogant apprenti, Woochi. Pour le punir, les dieux le placent dans une image, mais il réussit à prendre une partie de la flûte avant d'être encadré. Cinq cents ans plus tard, à notre époque, les dieux sont à nouveau confrontés aux gobelins, et demandent l'aide de Woochi, ainsi que son ami, un chien qui se transforme en humain, pour capturer les méchantes créatures. Mais l'adaptation ne se fait pas sans heurt, et Woochi retrouve l'image parfaite d'une veuve dont il était devenu amoureux.

Difficile de bien résumer l'histoire de Woochi, tant le récit prend plusieurs embranchements. Woochi reste pourtant l'un de mes coups de coeur de 2010. Les effets sont spectaculaires (j'irais à dire, sans pourtant l'avoir vu, mieux que The Sorcerer's Apprentice). C'est absolument amusant, les personnages sont très bien développés et chacun a un côté qui plaît. Choi Dong-hoon propose ainsi un divertissement absolument solide et sans réel temps mort (quoi que la bataille finale, même si elle est hyper satisfaisante, s'allonge un peu).

FanTasia, part 4

21 juillet

Blades of Blood

Adapté d'une bande dessinée coréenne (ce qu'on appelle manhwa, le cousin du manga), Blades of Blood a fait «redécouvrir» un style qui avait presque disparu en Corée, soit celui du film historique, qu'ils appellent sageuk. L'action se situe au 16e siècle. Le Japon s'apprête à envahir la Corée. Le gouvernement est totalement divisé, instable, voir corrompu. Lee Mong-hak, de descendance royale, fine lame, dissout les alliances est-ouest pour former sa rébellion et créer sa propre alliance ; il part défendre la patrie et par le fait-même prendre le trône. Sur son chemin, il ne laisse que des morts, dont le père du jeune Gyeong-ja, qui jure vengeance. Un aveugle, qui semble empâté, mais qui cache beaucoup de choses derrière son sourire béat, décide de l'aider dans sa quête, étant contre les idéaux de Mong-hak. Une quatrième âme se joint à l'épopée, soit celle de la courtisane Baek-ji, amoureuse de Mong-hak mais abandonnée par celui-ci.

Le film rappelle l'esthétique des films d'époque chinois, à la Yimou Zhang, en moins poétique, et le fameux héros japonais Zatoichi, avec un côté clownesque. L'humour coréen est de mise et amuse, mais avec un tel titre, nous aurions préféré de plus imposantes batailles à l'épée. Certes le film offre quelques moments intenses, mais rien pour impressionner le spectateur aguerri de FanTasia. Le film n'a finalement de poétique que la petite séquence du générique, et son réel titre : Like the Moon Escaping from the Clouds.



Overheard

Suspense policier, Overheard raconte l'histoire de trois collègues affectés à la surveillance d'une firme qui semble malhonnête. Alors que l'un d'eux, à court d'argent à cause de son garçon malade et de sa propre maladie, entend une information exclusive sur les marchés boursiers pour le lendemain. Il convainc son collègue d'effacer l'enregistrement et d'en profiter. Ils entraînent leur troisième ami dans leurs mensonges, et la violente spirale se met en marche et fait beaucoup trop de victimes.

Très bon film hongkongnais, Overheard propose des personnages humains, bardés de bonnes intentions, mais qui, en profitant du système pour faire le bien, se voient confrontés à une fatalité meurtrière. Le film commence avec une séquence fort intéressante et passionnante, pour ensuite faire patienter son public avec les trames secondaires pour enclencher à la seconde vitesse en deuxième moitié et devenir un long métrage tout aussi intense que tendu. Le trio de comédiens est sans faille, et nous touchent à un moment ou un autre.